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plutôt assommants, » dit Bcetle, contemplant avec sérénité le gouffre qui séparait ses seize ans de sa onzième année. « Mon Dieu, quels tyrans c'étaient : Fairburn, Gobby Maunsell et toute celte bande ! »
o Te rappelles-tu Gobby qui nous appelait les trois souris aveugles et nous faisait monter sur les casiers et chanter pendant qu'il nous jetait des encriers à la tête? » demanda Stalky. « Voilà des types qui s'y entendaient, aux brimades ! »
« Il n'y en a plus maintenant, » dit M' Turk avec tranquillité.
« En voilà, une erreur! Nous sommes tous portés à dire que tout va bien quand on nous laisse tranquilles. Je me demande quelquefois si cela a disparu vraiment, les brimades. »
« Les fags se tyrannisent horriblement entre eux, » ditBeelle, « mais les classes supérieures sont censées passer leur temps à piocher leurs examens. Elles ont à s'occuper d'autre chose. »
« Quoi donc? Quelle estvotre idée? » Stalky scrutait la physionomie de l'aumônier.
ci J'ai des doutes, » dit celui-ci. Puis tout à coup il fît explosion : « Ma parole ! voilà trois garçons pas trop bétes qui sont vraiment observateurs I Vous étiez probablement trop occupés à tourmenter votre directeur pour voir ce qui se passait sous votre nez quand vous étiez dans les salles communes la î dernière. »
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« Quoi donc, Monsieur? je... je vous jure que nous n'avons rien vu, » dit Beetle.
« Alors je vous recommande d'ouvrir les yeux. Quand un petit bonhomme pleurniche dans un coin, a des vêtements qui ressemblent à des guenilles, ne travaille jamais et a la réputation d'être la plus salle petite sentinelle de corridor du collège, il y a sûrement quelque chose qui ne va pas. a
« C'est Clewer, » ditM' Turk à voix basse.
a Oui, c'est Clewer. Je l'ai comme élève pour le français. C'est son premier trimestre et il est déjà presque aussi complètement abruti que vous l'étiez, Beetle. De nature il n'est pas intelligent, mais on a tellement tapé dessus qu'il en est devenu presque idiot. »
« Oh non 1 » répondit Beetle, « on fait semblant de l'être pour éviter les coups. Je connais ça, moi. »
« En fait je n'ai jamais vu personne le battre, » dit le Révérend John.
« Le véritable tyranneau ne fait pas ça en public, » fit observer Beetle. « Fairburn ne m'a jamais touché devant quelqu'un. »
« Pas besoin de faire ton malin, Beetle, » dît M'Turk. « Nous y avons tous passé dans notre temps. »
« Mais moi j'en ai eu plus que tout le monde, » répondit Beetle. Padré, si vous avez besoin de quelqu'un qui fasse autorité en matière de brimades, adressez-vous à moi : le tire-bouchon, l'exercice à
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la brossé, les clefs, là Vrille, leâ bras tordiis, la berceuse, l'ag-ag et tout le reste. »
« Oui, c'est parce que Vous Faites autorité que j'ai besoin de Voits, bù plutôt j'ai besoin de votre autorité, — â vous tous, —pour faire cesser cela, h
h Et Abâhâ et Phârpar, Padrë, — Harrison el Crayé?Ce sont les favoris de M. Proul, » dit M' turk avec un peu d'amertume. « NduS rie sommes" même pas sous-irioniteurs. «
n J'ai pensé à cela, niais d'uti autre côte puisqu'on hè brime que par insouciance... ë
h Pas le inoins dU mondé, Padré, » dit M' Ttirk. « Ceux qui briment aiment brimer. Us y vont de tout cœur. Ils y pensent en classe et s'y exercent pendant les récréations. »
« Tant pis. Si l'on porte l'affaire deVéht lés moniteurs il y aura peut-être Une aiitre histoire dans votre maison. Vous vêtiez d'en avoir Une. Ne riez pas. Ecoutez-moi. Je vous demande, à vous, — ma bonne dixième légion, — de Vous occuper tranquillement de celte affaire. Je voudrais que l J bh fasse du petit Glewerungarçoh à peu près 1 propre et convenable... »
« Le diable m'emporte si je le lavé; rribi ! ii murmura Slalky.
