‹ St Léon le GrandChapitre 67 sur 123 · T. L. XI · texte numérisé non relu

T. L. XI

2, Il-ne se trouve pas dans les actes mêmes, mais on peut le lire dans Mansi, t. VU. p. 455, ou dans Hardouin, t. II, p. 643.

3. « Nos enim ad fidem confirmandam, non ad potentiam aliquam exercendam, exemplo religiosi principis Constantini, synodo interesse volulmus. »

sures qui lui paraissaient utiles^ ; il accorda h la ville de Clialcédoine le titre de métropole honoraire ; et il se retira au milieu des acclamations, en priant les évêques, qui pensaient à rentrer chez eux, de demeurer quelques jours de plus, afin de terminer plusieurs affaires qui restaient encore à décider.

En effet, nous voyons qu'il y eut deux réunions dès le lendemain . Ce furent la septième et la huitième, dont l'une, sans doute, eut lieu le matin, et l'autre l'après-midi. Dans la première, on ne fit que confirmer un arrangement déjà conclu entre Maxime d'Antioche et Juvénal de Jérusalem'^. Dans la seconde, on exigea de Théodoret, l'illustre évèque de Cyr, qu'il prononçât clairement fanathème contre Nestorius avant de rentrer en possession de son siège. Il répondit qu'il avait signé comme les autres la lettre à Flavien et qu'il rejetait absolument les erreurs de Nestorius; mais il hésita quelque temps à s'associer plus nettement à la condamnation de celui qui avait été son ami. C'est une délicatesse qui lui fait honneur et qui est bien d'accord avec la noblesse de son caractère; mais dans ce temps où l'équivoque était si habilement exploitée par les hérétiques, il importait singulièrement de ne pas laisser subsister l'ombre d'un doute sur les sentiments des évêques catholiques. Théodoret le comprit : il se résigna à ce qu'on réclamait de lui, mais il ajouta quelques paroles d'une fierté toute simple et certainement très sincères, affirmant qu'il se souciait peu de re-

r. Elles donnèrent lieu aux 3*^, l^ et 20^ canons, 2. Cette convention laissait les provinces de Phe'nicie et d'Arabie sous la juridiction de Maxime, et soumettait les trois Palestines à Juve'nal.

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couvrer un sièg^e épiscopal ou de parvenir à un honneur quelconque, et qu'il n'était venu que pour répondre aux calomnies qui avaient été répandues contre lui, parce qu'il ne voulait passer aux yeux de personne pour un hérétique ^ Il fut approuvé par toute l'assemblée, qui confirma le jugement de saint J.éon en le rendant à son église.

D'ailleurs Théodoret ne fut pas le seul à qui l'on imposa cette condition : plusieurs autres évêques, dans ce même jour, s'y soumirent après lui sans difficulté.

Dans les neuvième et dixième séances, le 27 et le 28 octobre-, on régla la situation d'Ibas, évêque d'Kdesse, qui avait été déposé par le faux concile d'Ephèse, et de Connus qui lui avait succédé. Le concile chargea Maxime, patriarche d'Antioche, dont Edesse dépendait, d'arranger cette affaire : Ibas fut replacé sur son siège, et il fut décidé que Nonnus lui succéderait après sa mort, et conserverait, en attendant, la dignité épiscopale.

Les séances suivantes, de la onzième à la quatorzième inclusivement "^ furent de même employées presque tout entières à juger des dififé rends particuliers et des compétitions de juridiction : points fort

1. « OvTc roXctoç çpovTfî^to, OJt£ TtiJ-rj; ypr^^co, oiîie oià touto rapêfevoix/jV àXX' I7:£i07] lauxcfavxr^OrjV, r,X0ov TîXrjpocpop^aai on (îcOo^o^o; Itixt. »

2. Ces dates sont celles que donne le texte grec. Celles du texte latin, qui place la neuvième au 26 et la dixième au 27, nous paraissent beaucoup moins vraisemblables.

j. Les 29. 3o et 3i octobre 45i. Il y eut en réalité plus de quatre séances en ces trois jours (sans parler de la quinzième, qui se tint aussi le 3i). Voy. Hefele, Hist. des Conciles^ 1. XI, %% 186 et 199; et l'éd. des œuvres de saint Léon des Ballerini, t. I, col. 1Î89, et t. Il, col. 1227.

importants pour le maintien du bon ordre dans la hiérarchie présente et future de l'Eglise, mais sur lesquels il serait trop long de nous arrêter davantage.

