Epist. XXXII, lib vi
SAINT PIERRE DAMIEN
de réintégrer sans délai son ermita ge et d’y reprendre sa charge ou d’y vivre en si mple moine1. Le plus souvent les encouragements ou les conseils suffisaient. Il prêche à Dominique T Encuirassé et à ses ermites de Sitria l’utilité des tribu lations. Dieu, dit-il, les envoie à dessein à ses serviteurs pour exercer leur vertu et il les engage à les supporter virilement2. Ou bien encore il exhorte ses disciples à jeûner le samedi en l’honneur de la sépulture du Seigneur3, à le faire avec joie et dévotion et à transmettre fidèlement à leurs successeurs les exemples de vertu qu’eux-mêmes ont reçus de leurs pères4.
Quelle était au juste la vie des ermites à Fonte- Avelhma et dans les autres monastères fondés par le saint prieur ? Lui-même a pris le soin de décrire dans le détail les pratiques et les usages qu’il y faisait observer il ses religieux en dehors de la règle bénédictine. Et cela, dit-il, pour servir à la conduite et à l’édification de ceux qui leur succéderont dans ce désert afin que si, ce qu’à Dieu ne plaise, ils venaient un jour à s’écarter de cette observance, ils ne puissent pas prétexter l’ignorance pour excuse8.
Chaque monastère se composait d’une vingtaine d’ermites auxquels étaient joints de dix à vingt convers et domestiques. L’ensemble de la communauté suivait une règle déterminée, mais quelques ermites d’une vertu plus éprouvée s’astreignaient avec auto-