I Coriutli., XIII
parole : Garde ce que tu as, de peur qu'un autre ne reçoive ta couronne^. Car, si tu recherches encore ce qui ne te revient pas, tu te priveras, par le fait même et par ton propre jugement, de la paix de rÉi^lise universelle'^. »
Il est probable que cette lettre à la fois paternelle et sévère, ainsi que les menaces d'excommunication qui la terminent, ne laissèrent pas d'émouvoir quelque peu le cœur d'Anatole. Car il n'était pas de ceux qui ont perdu toute conscience et toute pudeur, et qui se révoltent avec une insolente ostentation contre les autorités les plus saintes et les plus justes ; il avait sans aucun doute un désir très sincère d'allier les exiq^ences du devoir et la droiture de la vie, qui donnent la paix à l'âme et méritent l'estime des honnêtes gens, avec les intérêts de son orgueil et de son ambition; mais il n'avait pas, comme saint Léon, cette belle qualité qu'on appelle le caractère, qui fait qu'on reste soi-même en toutes circonstances et qu'on n'admet pas les lâches compromis. Aussi, lorsqu'il ne pouvait pas tout concilier, il lui en coûtait beaucoup peut-être , mais il penchait toujours du même côté, et ne sacrifiait jamais ce qu'il pensait devoir servir à l'intérêt présent de sa fortune personnelle.
Même alors, il se gardait de rien commettre au delà de ce qu'il jugeait utile, et il était habile à sauvegarder les apparences, de manière à tirer tout le profit possible des influences diverses qui pouvaient servir à favoriser ses projets. C'est ainsi qu'au lieu de répondre à la lettre du pape, il eut soin de