C'est après le compte rendu de ces derniers débats . que les Actes ont inséré le texte des canons du concile de Chalcédoine. Mais nous ne savons rien de certain sur le jour où ils furent adoptés par l'assemblée*. Ce fut peut-être, au moins pour les vingt-sept premiers, à la fin de la quatorzième séance, en présence des officiers et des légats, et avant que ces derniers se fussent retirés pour protester contre le vingt-huitième qui se préparait. Il y a en effet d'anciens manuscrits qui portent la signature des légats après les vingt-sept premiers canons.

Ce qu'il y a de certain, c'est que, le 3i octobre, l'archidiacre Aétius ayant déclaré qu'il y avait lieu de traiter de certains privilèges à accorder à l'église de Constantinople, les légats répondirent qu'ils n'avaient reçu aucune mission pour cela, et se retirèrent. Le sénat se retira également, sous prétexte

I. Phisieurs auteurs anciens et modernes, dont les raisons ne sont pas sans valeur, pensent qu'ils furent re'digés aussitôt après la se'ance que présida Marcien, à la suite de ceux qu'avait propose's l'empereur (Évagre, Hist. eccL, II, i8; — Pe'lage II, Epist. V (olim VII), c. xyn- — Baluze, dans Mansi, t. YII, p. 658; — les Ballerini, Éd. de saint Le'on, t. II, col. 5o3). Certains manuscrits anciens les placent en effet dans la septième se'ance. D'autres auteurs les attribuent à la quinzième, ce qui obligerait à croire qu'ils furent tous adopte's en l'absence des le'gats (Liberatus, Breviarium^ c. xiii; — Van Espen, De convocatione et actis concilil chalccdonensis^ % i6; t. III ( lySS) de ses œuvres, p. 2i5. — Hefele, 1. XI, % 200). La date de composition des canons n'a d'ailleurs qu'un intérêt secondaire; on en trouvera le texte dans Mansi, t. VII, col. 358 et suiv. et dans la traduction d'Hefele par Dom Leclercq, l. XI, % 200, où ils sont traduits en français.

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que cette matière n'était pas de sa compétence, mais en réalité pour n'avoir pas l'air de prendre parti dans une affaire qui commençait déjà à diviser les esprits. Alors les Orientaux, demeurés seuls, rédigèrent le vingt-huitième canon dans une %}ance qui est comptée pour la quinzième; mais ils ne purent recueillir que cent quatre-vingt-quatre signatures, quoique les pères de Chalcédoine fussent au moins cinq cent \ingt, comme nous l'avons vu, ou peut-être même plus nombreux encore.

«... Les pères, dit ce canon, ont eu raison d'attribuer à l'ancienne Rome des privilèges qui répondaient h son importance politique. Et c'est par un même sentiment que les cent cinquante évêques [du concile de Constantinople] ont accordé à la nouvelle Rome [Constantinople] des privilèges égaux, jugeant avec raison qu'ayant aussi son empereur et son sénat, elle devait jouir des mêmes avantages, avoir la même importance dans l'ordre ecclésiastique, et garder en toutes choses le second rang après l'ancienne Rome. En sorte que les métropolitains des diocèses du Pont, de la Thrace et de l'Asie, ainsi que les évêques de ces diocèses qui sont chez les Barbares, devront être ordonnés par le siège de Constantinople. Mais les divers métropolitains de ces diocèses ont le droit, d'après les saints canons, d'ordonner les évêques de leurs juridictions respectives. Quant aux métropolitains eux-mêmes, ils seront ordonnés par l'archevêque de Constantinople sur le rapport qui lui sera fait des élections canoniques. »

Comme le dit l'abbé Rohrbacher^, « les rédacteurs

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