« ...cdttvenâbleet qui[sèrespectelùi-niêmé. Quant à l'autre, quel qu'il sdit, votls pourrez vbus servir de votre influencé))... tiri éclair purement séculier brilla dans" les yeUx de l'aUmÔiiiër, tt.;: pour lui
persuader de cesser, de la manière que vous voudrez. Voilà tout; Je vous eh charge. Bonsoir, mes enfants! »
« Eh bien, qu'allons -nous taire? » Les habitants du n" 5 se regardaient.
« Le jeune Clewer donnerait ua œil pour avoir un endroit où H serait tranquille, » dit Beetle. « Je connais cela. Si nous en faisions lé/ayde notre étude ? »
<t Non 1 » répondit fermement M' Turk. « C'est une sale petite brute et il mettrait loui en désordre. De plus nous n'allons pas nous mettre à faire les Eric, hein? Veux-tu te promener avec lui avec ton bras autour de son cou ? »
« Il pourrait toujours nettoyer les pots à confitures et la casserole brûlée qui nous sert à faire notre porridge.... elle est dégoûtante. »
« Ce n'est p'as ça, >> dit Slàlky, en incitant avec bruit ses talons sur la table ; « si nous trouvons l'aimable individu qui le tyrannise et si nous le rendons heureux à son tour, ça ira bien. Comment se fait-il que nous ne l'ayons pas découvert quand nous étions à l'étude commune? »
« Une bande de/bys s'est peut-être liguée contre Clewer. Ils font ça quelquefois. »
« Alors ilfaudraitdîstribuer au hasard descoups de pîea â tous les petits de la maison.... » dît M' Turk. « Alions-y I »
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« Ne t'excite pas ! faut pas faire de bruit autour de l'affaire, » recommanda Slalky ; « qui que ce soit, il s'est tenu à l'écart, sans cela nous l'aurions vu. Nous allons faire des rondes et sentir le vent jusqu'à ce que nous soyons sûrs. »
Les trois amis parcoururent les études de la maison en recherchant tous les petits et tous les grands qu'ils pouvaient soupçonner; — sur l'avis de Beetle ils visitèrent les lavabosel les chambres de débarras,sans résultat. Tout le monde semblait être là, excepté Clewer.
« Etrange I » dit Stalky, en s'arrêtant à la porte d'une étude. « Bizarre 1 »
A travers les panneaux on entendait le son assourdi d'une petite voix chevrotante, mêlée de larmes :
Comme la belle Kilty un matin trottinait...
a Plus haut, petit idiot, ou je te jette un bouquin à la têlel »
Avec un pot au lait...
« Oh! Campbell, je t'en prie 1 »
à la foire de. ..
Un livre vint frapper quelque chose de mou et des cris aigus s'élevèrent.
« Ma foi, je ne me doutais pas que ce fût un type ayant une étude à lui, » dit Beetle. « C'est pour ça
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que nous ne le trouvions pas. C'est plutôt hasardeux d'avoir affaire à des types comme Seflonet Campbell I Et puis on ne peut pas entrer dans leur étude comme dans une salle commune. »
« Quelles brutes I » M' Turk écoutait. « Qu'y a-t- H de drôle à ça? Je suppose que Glewer leur sert de fag. »
h Au moins ils ne sont pas moniteurs, c'est quelque chose,» dit Stalky, avec un sourire belliqueux, « Sefton et Campbell, hum! Campbell et Seftont Ah 111 y en a un qui vient d'une boîte à concours. »
Ces deux élèves étaient de précoces adolescents hirsutes, âgés de dix-sept à dix-huit ans. Leurs parents les avaient envoyés au collège en désespoir de cause, espérant que six mois d'un chauffage assidu pourraient peut-être les faire entrer à Sandhurst. Us étaient censés faire partie de la maison de M. Prout, mais, en fait, c'était le Principal qui s'occupait d'eux. Comme il avait toujours bien soin de ne pas nommer moniteurs les nouveaux élèves qu'il ne connaissait pas, le couple se considérait comme lésé par le collège. Seflon avait passé trois mois dans une botte à concours de Londres et il ne se faisait pas faute d'exagérer en les racontant les aventures qu'il y avait eues. Campbell l'imitait et regardait le reste du monde du haut de sa grandeur. Il aimait le i vêtements bien coupés et son vocabulaire était étendu. Ces deux personnages n'étaient que dans leur second trimestre et le colis- I ooglc
légé, habitué à ce qu'il appelait irrespectueusement les roquets des buttes û contoa'rs; les traitait avécune réserve plutôt mortifiante. Seuls leurs favoris, — Seftdn possédait un vrai rasoir — et leurs 1 moustaches faisaient un effet réellement sérieux.
