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3. EpUt. CV, a; CVI, 5. « Je ne sais pas, dit Tilleniont. comment on peut expliquer ce que dit saint Le'on, que ce canon était demeure' sans exécution et sans effet. « {Saint Léon, CXXVI.)
breux, qui se trouvaient clans la ville, et qui y lormaient une sorte de concile perpétuel ^, présidé par le patriarche. Celui-ci était même invité à aller présider des conciles en dehors de sa juridiction, et là on le priait souvent d'ordonner les évêques nouvellement élus.
Toutes ces circonstances, et d'autres encore, devaient pousser un personnage aussi ambitieux qu'Anatole à profiter de l'occasion qui se présentait, et à mettre en œuvre tout son crédit et toute son influence pour faire consacrer un pouvoir qui, bien que très réel en fait, ne reposait, il le sentait bien, sur aucun droit bien établi. [Nous avons vu comment il s'y prit.
Les légats voulurent protester, comme ils le devaient, contre l'adoption du vingt-huitième canon, et ils demandèrent pour cela une nouvelle séance. Ce fut la seizième et la dernière, qui se tint le jeudi i®"" novembre, en présence des officiers représentés par trois dignitaires.
Paschasin se plaignit de ce qui avait été fait la veille, et demanda qu'on en fit lire le compte rendu. A quoi l'archidiacre Aétius répondit que c'était la coutume des conciles, après avoir terminé les matières les plus importantes, comme celles qui regardent la foi, d'en régler aussi d'autres moins importantes, bien que nécessaires aussi; que tout le monde avait été d'accord pour les premières, mais que, le moment étant venu d'examiner certains points qui intéressaient l'église de Constantinople, les évêques venus
I. S'jvoûoç lvôrj,u!.oijaa, c'est-à-dire tôjv Itz'.t/.ôt.iù'/ IvorjjjLouvTcov. Tel e'tait le concile qui condamna une première fois Eutychès, sous la pre'sidence de Flavien. — Voy. Hefele^ I. XI, § 200.
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de Rome avaient refusé de prendre part à la discussion et s'étaient retirés, en donnant comme raison qu'ils n'avaient point d'ordre pour cela. Il avait donc fallu traiter cette affaire en leur absence, mais rien n'avait été fait en cachette, et tout s'était passé régulièrement.
On lut alors le texte du vingt-huitième canon, ainsi que les noms des évèques qui l'avaient signé la veille.
Le légat Lucentius exprima aussitôt l'avis que ces évèques avaient sans doute été surpris, et obligés de signer avant qu'aucune formule eût été rédigée.
« Personne n'a été contraint! » protestèrent les signataires. (Ils avaient du moins subi, et ils subissaient encore une très puissante influence.)
« De plus, poursuivit Lucentius, on laisse de côté les canons des trois cent dix-huit pères [de Nicée], pour ne tenir compte que de ceux des cent cinquante pères [de Constantinople] qui ne sont pas parmi les canons des conciles. Or ces derniers datent de quatre-vingts ans à peu près. Si donc les évèques de Constantinople ont joui de cet avantage pendant un si long temps, que demandent-ils à présent? S'ils n'en ont jamais joui, pourquoi le demandent-ils^? »
La question reste sans réponse, et l'archidiacre Aétius prie les légats de montrer l'ordre qu'ils ont reçu du pape. Cet ordre est lu par le prêtre Boniface; il est aussi clair qu'il est possible :
I. Nous suivons en cet endroit la traduction latine des Actes, quoiqu'elle dillere du grec par quelques de'tails, parce (|u'elle paraît avoir pour origine un texte meilleur que le texte grec qui nous a ete' conservé. — Yoy. Mansi, t. VII, col. 442, note marginale: — Ilefele, 1. XI, § 201.
« Ne souffrez pas que Ton enfreigne en quoi que ce soit l'ordonnance des saints pères [de Nicée]. Gardez en toute occasion la dignité de notre personne que vous représentez. Et si quelques-uns, se confiant dans la splendeur de leurs villes, voulaient usurper quelque chose, résistez-leur avec toute la fermeté nécessaire. »
Saint Léon connaissait Anatole.
Les officiers demandèrent alors que chacun proposât les canons sur lesquels il prétendait s'appuyer; et Paschasin lut le sixième canon de Nicée sur un exemplaire où il commençait par ces mots : « L'église de Rome a toujours eu la primauté K » La suite de ce canon, ainsi que le septième qui est lu après lui, confirment les privilèges de Rome, d'Alexandrie et d'Anlioche, et les droits des métropolitains; ils reconnaissent à l'évêque de Jérusalem une prééminence d'honneur, mais sans aucune juridiction.
A son tour, le secrétaire Constantin donna lecture des trois premiers canons du concile de Constantinople : ceux-ci règlent de nouveau la question delà hiérarchie et des juridictions, mais en affirmant à plusieurs reprises qu'ils ne font que suivre les décrets des pères de Nicée; et ils ajoutent : « Cependant l-'évêque de Constantinople aura une primauté d'honneur après l'évêque de Rome, parce que Constantinople est une nouvelle Rome-. »
Mais les officiers paraissent pressés d'en finir. Ils
1. Voy. à ce propos les Ballerini, dans leur éd. de saint Léon, t. m (1767). p. xxxvn.
2. « ... Tbv {JLÉVTOl KtOV(JTaVT'.V0U-6À£0JC Ir.iTAOTZO'i '/.^^'^ "^^ T:pZ<3-
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prévoient sans doute que la discussion sera stérile, que le parti d'Anatole n'abandonnera rien de ses prétentions, et que les légats resteront inébranlables. Pour couper court, ils s'adressent aux évêques de l'Asie et du Pont, et leur demandent si c'est bien volontairement qu'ils ont signé le vingt-huitième canon (qui les soumet au siège de Constantinople). Tous ceux qui ont signe répondent qu'ils l'ont fait de leur plein gré; quelques-uns parlent séparément et donnent leurs raisons en quelques mots. Ceux c{ui n'ont pas signé exposent de même leurs motifs, et les officiers, sans en entendre davantage, se hâtent de conclure à l'exécution du vingt-huitième canon de Chalcédoine.
