Opusc. XXXIV, cap. vi
2. En particulier Guy Grandi, abbé cainaldule de Crémone, dans sa Dissertatio de S. Pétri Damiani et Avellani-
iariun institutio camaldulensi. , que Migne a reproduite en tête de sou édition des œuvres du Saint. P. L. CXLIV, 17-
88. 11 y mentionne les auteurs favorables à sa thèse et y combat les adversaires, notamment Jac. Laderchi, Pila
S. Pétri Damiani , etc., Romæ, 3 vol., in-4, 1702.
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dataire, le cardinal Jules de la Rovère1. Ses revenus -furent alors réunis au Collegium Germanicum créé à Rome par Grégoire XIII. Au xive siècle, Dante y avait passé un assez long temps lors de son bannissement à Ravenne et y avait composé une grande partie de son poème immortel. Cette illustre abbaye de Fonte-Avellana n’a pas fourni à l’Eglise, depuis .sa fondation, moins de soixante-seize saints, quatre cardinaux et trente-cinq archevêques ou évêques. En 1810, lorsque tous les autres monastères camaldules furent vendus ou convertis en casernes, seule l'abbaye de Fonte-Avellana put provisoirement jouir d’une existence légale. En 1860, alors que la congrégation s’était peu à peu reformée, elle fut .seule encore épargnée, mais elle dut enfin en 1866 subir le sort de toutes les maisons reli, lieuses de J’Ilalie, et elle lut fermée.
Dès son entrée au désert, Pierre Damien n’eut •d’autre ambition que d’acquérir les vertus du solitaire. Il se livra donc tout entier aux exercices de la pénitence. Cet amour des macérations corporelles fut d’ailleurs toute sa vie la caractéristique de sa sainteté. Le nouveau moine était de la trempe des Jérôme et des Colomban. La règle, pour austère qu’elle fût, ne suffisait pas à son zèle, et ses confrères, qui étaient pourtant encore dans la première ferveur d’une fondation récente, le considérèrent bientôt comme un maître dans la pratique de l’ humilité et de l’obéissance, de la pauvreté et de la mortification. Devançant l’heure des matines, il priait seul dans le silence des nuits et il veillait
1. Cf. Augustin Florentini, t, III, des Historiar. Camal- <dulens.
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encore après les autres, ne voulant pas que ses dévotions particulières portassent le moindre préjudice h l’observance générale.
Ces veilles prolongées eurent raison de sa santé et lui occasionnèrent des maux de tête violents qui l’empêchaient de dormir quand il en aurait eu si grand besoin. Il fut longtemps à se rétablir et il dut procéder désormais avec plus de discrétion. Les loisirs que lui procurèrent sa maladie et sa convalescence, il les employa à l’étude assidue de l’Ecriture et ses progrès dans cette science lurent aussi rapides et aussi complets que ceux qu’il avait faits jadis dans l’étude des lettres profanes. L’aisance et l’à-propos avec lesquels il cite la Bible dans scs lettres et ses autres écrits montrent à Quel degré il la possédait.
L’heure était venue où, selon la parole du Maître, ce llambeau devait être placé sur le chandelier. Son supérieur le chargea de donner quelques conférences à ses confrères, et il s’acquitta à son honneur, sans rien perdre de son humilité, de cette, obédience délicate. Il n’est pas impossible que plusieurs des sermons qui nous restent de lui datent de cette époque. Son renom d’exégète et de conférencier se répandit bientôt dans les monastères du voisinage et dans tous ceux qui étaient en rapport avec Fonte-Avellana. On désira l’entendre. C’est ainsi que le saint abbé Guy de Pomposa, abbaye située entre Ravenne et l’Adriatique, le fit demander à son prieur pour instruire sa communauté composée de cent moines. Pierre demeura là près de deux ans et ses exhortations ne furent pas sans fruits. Lorsque son supérieur le rappela, ses nouveaux confrères, dont il avait su gagner la confiance et l’amitié, l’au-
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raient volontiers gardé au milieu d’eux et ne le virent partir qu’à regret1. Mais l’obéissance lui semblait avec raison être la meilleure et la plus efficace des prédications. Il regagna Fonte-Avellana à la date assignée.
Peu de temps après, il fut envoyé pour un semblable motif au monastère, célèbre par ses richesses et le grand nombre de ses religieux, de Saint- Vincent, près de Pietrapertosa, qu’il avait eu l’occasion déjà de visiter avec son prieur. Le succès de ses prédications fut le même qu’à Pomposa. C’est durant son séjour dans cette maison, vers 1042, que, pour l'édification des ermites, il composa la vie de leur fondateur, saint Romuald, mort quelques années auparavant2.
Le prieur de Fonte-Avellana ne pouvait que se réjouir de l’acquisition d’un religieux d’une telle prudence et d’un zèle si ardent. Aussi, après avoir pris conseil de sa communauté, en fit-il son économe. Il le désigna plus tard pour son successeur. Pierre, donc, malgré ses répugnances, dut accepter cette dignité après la mort du prieur, en io43 vraisemblablement.
Son gouvernement fut pour le monastère une ère de prospérité tant spirituelle que matérielle. Les novices se présentèrent nombreux. Le saint dut créer de nouveaux centres de prière et de nouveaux ermitages. Le premier qu’il établit fut près de San- Severino, dans la Marche d’Ancône et le diocèse de
1. Le monastère reconnaissant lui assura le bénéfice de ses prières et de ses mérites. Cf. Epist. VI, lib. vi. A son tour, Damieu lui dédia un de ses plus beaux traités : De perfectionc monachontm . Opusc. XIII.
a. P, L. CXLIV, 953-1008. Cf. la bibliographie.
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Camerino, au pied de F Apennin*. Puis, ce furent deux autres au diocèse de Faënza : Gamugno, aujourd’hui Cavina, dédié à saint Barnabe et Acerata dont le terrain lui avait été donné par le comte Guy et son épouse Hermeline; un au diocèse de Rimini, Murciano, près du petit fleuve de la Concha, sous le patronage de saint Grégoire1 2, et un autre, près de Pérouse, sous celui du Saint Saiuveur. Près de Fonte- Avellana il fonda le monastère de Notre-Dame de Sitria dont il fit prieur Dominique l’Encuirassé et il rétablit sur le territoire de Sarsina l’ermitage d’.Ocri, que lui avait donné le pape Léon IX.
Ces différents monastères étaient sous la direction d’un prieur local. Toutefois, Damien gardait la haute main sur tous et il les visitait soit en personne, soit, lorsque ses occupations ou ses légations l’en empêchaient, par ses lettres ou ses disciples immédiats3 4. Il s’efforcait d’y maintenir une discipline exacte et n’épargnait pas les reproches et les avertissements, lorsqu’il les jugeait mérités. C’est ainsi qu’on l’entend reprendre les ermites de Saint- Barnabé de Gamugno de négliger les règles qu’il leur avait données, d’aimer trop les biens périssables, la bonne chère et leurs aises, et par là d’être un scandale pour les séculiers *. Un autre jour, il blâme vertement un de ses religieux, nommé Gébizon, qu’il avait établi prieur d’un ermitage et qui, sans le prévenir, avait abandonné son poste pour prendre la direction d’un monastère bâti par son frère. Il lui intime l’ordre
1. Opusc. XV. Cf. aussi Vit a Dominici Loricati. P. L. CXLIV. 1018.