« Entrons-nous leur conseiller de finir?» demande M' Turk. « Je n'ai jamais eu grand'chose à faire avec eux, mais je parlerais mon chapeau que Campbell est un capon. »
« Nïtn! Çft c'est l'ûrbtio dirveta^ n dit Stalky en secouant la lêlè. « J'aime Yoratio obliqua. Et puis que fais-tu de notre influence morale? Il faut y penser! »
«Des blagues! qu'est-ce que tu vas faire?» Beetle entra dans la salle commune n» 9) d'en bas, qui se trouvait â côté de l'étude.
« Moi? » des éclairs guerriers passaient dans les yeux de Stalkj; <t Moi, j'ai à leur parier un peu. Taisex-vous un moment !
Il se fourra les mains dans les poches et se mit 5. regarder la mer par la fenêtre en sifflant entre les dents. Puis (in pied Frappa le sol, une épaule se souleva; il tourna et commença sbn double pas, rapide et court, — datise guerrière de Stalky méditant. Trois fois il traversa la pièce vide* .les lèvres serrées, les narines dilatées, eh se balançant en mesure. Puis il s'arrêta devant Beetle resté muet et lui frappa doucement la tête : Beetle s'inclinait à chaque coup; M' TUrk se croisa les jambes et se mit
à se batahcëk Ils pouVaieitt entendre Clewer qtii hurlait comme si son cœur allait se briser.
ft C'est Bëétlê l'hblocàùstë, » pYoribriçà enfin Stalky. ïi Bëëlle,j ; bri suis fâché pour tbl. Të rappel- Ies-tu Vàrï ife voyager, de Gàltbh (une des classes avait éliidié cet agréable buvràgc) et le ClieVrëaU ddtit lés bêlements excitaient le tigre î 8
« Quelle scie! » dit Bëétlb avec inquiétude, Cb ri'étàit paS la prehiierë saison qu'il servait d'Holocauste. « Tu ne peux pas te passer de moi ? s
n J'ai peur que non, Bëbtle Hibil aitll. 11 faut que Turkey et moi nous te brimions. Plus lii hurleras bien entendu et mieux ça vaudra. Turkey, va chiper un bâton de fcrlbkbt bt Unfe corde quelque part: Nous âlldns l'attacher pdiir attirer le gibier... â ta Gallon. Vblis rappëlez-viJùs Molty FâirbuHi quand 11 rtbus faisait faite lé combat de cdqs après nous avoir, enlevé nos souliers et attaché le3 genoux? )>
« Mais çà faisait Un mal abominable t ri
« Bleti sflt. Quel gdrçon intelligent, cb Béelle ! Turkey va te rouler tout autour de ht pièce. Rappelle-lbi qiife nous avohs eu Une bonne dispute et que jb t'ai ahïéhé à faite çà\ Pretb-moi tbn inolichoir. »
Oïl troussa feeetle pour le combat de coqs; puis, outre le bâton qu'oit lui glissa transversalement entré le boudé et lb genoU, On lui Ha les gertoiix avec Une tdrdë. tJâlis cette posture, une poussée de
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Stalky le fit rouler de côté et le couvrit de poussière.
