‹ St Léon le GrandChapitre 73 sur 123 · Epiât. CVn · texte numérisé non relu

Epiât. CVn

de la confirmation de la foi par le concile de Chalcédoine et de la part fort honorable qu'Anatole y a prise, il continue : « On pouvait craindre en effet que ceux qui t'ont ordonné, contrairement aux règles des sacrés canons, n'eussent fait choix d'un personnage qui leur ressemblât. Mais la miséricorde de Dieu t'assista : dirigé et fortifié par elle, tu sus tirer un bon parti d'une situation dont l'origine était mauvaise. Il semblerait donc que tu fusses élevé à ce poste plus par la bonté de Dieu que par le jugement des hommes, si d'autre part nous ne te voyions perdre par ta faute tout le bienfait de cette faveur

divine L'orgueil est le commencement du mal,

l'origine du péché Après ton ordination qui ne fut

pas irréprochable, après la consécration de l'évèque d'Antioche^ que tu t'es permis de célébrer en dépit des règles canoniques, je vois avec douleur que tu t'es laissé entraîner jusqu'à violer les saintes ordonnances des canons de Xicée; comme situ voulais profiter de l'occasion qui se présentait de faire perdre au siège d'Alexandrie le privilège du second rang, celui du troisième au siège d'Antioche, et de ravir aux métropolitains de ta juridiction les honneurs auxquels ils ont droit. Et tu as poussé si loin cette audace inouïe et jusque-là sans exemple, que du saint concile, uniquement assemblé par les soins d'un prince très chrétien pour l'extinction de l'hérésie et la confirmation de la foi, tu as voulu faire un instrument

de ton ambition et un auxiliaire de tes entreprises

C'est là un mouvement d'orgueil qui menace de bou-

I. Anatole avait ordonné Maxime e'vêque d'Antioche, bien que ce siège ne de'pendît pas de Constantinopie.

leverser toute l'Église C'est pourquoi nos frères,

que j'avais envoyés comme députés du siège apostolique et qui présidaient le concile en mon nom, ont résisté avec une louable constance à tes prétentions illégitimes, en réclamant ouvertement contre l'introduction d'une nouveauté coupable et contraire aux décisions du concile de Nicée. Car on ne peut douter de leur opposition, puisque toi-même tu te plains dans ta lettre qu'ils aient voulu contrarier tes desseins. Tes paroles mêmes sont un éloge de leur conduite; mais en même temps tu t'accuses toi-même, quand tu reconnais que tu as refusé de leur obéir parce que tu formais d'injustes projets, convoitant vainement ce qu'on n'avait pas le droit de t'accor-

der Renonce^ mon frère, aux pensées ambitieuses^

et crains plutôt^ . Car tu ne peux en aucune façon appuyer tes prétentions sur cette décision d'un certain nombre d'évêques, qui remonte, dis-tu, h soixante ans, mais qui n'a jamais été communiquée au siège apostolique par aucun de tes prédécesseurs — En t'écrivant ceci, mon frère, je t'avertis dans le Seigneur et te conseille de déposer tout esprit d'ambition, etdet'enflammerplutôtdel'espritdecharité

La charité est patiente, elle est doucCy elle n'est pas ençfieuse; elle n'agit pas insolemment, elle ne s'eîifle pas, elle n'est pas ambitieuse, elle ne cherche pas son propre intérêt^. Si donc la charité ne recherche pas ce qui lui appartient, quelle sera la faute de celui qui convoite ce qui appartient à autrui? Il faut donc Y renoncer absolument, en te souvenant de cette

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