I. Joan.. X. II
LETTRE A FI.AVlEN. 69
utilemenl que lorsque l'erreur est condamnée par ses propres partisans'. »
Celte lettre, si importante pour l'histoire du dogme, contribue aussi à nous faire connaître saint Léon mieux que ne saurait le faire aucune dissertation sur son style et sur son esprit. Outre le grand rùle qu'elle joua dans les événements religieux du siècle où elle fut écrite, plusieurs témoignages nous font voir qu'elle fut toujours l'objet d'une singulière vénération chez les peuples chrétiens. A Rome, et dans diverses parties de l'Italie et des Gaules, on la lisait jadis publiquement dans les églises pendant le temps de l'avent -. Les papes saint Gélase et saint Grégoire déclarèrent anathème quiconque oserait la contredire ou l'altérer. Enfin des légendes se formèrent autour d'elle, ce qui semble prouver qu'elle fut véritablement populaire. L'une de ces légendes, qui se lit dans le Pré spirituely ouvrage attribué à Jean Mosclius^ ou h Sophronius, nous raconte que saint Léon, après avoir écrit cette lettre fameuse, la déposa sur le tombeau de saint Pierre en le priant d'y faire lui-même les corrections nécessaires ; après quelques jours écoulés, il vit apparaître le prince des apôtres, qui lui répondit qu'il avait exaucé sa prière ; et Léon trouva en effet son écrit à l'endroit même où il l'avait laissé, miraculeusement corrigé par la main de son glorieux prédécesseur*.