Epist. CLV
Ce qui prouve que saint Léon ne se trompait pas, c'est que, malgré les protestations complaisantes, le vingt-huitième canon ne cessa pas d'être en vigueur, surtout après la mort de Marcien : révêque deConstantinople conserva la préséance sur Alexandrie et sur Antioche, et exerça toujours sa juridiction sur l'Asie, sur le Pontet sur laThrace. « Quoique le siège apostolique continue à s' v opposer, ditLiberatus au siècle suivant, les décisions du concile sont encore exécutées, sous la protection de l'empereur^. )) Et un historien des temps modernes, le P. Saccarelli, conclut en ces termes : « Notons seulement que les évêques de Constanlinople ont gardé une dignité à laquelle ils n'avaient pas droit, contrairement aux décrets des canons et malgré les pontifes romains... ; puis, leur orgueil ne faisant que croître, ils en vinrent à se séparer ouvertement, par un schisme funeste, de la communion de l'Eglise romaine 2. »
Saint Léon avait entrevu le mal immense qui se préparait, sous ces apparences faussement bénignes et conciliantes que les ennemis de l'Eglise savent si bien donner aux débuts de leurs entreprises, et auxquelles, dans tous les temps, beaucoup d'âmes simples et droites se sont toujours laissé prendre.