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comprendre qu'il conservait toujours réunies en lui les propriétés de la nature divine et de la nature humaine; il voulait que, sans identifier le Verbe et la chair, nous reconnussions que le Verbe et la chair ne forment qu'une seule personne, celle du fils de Dieu. C'est une vérité de notre foi qu'Eutychès paraît ignorer complètement, puisqu'il ne veut reconnaître notre nature dans le fils de Dieu, ni dans rabaissement de la mortalité, ni dans la gloire Je la résurrection. Ne redoute-t-il donc pas la sentence de l'apôtre évangéliste saint Jean, qui nous dit : Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans la chair est de Dieu; et tout esprit qui divise Jésus-Christ n'est point de DieUy et celui-là est V Antéchrist'^1 Qu'est-ce en effet que diviser Jésus-Christ, si ce n'est séparer de lui la nature humaine, et anéantir, par des fictions impudentes, un mystère qui seul nous a sauvés? Mais celui qui est ainsi aveuglé sur la nature du corps de Jésus- Christ, doit nécessairement déraisonner, en proie au même aveuglement, dans ce qui regarde sa passion. Car s'il admet que Notre-Seigneur a été vraiment crucifié, et qu'il a accepté un supplice véritable pour le salut du monde, il faut, pour croire à sa mort, qu'il reconnaisse la réalité de sa chair; s'il confesse qu'il fut soumis à la souffrance, il ne peut douter qu'il ait eu un corps semblable aux nôtres; et s'il nie la réalité de la chair, il faut qu'il nie aussi la souffrance corporelle. Si donc il accepte la foi chrétienne et veut bien prêter l'oreille aux enseignements de l'Evangile, il reconnaîtra quelle
ï. l Epis t. Joaii.. IV j 2-3.
est la nature qui a été percée de clous et attachée a la croix... L'Église catholique vit et se perpétue par cette croyance, que dans le Christ Jésus l'humanité n'est pas sans véritable divinité, ni la divinité sans véritable humanité.
« Lorsque Eutychès, répondant à vos questions, vous a dit : « Je confesse que Notre-Seigneur a eu deux natures avant l'union ; mais, après l'union, je ne confesse qu'une nature », je m'étonne qu'une affirmation aussi absurde et aussi perverse n'ait pas soulevé l'indignation des juges, et qu'ils aient laissé passer cette parole insensée et blasphématoire, comme si elle ne contenait rien de choquant : car il est aussi impie de dire que le fils de Dieu a eu deux natures avant l'Incarnation, que de soutenir qu'il n'en a plus qu'une depuis que le Verbe s'est fait chair.
(( ^Liis s'il montre un repentir sincère et profitable, en reconnaissant, même tardivement, combien l'autorité épiscopale avait raison d'intervenir, ou s'il donne pleine satisfaction en condamnant de vive voix et par écrit ses propres erreurs, je ne saurais trop vous recommander l'indulgence envers lui : car Notre-Seigneur, qui est le vrai et bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis^, et qui est venu pour sauver les âmes des hommes et non pour les perdre-, veut que nous sovons charitables à son exemple. Il faut que la justice réprime le mal, mais il ne faut pas refuser la miséricorde au repentir. Puis la vraie foi n'est jamais défendue plus