Opusc. VI, Liber qui dîcitur Gratissimus , cap. xxxv
2. Dès l’année suivante cependant nous voyons Léon IX condamner à nouveau comme nulles des ordinations faites
contre, il se montra inflexible vis-à-vis des cardinaux, évêques et abbés entachés de simonie. Plusieurs furent déposés séance tenante et remplacés par des prélats vraiment vertueux.
A la grandejoie de notre saint, le même synode défendit aussi sous peine d’anathème à tous les prêtres, lévites et sous-diacres, d’entretenir des relations avec les personnes du sexe. Il décréta, en outre, que les femmes de mauvaise vie qui, à Rome, s’abandonnaient aux clercs, seraient immédiatement et pour toujours engagées comme esclaves et séquestrées à perpétuité au palais de Latrair 1 .
Ce fut sans doute cette attitude énergique du nouveau pontife à l’égard des désordres du clergé qui engagea Pierre Damien à rédiger son Livre de Gomorrhe , Liber Gomorrhianus , qu’il dédia à Léon IX2.
Comme cet ouvrage ne porte aucune indication de date, pas plus d’ailleurs que les autres écrits du saint, il est malaisé de préciser l’année de sa composition. Toutefois, ou s’accorde généralement à la placer en io5i. Le titre seul du livre, inspiré par le souvenir de la ville corrompue des bords de la mer Morte, en fait déjà connaître le sujet. Il dévoile, détaille, dissèque et combat surtout les péchés contre nature, trop communs hélas ! parmi le clergé de cette triste époque.
Peu d’auteurs ont, croyons-nous, parlé avec une telle hardiesse et une telle crudité de termes des vices de la chair et telles de ses pages ne seraient
par certains prélats simoniaques de Bretagne. P. L. CXLIU, G48.