‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 10 sur 72 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE. PRIEUR UE FONTE-AVELLANJl

Les origines du monastère ou de l’ermitage de Saint-André et de Sainte-Croix de Fonte-Avellana sont obscures. Il avait eu pour fondateur, croit-on, vers l’an 1000, un certain Ludolphe ou Candolphe qui, dix ans plus tard environ, fut élu évêque de Gubbio, se démit après trois ans de cette dignité et retourna dans sa solitude1. Situé dans une vallée déserte de l’Ombrie, au pied du versant oriental du mont Catria, l’un des plus hauts sommets de l’Apennin, it appartenait au diocèse de Gubbio et était distant de quatorze milles de la ville épiscopale.

Le disciple de Ludolphe, Julien, qui le remplaça durant son absence, de 1009 à 1012, lui succéda également sur le siège de Gubbio où il mourut en 1 o3 2 . Après son départ, Ludolphe se serait adjoint comme coadjuteur Guy, que plusieurs auteurs ont h tort confondu avec le camaldule de Pomposa, Guy d’Arezzo, le célèbre inventeur de la gamme. Ce Guy serait devenu prieur à la mort du fonda-

1. On ne lit pas son nom dans la liste des évêques de Gubbio donnée par D. Gams, Sériés episcoporumj mais il y a une lacune pour les premières années du xia siècle. Par contre, son disciple et successeur, Julien, est mentionné.

LE PRIEUR DE FONTE-AVELLANA

teur et ce serait lui, sinon Ludolphe, qui aurait accueilli Pierre Damien au désert. Toutefois, notre saint parle, dans un de ses opuscules, d’un prieur du nom de Jean comme déjà mort1. Peut-être devrait-on avec plus de raison admettre que ce fut ce dernier qui le reçut. La question est d’ailleurs de médiocre importance.

Les historiens camaldules se sont donné bien de la peine pour essayer de prouver que Fonte-Avellana appartenait dès l’origine à leur Ordre2 * * S.. Ludolplie aurait été, selon eux, un disciple de saint Pœmuald, leur fondateur, lequel aurait même passé quelque temps à Fonte-Aveilana. La vérité est que ce monastère forma avec quelques autres, établis, comme nous le dirons, par Pierre Damien, une congrégation d’ermites indépendante suivant la règle bénédictine. Tout ce qu’on peut concéder, c’estque ses constitutions étaient calquées sur celles de Camaldoli, comme d’ailleurs celles de Vallombreuse, autre congrégation particulière de bénédictins fondée vers io36, près de Florence, par saint Jean Gualbert. Ce ne fut que cinq siècles plus tard, en 1569, que le monastère, érigé en abbaye par Jean XXII en 1 3 1 8 , étant tombé dans une décadence complète, fut donné à la congrégation camaldule de Saint-Michel de Murano par l’abbé comrnen-

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