« Dérange ses cheveux, Turkey. Laisse-toi lier aussi maintenant. Les bêlements du chevreau excitent le tigre. Vous êtes tous les deux dans une telle rage contre moi que vous ne faites que jurer. Rappelez-vous ça, Je vais vous exciter avec un bâton. Beetle, il faudra pleurnicher. »
« Très bien. Un moment encore et j'y suis, » dit Beetle.
« Allez-y maintenant et rappelez-vous les bêlements du chevreau. »
« Finissez, espèce de brutes ! laissez-moi me lever ! Vous m'avez presque coupé les jambes. Quels sales voyous vous faites 1 Oh ! finissez, je vous en prie. Ce n'est pas une plaisanterie I » Les protestations de Beetle étaient un chef-d'œuvre comme ton.
« Tape dessus, Turkey! donne-lui des coups de pied t roule-le donc! tue-le! n'aie donc pas peur, Beetle, espèce d'animal. Turkey, redonne-lui des coups de piedl » - ■
« 11 ne pleure pas réellement. Relève-toi, Beetle, ou je te pousse à coups depied dans la cheminée, » hurla M' Turk.
A eux trois ils faisaient un bruit horrible. L'appât attira le gibier qu'ils attendaient.
« Tiens ! qu'est-ce que vous fabriquez là? » Sefton et Campbell virent en entrant Beetle couché sur
le côté, ta tête dans la cheminée, qui pleurait copieusement, tandis que M' Turk le poussait dans le dos du bout du pied.
« Ce n'est que Beetle, » expliqua Stalky. « Il fait semblant d'avoir mal. Je ne peux réussir à faire . marcher Turkcy carrément'. »
Sefton donna aussitôt un coup de pied aux deux combattants; son visage s'éclaira : « Ça va bien, je m'en charge. Voulez-vous vous lever, vous deux - , et continuer le combat de coqs? Passe-moi le bâton. Je m'en vais les chatouiller un peu. En voilà une blaguel Viens donc Campbell, nous allons les cuisiner. » •
M' Turk se retourna vers Stalky et lui adressa les épit hèles les plus matsonnantes.
«Stalky, tu disais que tu ferais aussi le combat de coqs, arrive! »
« Faut-il alors que tu sois bête pour m'avoir cru ! » hurla Stalky.
« Vous avez eu une dispute? » demanda Campbell.
« Une dispute ? » dit Stalky. « Tais-toi donc I je les dresse, voilà tout. Connais-tu quelque chose aux combats de coqs, Seffy ? »
« Si je m'y connais? mais quand j'étais à la boîte de Maclagan, à Londres, nous avions des combats de coqs dans le salon et le petit Maclagan n'osait rien dire. Bien entendu, on nous traitait là en hommes faits. Si je m'yconnaïs? Tu vas voir, »
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l))i StlLkV ET ClO
<t Puls-jé inë lever ? t> géittit Bbellej cbriltne Slalky s'était assis sur sdn fcpautt;.
a Tais-loi, gros fainéant. Tll Vas le batlrt avec Sefry. ».
«Il vaine thcr! »
« Trainons-Ie donti daiis notre étude, » ditCanipbell; « On y est cdnfoftablè et tranquille. Moi je ferai le combat dé coqs avec TUrkey. TbUt ça vaut mieux que Ië jfeUtlfe Ciêtt-er. i>
« Ça va, »i criajbJeUsemerttSeftdrt. « Je propose de leur enlever leurs soUliefs et de garder les" hôlrcs. » On jeta lïeelle et M' TUrk Sbr le plancher de F élude. Stalky les roula derrière Un fauteuil;
« Maintenant; jevaisvodsatt&cher tous lés delix,» dit-il( « Je dirigerai la course de taureaux. Mazelle ! lu en as des poignets, 9effy. Ils sont trop gros pour uti mouchoir. Tu n'as pas une corde? »
<( 11 y en a des tas dans le coin, » répondit Seftotti « Dépêche-toi. Beetle, cesse de pleurnicher, espèce de brute 1 nous allons avoir une belle bataille. Les vaincus devront chaUter pdur les vainqueurs!.. . chanter dés odes en l'honneur du conquérauii Tu es un sale poète, heiii, lieetle? je m'en vais te poétiser. >t En se tortillant il se tnit en position à côté de Campbell.
