‹ St Léon le GrandChapitre 52 sur 123 · Epist. XLIII, XLIV, XLV, XLVII, XLVIII, XLIX · texte numérisé non relu

Epist. XLIII, XLIV, XLV, XLVII, XLVIII, XLIX

Li. Lil,

rent leur résidence de Ravenne et vinrent à Rome, dans l'intention de visiter les églises, et peut-être aussi de s'entretenir avec Léon sur les graves événements récents. Le 22 février, jour de la fête de la chaire de saint Pierre S ils entrèrent dans l'église dédiée à cet apôtre. Le pape se trouvait là, environné d'un grand nombre d'évêques, de ceux sans doute qu'il avait réunis à Rome pour le concile, et qui s'étaient assemblés en ce lieu pour y célébrer la fête du jour et pour y recevoir la visite des souverains.

Lorsque saint Léon les vit entrer, il quitta l'autel où il était en prière, et il vint à eux : l'émotion qu'il avait longtemps contenue déborda enfin, et il ne put retenir ses larmes ; larmes touchantes, versées par un pasteur d'ordinaire si calme, si maître de lui, mais vaincu un instant par la douleur à la pensée des maux excessifs de l'Eglise.

Sans doute il prévoyait l'orgueilleuse et fatale obstination de quelques-uns, de ceux qui préfèrent les inspirations de leur raison révoltée aux enseignements de Celui qui leur a donné cette raison et qui a chargé l'Église de les instruire; il prévoyait le jour où il serait obligé d'avoir recours, comme instrument de la justice divine, à des châtiments spirituels bien autrement terribles que ceux dont dispose la pauvre justice humaine; et il pleurait, comme Jésus à la veille de sa passion, sur l'inutilité de ses efforts, sur l'inutilité de la grâce divine pour tant d'âmes qui la repoussent, sur la perte de ceux qui ne veulent pas se sauver.

I. Voy. l'édit. des Ballerini, t. I, p. 957. Hefele, Hist, des conciles^ \. X, c. iv^ g 181.

Il rappela éloquemment aux souverains tout ce qui venait de se passer, et il sut si bien pénétrer leurs cœurs qu'ils s'unirent h lui dans un ardent désir de ramener l'union, la paix et la charité dans le troupeau du Christ, si cruellement divisé. 11 implora l'intervention de leur autorité auprès de Théodose ^, sachant fort bien que la complicité de celui-ci était pour beaucoup dans les malheurs présents; et il obtint sans peine que tous trois écrivissent sans tarder à l'empereur d'Orient, pour le presser de renvoyer le jugement de Flavien au concile et au siège apostolique, et de concourir à la convocation de ce concile en Italie ^. Placidie écrivit non seulement à Théodose, mais à Piilchérie 3, et ses deux lettres sont intéressantes parce qu'elles contiennent le récit bref mais ému de l'entrevue avec saint Léon.

Théodose leur fit la réponse qu'on pouvait prévoir, prétendant qu'il n'avait eu d'autre intention que de sauvegarder la foi de ses pères; qu'il avait pour cela convoqué un concile où tout s'était passé régulièrement, et qu'il n'y avait pas lieu de revenir sur ses décisions ^.

Ce prince faible et têtu continuait donc à protéger les révoltés, dont l'audace passait toutes les bornes et s'égarait dans les plus ridicules excès. De retour à Alexandrie, Dioscore s'était empressé d'assembler un synode des évéques so.umis à sa juridiction, et il

1. On sait que Placidie était la tante de The'odose II, et qu'Eudoxie était sa fille.

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