Epist. cxxvin
doine avaient cru devoir prendre à l'issue du concile, il protestait qu'il n'y était pour rien, lui qui, depuis sa jeunesse, n'avait jamais aimé que la paix et Thumilité, fuyant en toutes choses la vaine gloire et se gardant toujours de convoiter le bien d'autrui. C'était le clergé dcConstantinople qui, de lui-même, avait préparé les choses, et il était en cela de concert avec les titulaires des sièges intéressés. Ces décisions étaient d'ailleurs subordonnées à l'approbation du siège apostolique, sans laquelle elles ne pouvaient avoir aucune valeur ^
Saint Léon était beaucoup trop fin pour se laisser prendre aux artifices de l'ambition prudente, et il était beaucoup trop franc lui-même pour ne pas savoir à quoi s'en tenir sur les signes de la véritable franchise. 11 ne se fit guère d'illusion sur les dispositions d'Anatole; et il le lui laisse assez clairement entendre dans sa réponse, qui est du 29 mai suivant. Il lui fait remarquer qu'il n'est resté si longtemps sans lui écrire que parce que lui-même a commencé par laisser sans réponse une lettre qui réclamait des explications de sa part, et après laquelle elles paraissaient même fort nécessaires. Puis il aurait voulu plus de sincérité dans ses aveux : pourquoi rejeter sur d'autres une faute qui n'a pu se commettre qu'avec son consentement, et attribuer à la seule influence du clergé de Constantinople une entreprise à laquelle il a tout au moins participé? Il le loue néanmoins de ce qu'il a déjà accompli pour satisfaire les légitimes réclamations du pape, il semble croire à ses bonnes dispositions pour l'avenir, et il l'engage à persévérer