‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 49 sur 72 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

PIERRE DAMIEN ET l’aNTIPAPE CADALOÜS. -

SES LETTRES A l’iMRÉR ATRICE AGNÈS

Le 27 juillet 1061, le siège de Pierre était de nouveau vacant, Nicolas II étant mort à Florence à cette date. Le choix de son successeur allait derechef soulever des difficultés et susciter des troubles. Quelques mois avant de mourir, ayant comme un pressentiment de sa fin prochaine et devinant les complications qui en seraient la suite, le pontife défunt avait renouvelé et précisé l’important décret du synode de io5t) relatif à l’élection du chef suprême de l’Eglise.

Ce décret, qui, on s’en souvient, n’accordait le privilège (et non le droit strict) de l’immixtion directe dans l’élection papale qu’au seul empereur et non au roi de Germanie, n’avait pas été accepté par l’impératrice et les prélats allemands. Pouvait-on dans ces conjonctures procéder à l’élection sans la participation du jeune roi Henri ? N’était-ce pas s’aliéner imprudemment la cour germanique ?

On comprend qu’IIildebrand ait hésité à prendre un parti. Mais quelques Romains, ennemis de la réforme et h leur tête l’inévitable bandit Gérard de Galeria, le prévinrent; ils envoyèrent en Aile-

SAINT PIERRE DAMIEN

magne une ambassade chargée de demander à l'impératrice Agnès de nommer au nom de son fils, auquel ils apportaient les insignes du patriciat, un pape qui fût de meilleure composition que les précédents et eût plus d’entrailles pour les faiblesses humaines1.

Hildebrand alors, sans attendre la réponse de la cour, fit élire paries cardinaux et la partie saine de la noblesse Anselme de Baggio, évêque de Lucques, le créateur de la ligue des Patares et le légat que nous avons déjà vu à Milan aux côtés de Pierre Damien. Introduit à Rome grâce aux Normands dans la nuit du 3o septembre 1061, il fut intronisé le ier octobre à San Pietro inVincoli sous le nom d’Alexandre II. Une fois de plus le parti de la réforme avait un pape qui le soutiendrait. Homme plein de douceur, de souplesse, de savoir et de vertu, son choix était habile et de nature, du moins on le supposait, à apaiser l’impératrice, dont il était connu*.

Mais les simoniaques et les nicolaïtes, et notamment les scandaleux évêques de Lombardie, qui ne pardonnaient pas à l’élu sa campagne de jadis contre leurs débordements, manifestèrent hautement leur mécontentement. Ils réussirent à circonvenir la pieuse impératrice et à la persuader de l’illégalité de l’élection, qui n’était, assuraientils, qu’un affront fait au roi. Agnès refusa, en effet, contre le droit des gens, de recevoir le cardinal Etienne, député par le conclave pour lui faire connaître l’avènement du pontife. Puis, cédant aux

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