‹ St Léon le GrandChapitre 51 sur 123 · Tillemont, Saint Léon ^ ch. lxxviii · texte numérisé non relu

Tillemont, Saint Léon ^ ch. lxxviii

et l'injustice de ses décisions, avait rempli une partie du monde chrétien de troubles et de divisions. Les uns suivaient la cour et Dioscore, les autres défendaient Flavien, et entre les deux partis flottait la foule incertaine de ceux qui vovaient le bien mais n'osaient se déclarer hautement, de ceux qui avaient cédé à la force, et qui, par peur ou par fausse honte, n'avaient pas le courage de se rétracter.

C'est dans ces circonstances que Théodose entreprit de donner un successeur à Flavien. Poussé toujours par Dioscore, il parvint à faire élire, malgré les résistances, un personnage du nom d'Anatole, prêtre ou diacre d'Alexandrie, et le propre nonce de Dioscore à Constantinople. Ce fut Dioscore lui-même qui fit la consécration, assisté d'Eutychès.

Célébrée de la sorte, cette consécration n'était pas seulement contraire aux canons : c'était la digne suite de tous les scandales d'Ephèse. Cependant, là du moins, il s'agissait de remplacer un évêque défunt : c'est ce qu'Anatole lui-même ne manqua pas de faire remarquer discrètement, un peu plus tard, dans une lettre qu'il adressa au pape pour lui rendre compte des événements ^. Mais il n'en était pas de même des autres sièges, où Dioscore ne craignit pas de donner des successeurs à des évêques encore vivants. C'est ainsi qu'Ibas fut remplacé à Edesse par un certain Nonnus, et que Savinien de Perrha fut obligé de céder la place à Athanase, et de s'éloigner malgré les larmes de tout son peuple. Savinien pensa un instant à implorer Dioscore ; nous avons encore la noble

I. Une partie de cette lettre nous a e'te' conserve'e. Elle est i mprimée parmi les lettres de saint Léon sous le n*^ LUI.

exhortation que Théodoret lui envoya à cette occasion ^

Nous verrons toutefois que, par une mesure exceptionnelle, le concile de Chalcédoine consentit à maintenir sur le siège d'Antioche le nouvel évêque Maxime, qu'Anatole avait ordonné pour le mettre à la place de Domnus.

Pour remédier à tous ces désordres, à ceux du moins qu'il avait pu connaître par Hilaire, le pape assembla à Rome, en octobre 449? ^^ concile des évêques d'Occident, où il commença par annuler tout ce qui s'était fait à Ephèse. Puis il écrivit plusieurs lettres, au nom du concile en même temps qu'au sien, datées du i3 et du i5 octobre, et adressées à Théodose, à Pulchérie, à Anastase de Thessalonique, à Julien de Cos, aux archimandrites et à toute l'église de Constantinople, et même à Flavien dont il ignorait la mort 2. Dans toutes il flétrit le conciliabule d'Ephèse, consolant ceux qui ont souffert et exhortant le clergé et les fidèles à demeurer fermes dans la foi. A Théodose et à Pulchérie, il demande leur concours pour la réunion d'un nouveau concile général en Italie ; et en attendant, il insiste auprès de l'empereur pour qu'il fasse remettre toutes choses en leur premier état, en attendant le jugement d'une assemblée plus digne et plus compétente que celle qui obéissait à Dioscore.

Peu de temps après, probablement au commencement de l'an 45o, l'empereur d'Occident Valentinien, sa mère Placidie et sa jeune femme Eudoxie quittè-

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