‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 46 sur 72 · Epist. VIII, lib. i · texte numérisé non relu

Epist. VIII, lib. i

a. Opusc. XIX, cap. xi. Cf, aussi l'opuscule suivant XX.

ni

Benoît IX, résigne son siège plutôt que cle l’administrer au détriment des âmes ?

Damien raconte ensuite, sur la foi d’un archevêque Humbert et toujours pour appuyer sa requête, des histoires naïves et plus ou moins vraisemblables d’apparitions d’évêques mauvais administrateurs, et d’autres personnes condamnées aux feux de l’enfer ou du purgatoire. On s’est appuyé sur ces récits pour accuser le cardinal de manquer un peu de critique et d’ajouter trop facilement créance aux visions. Ce sont, en tout cas, des légendes qu’il n’y a pas lieu de rapporter ici.

Mais toutes les raisons et les exemples invoqués par l’évêque d’Ostie furent sans effet. Nicolas refusa de faire droit h sa demande. L’heure du repos et de l’inaction n’avait pas encore sonné pour lui. Elle ne devait jamais sonner. Tout ce qu’il put obtenir, ce fut de rentrer pour quelque temps dans sa solitude. Mais désormais il affectera de ne plus signer les documents pontificaux de son titre de cardinal-évêque et se contentera de celui de Pierre pécheur.

Après la tenue du concile d’avril 1009, le pape se rendit, accompagné d’flildebrand et de quelques autres cardinaux, au Mont-Cassin. Il y était le juin, fête de saint Jean-Baptiste. Il en repartit avec l’abbé Didier, depuis peu cardinal, et poussa sa marche jusqu’à Melfi dans la Pouille où il assembla en juillet un synode très nombreux. La question du célibat des prêtres de l’Italie méridionale y fut débattue. Le seul auteur qui nous parle de ce concile, le poète Guillaume de Pouille, nous dit que dans ce pays, comme ailleurs, les prêtres et tous les clercs vivaient dans un concubinage

public1. L’évêque d’Ascoli et celui de Trani en Apulie furent déposés soit pour simonie, soit pour incontinence2. Damien assistait vraisemblablement au synode. *11 accompagna ensuite le pontife à Bénévent où au commencement d’août fut également tenue une nouvelle assemblée conciliaire. On ne sait si notre saint y prit part. En octobre il était, toujours avec le pape, de retour à Ostie3. Il suivit Nicolas à Rome et à Florence où nous le rencontrons du 8 janvier au 19. avril 10G0*.

Nicolas II profita aussi de la présence du saint auprès de lui pour lui faire rédiger une lettre qu’il adressa à la reine de France, Anne, femme de Henri Ier et mère du roi Philippe. Le pape louait cette princesse d’origine russe et célèbre par sa beauté de sa générosité envers les pauvres et de sa piété. Il l’exhortait à persévérer dans la bonne voie et à exercer son influence heureuse sur son époux afin de lui inspirer les mêmes sentiments et de l’engager à gouverner avec douceur et équité5.

En octobre de cette même année 1060, nous retrouvons Damien à Rome, au Latran. Un de ses religieux avait eu un songe qu’il lui raconta ét d’après lequel le saint était sur le point de perdre ses deux yeux. Le cardinal, un peu inquiet, fit part de cette communication à son ami Hildebrand.

1. De rebus Normannorum, écrit vers l’an itoo dans P. L. CXLIX, 1047.

2. Damien nous dit quelque part qu’il n’avait jamais vu de plus riches crosses que celles des évêques d’Esculanum et de Trani. Ces deux évêques furent déposés l’un par Nicolas II, l’autre par Alexandre II. Opusc. XXXI.

Page 1