‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 16 sur 72 · P. L. CXL1V · texte numérisé non relu

P. L. CXL1V

LE PRIEUR DE FONTE-AVELLANA

aussi loin l’art de se torturer. Aussi peut-on croire sans peine Damien, son biographe, quand il dit tju’à la fin son corps, à l’exception du visage et des mains, était tout desséché, durci et noirci des milliers et des milliards de coups dont il l’avait iouetté. Il mourut le i4 octobre 1060, pénitent obstiné jusqu’à sa dernière heure1 2. Damien fait encore mention dans ses écrits et surtout dans son opuscule intitulé De la Vie èr erratique *, de plusieurs autres de ses disciples, qui menèrent une vie toute de mortification? et de pénitences.

Mais le zèle du saint prieur ne se limitait pas à ses seuls monastères. Il était en rapport avec des religieux nombreux, qui le consultaient et qu’il conseillait. Surtout lorsque les dignités dont il sera revêtu lui auront acquis une notoriété plus grande, nous le verrons entretenir des relations avec les plus célèbres monastères de l’époque, le Mont- Cassin et Cluny.

Le plus souvent c’est en censeur austère, en moine désireux de voir la vie religieuse menée comme elle doit l’étre, qu’il parlait à ses correspondants. Ainsi en écrivant à l’ermite Albizon et au moine Pierre, il leur fait une peinture des dérèglements et déplore les graves désordres des moines du temps : il leur reproche de posséder de grands biens, d’amasser de l’argent et de manquer par là au vœu de pauvreté, de fréquenter trop les séculiers, de courir trop souvent en dehors du monastère et d’y faire pénétrer par suite le relâchement, la dissipation, l’intempérance, de porter par vanité

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