‹ St. Pierre Damien (1007-1072). --Chapitre 62 sur 72 · Eita Damiani, cap. xx · texte numérisé non relu

Eita Damiani, cap. xx

Alexandre, en effet, lui confia bientôt une nouvelle légation : il l’envoya à Florence à la fin de 1066 ou au début de 1067. Un conflit des plus violents s’y était élevé entre le successeur de Nicolas II sur le siège épiscopal de cette ville, l’évêque Pierre de Pavie, et les moines vallombrosains de Saint- Salvi hors-les-murs. Ceux-ci ayant à leur tête leur fondateur, saint Jean Gualbert, accusaient Pierre de simonie et défendaient aux fidèles de recevoir les sacrements de ses mains et de celles des prêtres ordonnés par lui L

Deux partis s’étaient formés parmi le peuple; les uns soutenaient l’évêque, les autres partageaient les griefs des moines2. D’où la mission nouvelle de Damien ; elle avait pour but d’apaiser ces querelles devenues surtout aiguës depuis qu’un groupe de gens armés s’étaient livrés, d’aucuns disaient à l’instigation du prélat, h des voies de fait et à des cruautés contre les moines de Saint-Salvi dont ils avaient même incendié le monastère.

A son arrivée à Florence, le cardinal prit nettement parti contre les vallombrosains : il déclara valides d’après le droit canonique les sacrements conférés par les prêtres, eussent-ils été ordonnés simoniaquement, et blâma le peuple et les moines d’avoir accusé leur évêque sans attendre la decision juridique du synode annuel auquel il appartenait de se prononcer.

Les Florentins s’étaient bercés de l’espoir que le légat se rangerait de leur côté. Déçus, ils ameutèrent le peuple contre lui et, parce qu’il semblait

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