Stalky fixa rapidement et savamment les" bâtons entré les bras et les genoux des combattants et leur attacha aussi lés poignets solidement avec
des cordes, pendant que M'Tiirk; lié et trahi, l'injuriait avec volubilité Be derrière le fauteuil.
Stalky plaça dé côté Campbell et Seflun et se dirigea vers ses alliés' ; en passant il ferma la porté à clef.
tt Tdtit va bien, >S dit-il d'une vbïx changée.
'à Que diable..... ? » ctfmméHça Seftori. Les" fausses lâi-ities de Béëllë avdieht cesse dfe couler, M' Turk, sbùflaiit, était slir pied. Ensemble ils resserrèrent encore les cordés qui liaient les genbùi et lès chevilles dé leurs ennemis;
Stàlky prit le fauteuil et cbntenipla la scène avec son âtiuHrd le plus doux-. L'hoinriie troussé pour le combat de cdqs ësl peut-élfe l'individu le plU3 impuissant qui sbit ail iiibndë.
« Les bêlements de l'agneau excitent te ti$Pi: Ohl quels ânes" vbUS faites! » SUlky se rejeta en arrière et rit jusqu'à be qu'il n'en put plus. Les victimes iië comprirent que lëhlelherit quelle était la sltUatibri.
Steftort, gisant à terre, Se mit a tbtiner : «Quand nous nous lèverons; ribUB vous dbhtierdns la plus belle vbléë que vdtis aurez jamais rëijûc dans Votre jeune vie! vdUS rlfez d'autre façdti avant d'être au bout. Par tous les diables que signifie ceci î )i
« TU tas le voir tout dé suite, » dit M' Turk. « Ne jure paë cdhlmë cela. Ce que ïtuUs voulons savoir c'est pdurqudl Vous avëi brimé GleWer,vous deux, grands salauds que Vous 6 test «
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« Ça ne vous regarde pas .»
« Pourquoi avez-vous brimé Clewer? »
Les trois alliés répétèrent celte question chacun à son tour, la réitérant d'une façon exaspérante. Ils savaient ce qu'ils faisaient.
« Parce que ça nous a plu, » fut la réponse qui vint enfin. « Laissez-nous nous lever. » Même à ce moment Campbell et Sefton ne se rendaient pas compte du dessein de Stalky et de ses amis.
« Eh bien, nous allons vous brimer maintenant parce que ça nous plaît. Nous serons exactement aussi justes envers vous que vous l'avez été envers Clewer. Il ne pouvait rien vous faire. Vous ne pouvez rien nous faire. C'est drôle, n'est-ce pas? »
«Nous ne pouvons rien? attendez un peu, vous verrez. »
« Ah I » dit Beetle d'une voix pensive, « voilà qui prouve qu'on ne vous a jamais convenablement dressés. Une correction publique n'est rien à côté d'une petite séance de brimades. Je vous parie vingt-cinq sous que vous pleurerez et que vous promettrez tout ce que nous voudrons. »
« Ecoute, jeune Beetle; une fois debout, nous te tuerons à moitié. Je peux te promettre ça en tout cas. »
« En attendant, c'est vous qui allez être à moitié tués. Avez-vous donné la vrille à Clewer? »
« Avez-vous donné la vrille à Clewer? » répéta M' Turk en écho. Pas un jeune garçon ne peut
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supporter la torture d'une question unique qui ne change pas — c'est là le fond de l'art de brimer; à la vingtième répétilion vint l'aveu.
« Oui, que le diable vous emporte 1 s
« Alors vous aurez la vrille, » et ils eurent la vrille conformément à la vieille expérience acquise. La vrille ce n'est pas une bagatelle. Molly Fair~ burn d'autrefois n'aurait pu faire mieux.
