‹ St Léon le GrandChapitre 59 sur 123 · Epist. XCIII · texte numérisé non relu

Epist. XCIII

qui furent déposés par le conciliabule d'Ephèse, il permet de conserver l'honneur de l'épiscopat, pourvu qu'ils renoncent sincèrement à leurs erreurs ; mais il exige, dans tous les cas, le rétablissement de tous ceux qui ont été chassés injustement. Il ne veut, sous aucun prétexte, que Dioscore soit admis au concile, si ce n'est comme accusé. Il recommande enfin de résister à ceux qui, se fondant sur l'importance de leurs villes épiscopales, entreprendraient d'usurper de nouveaux droits ^

La condamnation des eutychiens, qui allait se confirmer une fois de plus, n'était en aucune façon la justification de leurs adversaires les nestoriens ; saint Léon lui-même prend la peine de le faire remarquer fort a propos dans une lettre écrite en ce temps-là^. Mais il paraît que les partisans de Nestorius ne l'entendaient pas ainsi, et ceux qui se trouvaient à Constantinople crurent le moment venu de demander que l'on rapportât dans cette ville les restes de l'hérésiarque. Les partisans d'Eutychès s'émurent à leur tour, ils affichèrent des placards pour répondre aux soidisant calomnies dont ils étaient l'objet, et le tumulte ne tarda pas à gagner le peuple, dont les passions avaient été surexcitées par la publication du décret de convocation du concile; si bien que l'empereur fut obligé de publier, le 1 1 juin, une ordonnance qui

1. Epist. LXXXIX. XC, XCIV, ad Marcianum; XCI, ad Anatolium episc. Constantinopolitanum; XCII, ad Julianuni Coensem episc. : XCIII, ad synodum; XCIV, ad Pulckeriam: et les actes du concile, passim.

2. « A cujus [fidei] integritate et Nestorius antea et nunc Eutyches diversis quidem callibus sed impietate non impari deviarunt... Prier itaque synodus Ephesina Ps'estoriuin cum dogmate suc merito justeque damnavit. « [Epist. XC, i.)

CONCILE DE CIIALCEDOINE. 103

réprimait sévèrement les émeutes. Comme on craignait aussi des désordres h Nicée, où s'étaient réunis un certain nombre de clercs et de moines des différents partis, Pulchérie écrivit de son côté à Stratégus, gouverneur de BIthynie, pour lui enjoindre de faire sortir de la ville tous les étrangers qui s'y trouvaient sans la permission de leurs évêques ^.

Cependant le i" septembre approchait, et les évêques étaient déjà réunis à Nicée; mais les légats désiraient beaucoup ne pas ouvrir les séances avant l'arrivée de l'empereur, dont la présence n'avait point d'importance en principe, mais pouvait avoir des avantages pratiques assez considérables. Or Marcien était retenu par les affaires publiques : on craignait une incursion des barbares en Illyrie, et il ne voulait pas quitter Constantinople, afin d'être toujours prêt à partir pour les pays menacés. Il pria donc d'abord qu'on voulût bien l'attendre, puisque sa présence paraissait utile^; puis, comme les nouvelles qu'il recevait d'IUyrie n'étaient pas meilleures, il proposa de transférer le concile à Chalcédoine, sur le Bosphore de Thrace, tout près de Constantinople, d'où il lui serait beaucoup plus facile de se rendre aux séances-^. Comme les évêques laissaient paraître quelque hésitation, par crainte du tumulte dans un endroit si voisin de la grande ville ^, l'empereur leur écrivit,pourles rassurer, une lettre datée d'Héraclée, du 22 seplembre\

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