ET LA MISERE DANS LES PROVLNCES
i^eait pas assez auprès du roi. Il avait du reste sur le devoir des puissants vis-à-vis des petits des idées très chrétiennes, mais qui n'étaient peut-être pas celles qui régnaient dans l'esprit de Richelieu, ni phis tard de Mazarin.
Son rôle durant la Fronde le fera voir avec une singulière clarté; mais déjà, durant les dernières années du grand cardinal, il ne les cachait pas et il les exprimait tout haut avec la plus entière liberté. Un jour, ne pouvant plus se contenir, il va trouver Richelieu et lui dît a^ec des larmes : « Monseigneur, donnez-nous la paix, ayez pitié de nous, donnez la paix à la France. » Ce qu'il répéta, dit le plus ancien biographe de Vincent de Paul, avec tant de sentiment que le grand cardinal en fut touché, et ayant pris en bonne part sa remontrance, il lui dit qu'il y travaillait et que cette paix ne dépendait pas de lui seul, mais aussi de plusieurs autres personnes, tant du royaume que du dehors. )>
Cette jolie scène, qui mériterait de tenter le pinceau d'un artiste, ne peint-elle pas à merveille les personnages, et ne voit-on pas le terrible homme d'Etat ému malgré lui une fois en sa vie, par la chaleur communicative de celui qui aimait tant les pauvres, parce cju'il aimait tant Jésus-Christ!