« Avez-vous fait faire à Clewer l'exercice à la brosse? »
Cette fois on répondit plus loi et l'exercice à ia brosse dura cinq minutes, d'après la montre de Stalky. Les patients ne pouvaient même pas se tordre dans leurs liens. On ne se sert pas de brosse dans l'exercice à la brosse.
« Avez-vous fait passer Clewer à la clef? »
« Non, non. Je jure que non ! » Campbell se roulait dans sa douleur.
« Alors, nous allons vous y faire passer pour que vous puissiez voir ce que cela aurait été si vous l'aviez fait. »
La torture de laclef, — pour laquelle on ne sesert pas du toutde clef, — fait excessivement mal. Les victimes la subirent pendant plusieurs minutes et leur langage nécessita le bâillon.
« Avez-vous fait passer Clewer aux tire-bouchons ? »
« Oui. Oh! que le diable vous emporte, espèce
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I<}G STALKY ET ClS
d'idiûls! laissez-bb'us tranquilles, voyodà que vous êles! »
On les passa aux lire-Bouchons, et la torture des lire-bouchons, — les tîre-bouchons n'ont rien à y voir, — est plus intense que la lôrlUre dé là clef.
La méthode des attaques, lé silence dans lequel elles se faisaient, brisaient le courage des patients. Avant chaque torture nouvelle venait l'averse des questions, impitoyable, étourdissante; et quand ils ne répondaient pas exactement, on leur fourrait dans la bouche des mouchoirs couleur Isabelle:
« Voyons, c'est bien là tout ce que vous avez fait à Clewer? Turkey, ôle-leur le bâillon et laisseles répondre. »
o Oui, je jure que c'est tout. Oh ! lu nous tues, Slalky ! » cria Campbell.
« Voilà justement ce que Glewer vous disait. Je l'ai entendu. Maintenant nous allons vous montrer ce que sont de vraies brimades. Ce que je n'aime pas chez toi, Seîton, c'est que tu arrives au collège avec ton col droit et tes bollines vernies en pensant que lu es capable denous apprendre quelque chose eh fait de brimades. Voyons, crois-tu que tu es capable de nous apprendre quelque cliose en fait de brimadésîEulevez le bâillon et làissez-lé répondre. »
h Non I » d'une voix furieuse.
« Il dit que non. Bérçûhs-lë. Campbell peut regarder. »
Il faut dëùxgaiits de boxe et trois garçons pour
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en bercer Un quatrième. Encore une fois l'opération n'a aucun rapport avec le nom qu'elle porte. On berça SeftOrt jusqu'à ce que ses yeux se fussent enfoncés dans leurs orbites et qu'il râlât en haletant ; il avait le vertige et lé cceur lui tournait.
a Bon Dieu t » dit Campbell, épouvanté dans son coin et devenant blême.
« Enlevez-le; » ordonna Stalky. « Amenez Campbell. Allons, voilà ce que j'appelle des brimades. Ah! j'oubliais. Dis-moi, Campbell, pourquoi as-tu briméClewer ? Enlévez-son bâillon et qu'il réponde. »
« Je... je n'en Sais rien. Oht laissez-moi! je jure que je ne vous ferai rien. Ne mé bercez pas. »
« Les bêlements du chevreau excitent le tigre. — Il dit qu'il n'en sait rien. Place-le droit, Beetle. Passe-moi le gant et mets le bâillon. »
Campbell fut bercé en silence soixante-quatre lois,
« Je crois que je vais mourir ! » dit-il à moitié suffoqué.
« II dit qU'il va mourir. Enlevéz-le. A Sefton. Oh I j'oubliais ! Settêri, pourquoi as-tii brimé. Clevver î »
La réponse ne jieut être imprimée, mais elle ne fit pas rougir le moins du monde la joue couverte de duvet de Stalky,
<i Turkey, fais-en uriAg-Ag. »
Immédiatement on en fit tlri Ag-Ag. Il avait à sa disposition l'expérience chèrement achetée depres-