Epist. IX, lib. iv
SAINT PIERRE DAMIEN
SAINT PIERRE DAMIEN
royales ne suffisent plus h la multitude des prêtres. Ils vomissent des Ilots de clercs et de moines et l’on se plaint qu’ils soient trop étroits. Les cloîtres sont vides, l’Évangile est fermé et ce sont les ecclésiastiques qui plaident leurs causes au barreau. Et plût à Dieu que nous nous contentions des procès ! Mais nous prenons les armes, nous rendons flèches pour flèches et nous battons en brèche la règle de notre ordre non plus seulement par des paroles, mais par le fer.... Tout séculier viole les droits de l’Église, lui soustrait ses revenus, envahit ses propriétés et tire gloire d’avoir volé les pauvres comme s’il revenait chargé des dépouilles d’un ennemi. Les séculiers s’attaquent et se pillent les uns les autres. Forcés de vivre dans la même société et parce qu’ils n’y peuvent être seuls, ils s’y entre-choquent dans leurs envahissements réciproques *. »
Deux plaies surtout, qui paraissaient inguérissables, rongeaient alors l’Église : la simonie et le nicolaïtisme, et le corps presque entier, chef et membres, était contaminé.
Chacun sait que la simonie, ainsi nommée de Simon le Magicien qui, comme le rapportent les Actes des Apôtres, tenta d’obtenir à prix d’argent l’autorisation et le pouvoir de conférer les dons du Saint-Esprit, est le vice qui consiste à trafiquer des choses sacrées et des dignités de l’Église. Par hérésie nicolaïlique, on entendait l’incontinence des clercs, la violation flagrante et constante par eux de la loi du célibat1 2. Nous n’aurons hélas! que