‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 47 sur 72 · Epist, IX, lib. vn · texte numérisé non relu

Epist, IX, lib. vn

Celui-ci interpréta le songe en l’assurant qu’il ne s agissait pas de la perte de ses yeux corporels ni de sa mort à lui, mais bien de celle d’un ami, qui lui était particulièrement cher. Trois jours, en eflet, après son départ de Rome, il recevait la nouvelle de la mort de son disciple, Dominique l’ Encuirassé. Elle le pénétra d’une triste mélancolie, car il savait aimer. Le 23 octobre, neuf jours après sa mort, il fit enlever son corps de la fosse où 1 avaient à la hâte déposé ses frères dans la crainte qu ilne lût dérobé par des moines voisins et il le fit enterrer dans le chapitre de son monastère de San Severino. Un an plus tard, il écrivit sa vie et, prévoyant qu’il étonnerait ses lecteurs par le récit des effrayantes austérités de ce religieux, il prit soin de les prévenir de sa véracité. « Je n’ignore pas ce que l’Apôtre dit : « Si le Christ n’est pas ressuscité, « notre prédication est vaine et nous portons un « faux témoignage contre lui. » Par là il nous apprend que celui qui attribue un faux miracle à Dieu ou à ses serviteurs est coupable de faux témoignage contre celui qu’il a loué1. » Après avoir rendu les derniers devoirs à son ami, Damien reprit le chemin de Fonte-Avellana.

C’est de là qu’il demanda à Nicolas de lever l'excommunication jetée sur la ville d’Ancône. Après l’avoir félicité de ce que l’Eglise vivait en paix sous son pontificat, il ajoutait : « J’éprouve une profonde douleur, vénérable seigneur, au sujet des habitants d’Ancône, qui meurent tous les jours, et le péril commun que courent innocents et coupables me fend l’âme. Voici, en effet, que la nature

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