La chose est votée seulement par acclamation, et les évèques demandent à se retirer.
Mais les légats protestent énergiquement, et Lu- ( entius clôt la séance par ces fermes paroles :
(( Le siège apostolique ne doit pas être humilié en notre présence. C'est pourquoi nous vous prions de faire rapporter les mesures qui ont été prises hier, en notre absence, contre les ordonnances des canons. Faute de quoi, nous demandons que notre opposition soit insérée dans ces actes : nous saurons alors ce qu'il faudra rapporter à celui qui est le pape de l'Église universelle, et c'est lui-même qui jugera de l'injure faite à son siège, et du renversement des canons. »
s'oppose aux PRÉTENTIONS AMBITIEUSES d'aNATOLE DE CONSTANTINOPLE. SOULEVEMENT EN PALESTINE.
Le concile de Chalcédoine, le quatrième concile œcuménique, a confirmé la foi et porté de grands coups à Thérésie; il a réparé les injustices et aboli les abus et les désordres qui s'étaient introduits dans la discipline. L'importance de ses décisions est donc considérable. Les évêques qui n'y avaient point assisté l'acceptèrent presque tous, et ses résultats furent appuyés et sanctionnés par plusieurs édits de l'empereur Marcien.
Si les passions v ont parlé quelquefois trop haut, il ne faut voir là que le zèle un peu excessif de convictions sincères et ardentes, dans des esprits encore tout émus par le souvenir trop récent d'événements dramatiques et douloureux. Puis cette animation même des grandes assemblées, si hideuse quand elle est inspirée par la haine, par les appétits grossiers ou par un charlatanisme vulgaire, devient belle lorsqu'elle se laisse emporter par le souffle d'en
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haut, par le souci généreux, désintéressé et courageux de la justice et de la vérité.
Les choses s'y passèrent donc avec toute la dignité et la majesté qui convenaient à de pareilles réunions, et l'on pourrait ajouter que l'accord le plus parfait régna jusqu'au bout, si l'ambition sournoise d'un homme n'avait pas glissé, dans les dernières séances, les germes d'un dissentiment qui devait être si fatal, dans la suite des siècles, à l'église même dont il prétendait rehausser la splendeur. Car, dans les prétentions d'Anatole, il n'y avait pas seulement une injure aux grands sièges de l'Orient; il y avait aussi, quoi qu'on en ait dit, une tendance très marquée à s'acheminer peu à peu vers l'égalité avec Rome. Les considérations habiles et fausses du vingthuitième canon suffiraient à le prouver, et les dernières paroles des légats montrent assez clairement que c'était bien là leur avis.
La lettre que le concile écrivit au pape, au commencement de novembre de cette année 45 1, pour lui rendre compte des résultats de ses délibérations, sollicite avec instance son approbation et cherche h présenter les privilèges de Constantinople sous le jour le plus favorable; elle soutient que ces prérogatives se fondent non seulement sur une longue tradition, mais sur les canons du second concile œcuménique; elle montre habilement, en particulier, comme quoi le pouvoir d'ordonner les métropolitains des provinces d'Asie, de Pont et de Thrace est favorable à la paix de ces églises, si souvent troublées au moment de la mort de leurs évêques ; elle affirme (et cela sans doute est très sincère de la part de beaucoup des signataires) que l'on a agi
dans l'intérêt général et non pas pour satisfaire des ambitions particulières; enfin elle ajoute : « Ceux qui représentaient votre Sainteté se sont opposés avec force à ces décisions : sans aucun doute, ils ont voulu vous réserver l'honneur d'approuver de vous-même une mesure aussi salutaire ^ »
Cette lettre fut appuyée par une courte épître de Marcien-, que l'empereur confia à l'évêque Lucien et au diacre Basile, en les chargeant de plus de s'entretenir de vive voix avec le souverain pontife de l'objet et des raisons de leur mission.
Enfin Anatole lui-même mit en œuvre toutes les ressources de son éloquence pour plaider la même cause en termes mesurés et pleins de déférence, mais pressants et insinuants. Quoiqu'il affecte, comme toujours, le désintéressement le plus complet, il ne peut retenir, vers la fin de sa lettre, quelques paroles amères contre les légats. « Ignorant encore, dit-il, les intentions de votre Sainteté à l'égard de l'église de Constantinople, dès qu'ils voient que le saint concile a signé et souscrit ces décisions, ils rejettent le décret du concile et remplissent l'assemblée de trouble et de confusion, ne comptant pour rien notre siège, et n'épargnant aucune injure tant à nous-même qu'à la sainte église de Constantinople 3. » Cette exagération et cette colère sont bien les signes d'une ambition personnelle déçue et exaspérée; nous verrons qu'elles n'en imposèrent pas au pape.