I. Jlist. universelle de V Église, t. VIII (i843), p
de ce canon parlent et raisonnent, non pas en pères de rÉglise, en docteurs chrétiens, mais en sophistes g^recs; au lieu de s'appuyer sur la parole de Jésus- Christ, ils arguent de considérations politiques pour séculariser en principe les églises d'Orient, et les asservir dans les siècles futurs au sultan de la Turquie et au sultan de la Russie » .
Ce vingt-huitième canon, évidemment préparé par l'ambitieux Anatole et soutenu par ses partisans, contient en effet les erreurs les plus grossières. Tout le monde sait que ce ne sont pas les pères qui ont accordé des privilèges au siège de Rome, mais qu'il les tient de Jésus-Christ lui-même, qui a donné à saint Pierre et à ses successeurs le gouvernement de l'Eglise universelle. Le concile de Xicée, qui fut le premier concile général, n'a aucunement prétendu octroyer à Rome le premier rang, mais il a trouvé la chose tout établie, comme l'histoire de l'Eijlise le montre assez clairement. C'est donc incontestablement au siège de saint Pierre, et non à la ville régnante, que les pères ont, non pas accordé, mais reconnu la primauté. Puis, en supposant même que les cent cinquante pères dont il est question aient accordé au siège de Constantinople le second rang d'honneur, il ne s'ensuit pas que ce siège eût le second rang de juridiction, et en particulier la juridiction sur le Pont, sur la Thrace et sur l'Asie Mineure.
^lais cette tendance à égaler Constantinople à Rome datait de loin déjà : elle avait pris naissance le jour où la nouvelle capitale de l'Empire avait commencé à jouer un rôle politique à peu près égal h celui de l'ancienne. Les efforts de ses évêques, même de ceux
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tloiit l'anibition n'avait rien d'illégitime, avaient l()ni{iemps concouru à ce résultat, et ils étaient favorisés par celle idée, généralement reçue chez les Grecs, que l'importance religieuse d'une ville devait dépendre de son importance politique. Il peut y avoir très souvent avantage à ce qu'il en soil ainsi dans la pratique, et nous voyons que les apôtres eux-mêmes ont choisi de préférence les grandes villes pour y établir les premiers sièges; mais il n'y a là aucun principe h invoquer. « 11 ne faut pas, dit saint Léon *, confondre les choses divines avec les choses profanes; et aucun établissement ne sera durable s'il n'est construit sur la pierre que Noire-Seigneur a posée comme fondement. »
Rome n'avait jamais reconnu le troisième canon du second concile œcuménique -, auquel il vient d'être fait allusion, et qui accorde une prééminence d'honneur au siège de la nouvelle Rome, après celui de l'ancienne; et c'est sans doute en ce sens qu'il faut expliquer les paroles de saint Léon, lorsqu'il dit que ce canon était demeuré sans effet 3. Mais, en Orient, la primauté effective de Constantinople avait passé en pratique depuis longtemps déjà. La présence de l'Empereur y attirait un grand nombre d'évèques, des provinces les plus diverses, qui venaient lui adresser leurs demandes ; et le souverain les renvoyait le plus souvent à celui de la résidence impériale, ou à son synode, composé des évêques, toujours nom-