‹ St. Vincent de Paul, 1576-1660 [microform]Chapitre 11 sur 21 · VINCENT DE PAUL ET LA MISERE DANS LES PROVINCES · texte numérisé non relu

VINCENT DE PAUL ET LA MISERE DANS LES PROVINCES

Peut-être, au premier moment, ces mois « \incen£ de Paul et la misère dans les provinces » paraîtrontils un peu ambitieux à ceux qui ne connaissent pas dans le détail la vie que nous racontons.

Ils ne sont cependant, malgré leur emphase apparente, que la simple expression de la vérité, et Fou en chercherait vainement d'autres pour peindre exactement le rôle joué dans la société à cette époque par un modeste prêtre, sans aucune ressource personnelle, mais rempli de cet amour de Dieu dans les pauvres et de cette foi en l'assistance divine qui triomphe de tous les obstacles. Pendant plus de vingt ans, Vincent de Paul fut, à la lettre, le pourvoyeur attitré, le grand nourricier des provinces de l'Est ruinées par la guerre, qu'il sauva grâce à d immenses aumônes, distribuées en nature ou en argeut par ses missionnaires.

Puis, pendant et après la Fronde, il remplit le même office à Paris et aux environs, en Champagne et en Picardie. Telle est la vérité des faits, sans exagération, et l'érudition moderne, qui se plait à détruire ce qu'elle appelle avec un dédain souvent trop

affirmatif les vieilles légendes, a opéré cette fois en sens inverse : les recherches récentes sur la fortune publique et l'état des classes inférieures au dixseptième siècle ont remis dans tout son jour la charité vraiment incroyable de « M. Vincent » et fait connaître tout ce qu'il avait su faire, avec une exactitude que le temps, et peut-être aussi un calcul secret, avait un peu voilé. Car sî la science historique a révélé les miracles de la charité de Vincent, elle a montré aussi la profondeur des plaies sociales que la oloire militaire et littéraire, l'éclat d'une société jeune, brillante, enivrée de bruit, de mouvement, aussi éclatante dans ses désordres que dans sa ferveur religieuse, avaient trop rejeté dans l'ombre.

Cette fois encore il nous faudra être très superficiel et renvover le lecteur curieux aux nombreux travaux faits durant ces dernières années sur ce triste sujet. Le plus complet, celui de M. Feillet sur la Misère au temps de la Fronde , bien qu'il soit borné à une période restreinte et que la charité de Vincent de Paul n'ait pas connu de période, est fait avec autant de conscience que d'exactitude, sur les documents orio'inaux. Quoique l'intention évidente de chercher, dans l'exposition des faits, des arguments pour des opinions politiques, enlève quelque chose à la grave impartialité de l'histoire, cet ouvrage suffit amplement à prouver sans réplique et la misère des peuples à cette époque et les inépuisables ressources que dans toutes les classes de la société la religion personnifiée en un de ses plus parfaits représentants sut trouver pour en diminuer les effets. Jamais peut-être la puissance de la foi pour lutter contre les calamités, fruits de la guerre extérieure et de la guerre civile dans un pays encore en

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