‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 41 sur 72 · I. Epist. IV, Iib . ni · texte numérisé non relu

I. Epist. IV, Iib . ni

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créé cardinal par Léon IX il était l’un des cinq candidats à la papauté proposés au peuple et au clergé à la mort de Victor II par celui qui devait être deux jours après Etienne X.

Nicolas II, avant de se rendre à Rome, tint un synode à Sutri en janvier 10^9 où il délibéra avec Hildebrand, les cardinaux, un grand nombre d’évêques de Toscane et de Lombardie, le duc Gotlfried et le chancelier Guibert, sur la question de la déchéance de l'antipape. Celui-ci en ayant été informé prit peur et se résolut à renoncer de luimême au pontificat suprême. Il se retira dans ses terres et le pape légitime put faire, à la joie universelle, son entrée h Rome au même mois de janvier et, le 24, il fut sacré au Latran, vraisemblablement par Pierre Damien. Peu de jours après, il reçut l’antipape qui protesta qu’on lui avait fait violence. Nicolas II le releva de l’excommunication et lui accorda de demeurer à Sainte-Marie-Majeure, mais sans pouvoir remplir les fonctions épiscopales ni sacerdotales. Le schisme était ainsi terminé.

En prenant le nom de Nicolas II, Gérard avait établi sa résidence provisoire h Florence dont il conserva le titre épiscopal comme c’était l’usage alors. 11 confia les affaires de la curie à Hildebrand, le principal facteur de son élection, et au cardinal Étienne. Hildebrand, qui jusque-là n’était que sous-diacre, fut à l’été ou à l’automne de 1009 élevé h la dignité d’archidiacre vacante par la mort du titulaire Maucinus ; il était en même temps fait abbé de la riche abbaye bénédictine de Saint-Paul hors-les-murs de Rome. Nicolas créa aussi cardinal l’ami de cœur de Damien, Didier, abbé du Mont-

Cassin, et un autre moine de cette abbaye, Oderic. Entouré de tels auxiliaires le pape se mit résolument à 1 œuvre de la réforme. La simonie et la mauvaise conduite des prêtres trouvèrent en lui un intrépide adversaire.

Il prit aussi ses mesures pour prévenir désormais les désordres et le schisme, qui s’étaient produits à la mort de son prédécesseur. Dans un synode tenu dans l'église du Latran en avril io5g, et composé de cent treize évêques, de nombreux abbés, prêtres et clercs, il fixa dans les termes les plus solennels la procédure à suivre désormais dans l’élection pontificale. Elle appartiendrait d’abord aux sept cardinaux évêques et non à l’empereur. Si donc quelqu’un était élu sans leur consentement joint à celui des cardinaux clercs, du reste du clergé et du peuple, il devrait être tenu pour usurpateur et apostat et être mis hors l’Église. Le pape devait être choisi dans le sein même de l’Éfflise romaine, s’il s’y trouvait un su jet digne et capable, sinon dans une autre Église. La liberté des élections papales ainsi revendiquée, on déclarait pourtant sauf le privilège concédé à l’empereur Henri et à ceux de ses successeurs auxquels le Saint-Siège accorderait personnellement le même honneur. Si l’élection ne peut avoir lieu dans Rome, les cardinaux-évêques conservent le droit, même s’ils sont réduits en nombre, d’y procéder dans le lieu qui paraîtra le plus convenable. Si l’élu ne peut être intronisé à Rome, comme c’est la coutume, il n’en possédera pas moins les pouvoirs de sa dignité. Quant à l’usurpateur, il devra être considéré comme l’Antéchrist et sera immédiatement dégradé de ses charges ecclésiastiques. Les anathèmes

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qui atteignent les fauteurs de désordre et les partisans de l’antipape sont des plus énergiques.

