Ibid
LÉGATION EN FRANCE
gré la diligence qu’il y put mettre, le voyage s’était prolongé de trois mois1.
Les trois lettres qui composent son opuscule dixhuitième sont sans doute de ce temps. A son passage h Turin et dans les environs, il avait été le témoin attristé des débordements du clergé. Il en prit occasion pour écrire à l’évêque Cunibert et à la marquise Adélaïde. Le prélat, qui devait être, en io j5, suspendu de ses fonctions par Grégoire VII, tolérait par excès de faiblesse que ses clercs, à quelque ordre qu’ils appartinssent, prissent femme. Damien, tout en rendant par ailleurs témoignage aux autres qualités et à la science de son clergé et à son austérité personnelle, le lui reprocha avec véhémence comme un danger pernicieux pour la pureté, qui doit distinguer les ecclésiastiques, et comme contraire à l’autorité des canons et au sentiment de tous les Pères2. Il le supplie, en faisant à nouveau un éloge éloquent de la chasteté, d’appliquer strictement les décrets de Léon IX. Les hérétiques, en effet, et les mauvais prêtres sont de vrais loups et quiconque néglige, lorsque c’est son devoir, de les corriger est dans une large mesure coupable de leurs fautes.
Le saint a en particulière horreur les malheureuses créatures qui sont la cause et l’occasion de la chute des clercs. Aussi leur dit-il leur fait dans des apostrophes enflammées mais d’un goût parfois douteux.
« Et maintenant je m’eu prends à vous, beautés corruptrices des clercs, chairs de démon, déchets du ciel, poison des esprits, glaive des âmes, empoisonneuses, race de péché, cause de perdition. C est