‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 56 sur 72 · Epist. II, lib. vi, à Hugues. Epist. V, lib. vi, aux · texte numérisé non relu

Epist. II, lib. vi, à Hugues. Epist. V, lib. vi, aux

SAINT PIERRE DAMIEN

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SAINT PIERRE DAMIEN

En rappelant à plusieurs reprises à l’abbé les promesses qui lui ont été faites de vêtir un pauvre et de célébrer une messe solennelle pour le remercier de ses services, il ose demander que les autres monastères soumis à Cluny s’acquittent de la même dette. Puis il confie à saint Hugues l’éducation de son neveu, le fils d’une de ses sœurs, et le prie de prendre également soin de son corps et de son âme. Que l’image de cet enfant lui rappelle la sienne et ce que l’abbé aura fait au neveu, lui, Damien, le considérera comme fait à lui-même1. Cluny est pour lui « le paradis terrestre arrosé des quatre fleuves » et « le champ fertile, où se trouvent réunis et le ciel et la terre », « les roses et les lys y répandent leurs parfums suaves ».

« Avec quel charme, écrit-il encore aus clunisiens, votre nom revient constamment sur mes lèvres! Quand je me rappelle vos observances, je conviens qu’elles ne sont pas d’invention humaine, mais qu’elles ont été dictées par l’Esprit-Saint, car les exercices sont si continuels et surtout les offices si prolongés que même au mois d’août, alors que les jours sont les plus longs de l’année, les frères ont à peine une demi-heure pour converser dans le cloître. Le but de cette organisation est, je le suppose, de venir en aide aux faibles qui, étant ainsi toujours occupés, n’ont plus l’occasion de pécher, si ce n’est peut-être par pensée8. »

Et, lorsqu’il sentira approcher la mort, qu’il avait toujours appréhendée, il écrira de nouveau

moines de Cluuy. Epist. XV, lib. n, à Didier, du Mont- Cassin. C’est l’opuscule XXXIV.

i. Epist. III, lib. vi.

a. Epist. V, lib, y*.

LÉGATION EN FRANCE

une lettre pressante à Cluny pour solliciter encore les prières des fervents religieux, qu’il appelle des anges. Qu’ils ne l’oublient pas surtout lorsqu’il aura paru devant Dieu1.

Le retour en Italie se fit par les mêmes chemins qu’il avait suivis pour venir en France. Toutefois, avant de quitter ce pays, le cardinal alla rendre visite à son ami, l’archevêque Hugues de Besançon. L’accueil empressé qu’il reçut se grava dans son ? cœur comme dans sa mémoire mille détails, qui le frappèrent dans la ville épiscopale.

Il prend plaisir à les énumérer dans une longue lettre qu’il écrira plus tard à son hôte et qui est des plus intéressantes à divers points de vue. « Je vois encore, lui dit-il, ce cloître placé derrière l’abside de l’église et qui vous sert d’habitation. Vous pouvez y vaquer à la prière et à l’étude si loin de tout bruit qu’on se croirait sans peine dans une solitude d’ermites. Je n’ai pas oublié l’autre cloître à droite de l’église où la blanche phalange de vos clercs forme comme un chœur angélique. Là, en effet, comme dans un gymnase d’une Athènes céleste, ils sont instruits dans les divines Ecritures, ils étudient avec zèle la vraie philosophie et s’exercent chaque jour à la pratique de la règle

« Il me souvient aussi que vous faites construire en même temps deux autres collégiales, l’une avec l’église de Sainle-Marie-Madeleine, l’autre, sije ne me trompe, avec celle de Saint-Laurent.... »

« Ce qui m’a plu davantage, je vous l’avoue, c’est que vous m’ayez montré le tombeau que vous vous êtes préparé et qui est tout prêt à vous recevoir. »

x Eplst. IV, lib vi

SAINT PIERRE DAMIEN

Damien loue l’archevêque de cette salutaire pensée d’avoir constamment sous les yeux son tombeau, qui lui rappelle ce qu’il est en réalité : cendre et poussière.

On s’étonnerait h bon droit que la lettre contînt uniquement des éloges. Le rude censeur a comme toujoursdes restrictions à apporter. Déjà à Besançon il avait fait observera son ami l’inconvenance qu’il y avait pour les clercs de sa cathédrale à demeurer assis durant la récitation des heures canoniales et môme durant l’assistance au saint sacrifice. Il y revient et redit, un peu longuement à notre avis et en étayant ses raisons de multiples textes de l'Ecriture, que cette coutume, laquelle, d’ailleurs, n’est pas exclusivement propre à Besançon, est déplorable et qu’il la faut faire disparaître. Tous ceux qui sont bien portants, les laïques et les femmes mêmes, doivent l’abandonner et ne se tenir qu’à genoux ou debout*.

Il n’est pas impossible que le légat se soit arrêté à Turin et s’y soit entretenu avec l’évêque Cunibert1 2, avec le duc Gottfried et son épouse Béatrix3 4, et avec la marquise Adélaïde de Suze *. Peut-être aussi est-ce à cette époque qu’il faut rapporter le séjour de plus d’une semaine qu’il fit au monastère de Fructuaria5. Tous ces incidents retardèrent l’arrivée à Fonte-Avellana, qui n’eut lieu que le 27 octobre io63. Damien s’était bien promis de revenir chez lui vers le ieraoût, mais mal-

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