On voit que Nicolas II accordait une part dans l’élection à l’empereur comme tel, mais il la précisait et il avait soin de noter qu’elle n’était qu’un privilège personnel de sa nature que le monarque perdait en cas d’abus et qu’il serait loisible de lui enlever s’il était animé de mauvaises intentions. Cet important décret fut signé par le pape, par plusieurs cardinaux et entre autres par notre Pierre Damien, évêque d’Ostie, dont le nom se lit le troisième, après ceux de Nicolas et des cardinaux Boniface, évêque d’Albano et Humbert, évêque de Silva Candida1.

Sur les conseils de notre saint et d’Hildebrand sans aucun doute furent portés par le même synode divers canons relatifs à l’incontinence des clercs et à la simonie. Défense était faite entre autres d’assister à la messe d’un prêtre, d’entendre chanter l’Evangile par un diacre ou l’Epitre par un sousdiacre, que l’on saurait pertinemment vivre en débauché. Les simoniaques devaient être déposés sans aucune hésitation.

C’est de cette époque surtout que date le rôle

i. Le texte le plus correct de cette ordonnance a été publié avec notes par Pertz, d’après le mss. 1984 du Vatican, Monum. Leg. IL Appendice, 176. Hannov. 1837. Celui donné par Baronius, Murat ori et autres est défectueux. Un contemporain, Anselme le Jeune, évêque de Lucques, a précisé ainsi la part qui revenait à l’empereur dans l’élection du pontife romain. « Nicolas II a prescrit, dans un décret synodal, qu’après l’élection d’un nouveau pape, on en donnerait connaissance à l’empereur et qu’on ne procéderait au sacre qu’après cet acte accompli.» P. L. CXLIX,

actif de Damien. La guerre, qu’i! a déclarée et qu’il va poursuivre désormais contre les perturbateurs intérieurs de l’Eglise, sera sans merci. Il v emploiera toute sa fougue naturelle.

Peu après son élection, Nicolas II lui donna commission d’entrer secrètement en relation avec plusieurs évêques incontinents, sans doute voisins de Fonte-Avellana, pour les faire rentrer euxmêmes et leur clergé dans le droit chemin. Il échoua devant leur mauvais vouloir. Ils n’avaient eu cure d’une conversion, affirmant pour eux l’impossibilité de rester chastes, et ils se riaient de la menace d’une condamnation synodale.

Ces désordres invétérés dictèrent au cardinal une lettre touchante sur le célibat des prêtres, qu’il adressa au pape. Il y engageait celui-ci à agir énergiquement et sans égard pour des considérations humaines. On peut par là supposer qu’il n’approuvait pas la politique d’atermoiements, de demimesures et de concessions que Nicolas avait cru prudent de prendre, comme jadis Léon IX, envers certains évêques scandaleux. La conduite de ces prélats était une pierre d’achoppement pour les laïques, qui en prenaient occasion pour les insulter. Mais hélas! dit Damien, les coupables rejettent toute pudeur, ils s’affichent avec une telle audace que leurs lieux de débauches sont connus de tous et que les noms de leurs concubines et de leurs parents sont sur toutes les lèvres. Comment taxer d’exagération les caquetages de la foule, alors qu’eux-mêmes s’appliquent à les confirmer? Ne voit-on pas, en effet, chez eux des allées et venues incessantes de femmes et de messagers porteurs de présents? N’y entend-on pas de joyeux éclats de

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rire? N’est-on pas témoin fréquemment de rencontres et d’entretiens secrets? Et « si les plus indulgents veulent encore douter, la grossesse des concubines et les vagissements des nouveau-nés sont là pour attester les débordements, qui sont commis. » Rester muet, ce serait se rendre complice des coupables. Que Nicolas imite le zèle de Phinées, qui dans l’ancienne loi fut si ferme contre les fornicateurs et mérita d’en être récompensé, tandis que le grand prêtre Héli fut châtié pour avoir été trop indulgent à l’égard de ses fils dont il connaissait les crimes sans y porter remède1.

i. Opusc, XVII.

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