P. L. CXLVI, i3qg et
SAINT PIERRE DAMIEN
Tout pénétré qu’il est de la Sainte Écriture, le cardinal d’Ostie n’en est pas un commentateur ex professo. Ce n’est qu’à l’occasion qu’il l’interprète et c’est toujours uniquement, comme d’ailleurs ses contemporains, dans le sens allégorique littéral.
Un de ses disoiples anonymes a pris la peine d’extraire de ses lettres et de ses sermons, les nombreux passages commentés de l’Ancien Testament et en a formé un recueil intéressant qu’il a dédié à son neveu Damien, abbé du monastère de Nonantule et cardinal1. Le même disciple avait fait une semblable compilation pour les livres du Nouveau Testament. Cajetan, le premier éditeur des œuvres de Damien, savait son existence, mais elle avait échappé à ses recherches. Plus heureux, le cardinal Maï l’a retrouvée au xixe siècle dans deux manuscrits de la Vaticane*.
Théologien remarquable, notre saint fut aussi un maître en ascétisme. Plus encore qu’un lutteur, en effet, il était par tempérament un contemplatif. Si c’est plus spécialement dans ses Sermons qu’il se révéle tel, il n’est pas difficile de découvrir aussi ce côté de son génie dans ses autres écrits. Il a même condensé sa doctrine sur la contemplation et la vie parfaite dans son opuscule intitulé : De la perfection des moines 3. Là comme dans d’autres opuscules il y a des pages de haute spiritualité que prêtres et fidèles auraient grand profit à lire et à méditer.
Comme hagiographe, Damien a écrit outre les vies de saint Romuald, fondateur des Camaldules, de Saint Odilon, abbé de Cluny, de ses propres
i. P. L. CXI.V, 985-1184.
a. Ibid ., 891-910.