‹ St Léon le GrandChapitre 75 sur 123 · Epist. CVI · texte numérisé non relu

Epist. CVI

la dissimuler autant qu'ille put', et que, loin d'en tenir compte en renonçant à ses prétentions, il ne s efforça qu'avec plus d'empressement de faire appuyer celles-ci par la signature des évêques d'Illyrie'-. Mais sa tentative échoua, grâce à la loyauté d'Eurvthée, évêque de Thessalonique, qui avertit aussitôt le pape de ces sourdes menées.

Quoique Léon sût depuis longtemps à qui il avait affaire, il fut fort mécontent de cette résistance obstinée. Il avait d'ailleurs encore d'autres sujets de plainte contre Anatole, dont la conduite était louche en mainte occasion : par exemple, l'éloignem.ent de l'archidiacre Aétius, qui était très catholique, et son remplacement dans un poste aussi important par un certain André, ancien ami d'Eutychès, accusateur de Flavien et déposé jadis pour ce fait par Anatole lui-même, rendait ce dernier assez suspect de favoriser encore l'eutychianisme-^ Ne pouvant rien gagner sur lui, le pape cessa de lui écrire^, mais il donna à sa dernière lettre autant de publicité qu'il put.

Les choses restèrent en cet état jusque vers la fin de 453 ou le commencement de 454- Mais jusquelà saint Léon, comme le prouve plus d'un passage de ses lettres '^, ne perdit pas de vue un seul instant cette

1. Saint liéou se plaint aussi, dans une lettre à Julien de Cos,ï{ue l'on n'ait lu devant le cierge de Constantinople qu'une partie de sa lettre au concile de Chalcédoine, supprimant à dessein tout le passage qui contenait des critiques. lEnist. CXXVII, 3.)

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