‹ St Léon le GrandChapitre 43 sur 123 · In qiio concilio Diosconis alexandrinus episcopiis pri · texte numérisé non relu

In qiio concilio Diosconis alexandrinus episcopiis pri

FAUX CONCILE D'EPIIESE. 71

texte peut-être qu'il occupait le siège le plus élevé, puisque l'évoque de Rome était absent et que l'on affectait de considérer celui de Constanlinoplc comme partie et non comme juge, mais en réalité parce que l'empereur, poussé par Chrysaphius et par Dioscore lui-même, avait décidé qu'il en serait ainsi.

L'empereur en efl'et disposa toutes choses d'une façon absolument arbitraire, enlevant à l'avance toute liberté et toute sincérité aux décisions de l'assemblée. Il fit interdire l'entrée à Eusèbe de Dorylée, malgré l'instance de Flavien. Quant à Flavien lui-même, et h tous ceux qui avaient assisté au jugement d'Eutychès, ils furent admis dans l'enceinte, mais il leur fut interdit de parler. Ce trait de despotisme intéressé était contraire, non seulement à la raison, mais à toutes les règles des jugements ecclésiastiques et aux exemples des temps passés K Bien plus, ceux qui avaient pris part à la condamnation furent même regardés comme accusés, et Elpidius, le premier des commissaires impériaux, déclara cvniquement que l'empereur le voulait ainsi. La volonté de l'empereur était une raison très commode, et il est probable qu'on la dénatura plus d'une fois en l'interprétant selon les besoins de la cause.

maliim sibi vindicans^ absoluto Eutyche, in Flavianum episcopum conslantiriopolilanum sententiam tiilit, reclamante Hilaro diacono ecclesiae romanae, qui vice Leonis papae, cura Julio episcopoputeolano a sede aposlolica fueratdestinatus. » (Prosper,ann. 449.)

I. Voy. dans Tillemont, Saint Léon, ch. lxii, plusieurs exemples d'évêqucs ayant pris part à une condamnation et servant ensuite de juges dans la même affaire.

Il y eut de la sorte quarante-deux évêques condamnés au silence. Parmi les autres, plus d'un sans doute était attaché à la vérité; mais tous n'eurent peutêtre pas le courage de la défendre comme il aurait fallu, en présence de cette majorité tyrannique d'énergumènes, soutenue par des troupes de moines audacieux et violents, et par de nombreux soldats auxquels les députés de Théodose pouvaient à tout instant donner l'ordre de conduire en prison les perturbateurs, c'est-a-dire ceux qui oseraient montrer quelque indépendance et quelque sincérité.

Enfin Dioscore chassa de l'assemblée presque tous les notaires ^, et ne voulut garder que les siens et un petit nombre d'autres dont il s'était probablement assuré. Il en résulte que les actes de ce faux concile méritent peu de créance. Pourtant ce qu'ils contiennent, joint aux témoignages des contemporains, suffit à la condamnation de cette assemblée et de celui qui la dirigeait.

Les actes de la première session, celle qui se termina par la déposition de saint Flavien, ne nous ont été conservés que parce qu'ils furent lus au

I. La profession de notaire e'tait très ancienne. A Rome, il y avait des écoles pour les former. Ils e'crivaient sous la dictée des auteurs, ou recueillaient les discours prononce's, au moyen de signes ti'ès rapides [notae). Grâce à cette sorte de sténographie, les notaires chrétiens purent re'diger sur place, de la manière la plus complète, les actes des martyrs. Les notaires eccle'siastiques e'taient charges d'e'crire les actes des concilesetconservaient en entier les discussionsquis'y élevaient et les discours qui y élaient prononces; ordinairement chaque ëvêque en amenait un ou plusieurs avec lui. On comprend donc le grand intérêt qu'avait Dioscore à n'admettre que des notaires gagnés à sa cause. Voy. l'art. Notarii dans le Dictionnaire ries antiquités chrétiennes de labbé Martigny.

concile de Chalcédoine, et par conséquent insérés dans les actes de ce dernier ^. Il y eut ensuite plusieurs autres séances, dont les résultats nous sont connus tant par des renseignements puisés à des sources diverses que par suite de la découverte relativement récente d'une version syriaque des actes du faux concile d'Ephèse. On doit à l'abbé Paulin Martin une étude très complète et fort intéressante de cet important et curieux document-. Celui-ci nous a été conservé dans un manuscrit du VI® siècle, qui vient d'un couvent voisin d'Apamée. Comme les moines de ce couvent appartenaient sans aucun doute à la secte monophysite, qui était alors fort en honneur dans la région, il n'est pas surprenant qu'ils aient eu un grand intérêt à posséder un exemplaire de ces actes, et que cet exemplaire soit rédigé dans un esprit tout à fait favorable à Dioscore et aux siens. Si nous ne trouvons, dans les actes syriaques, presque aucune trace de la première session, c'est peut-être parce qu'elle fut peu glorieuse pour ceux de ce parti.

L'auteur du Breç^iculus Jiistoriae eutjchianistoruin nous dit que trois cent soixante évêques étaient présents à ces assemblées; mais les actes mêmes nous donnent le nombre beaucoup moindre de cent trente-cinq 3.

I. Voy. Labbe et Cossart, t. IX, col. ii5 et suiv. — Mansi, t. VI, col. 5o3 et 606.

1. Outre l'article pre'ce'demment cite', voy. Le pseudo-synode connu dans l'histoire sous le nom de brigandage d'Ephèse, étudié d'après les actes retrouvés en syriaque^ par M. l'abbe' Martin. Paris, 1875. — Voy. aussi Le brigandage d'Ephèse et le concile de Chalcédoine^ par le R. P. A. Largent, de l'Oratoire, dans la Revue des questions historiques de janv. 1880.

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