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une sentinelle devant la porte et se mettent à faire l'exercice comme des enragés, h
« Mais pourquoi faire ? » demanda l'ancien maréchal-des-logis-chef.
« Pour apprendre la manœuvre. Vous n'avez jamais rien vu de pareil. Ils s'y niellent quand mon heure est finie. — lis ont des inventions étonnantes, mais, quant à sortir, rien au monde ne peut les y décider. Tout ça est absurde. Pour moi, quand on est volontaire, il faut être volontaire, au lieu de se barricader derrière une porte. »
« Et qu'en dit l'administration? »
« Voilà encore ce que je ne comprends pas, »
dille sergent, non sans aigreur. «Je m'en vais chez le Principal, et il ne veut pas m'aider. Il y a des moments où je crois qu'il se fiche de moi. Je n'ai jamais été sergent de volontaires, Dieu merci! mais j'ai toujours eu la charité de plaindre ceux qui l'étaient... j'en suis content maintenant, a
« Je voudrais les voir, » dit Keyte, « car, malgré ce que vous me dites, je ne comprends pas ce qu'ils veulent. »
« Je n'y puis rien, chefl Demandez à ce jeune Corkran qui est plein de taches de rousseur. C'est lui leur généralissime. »
On ne refuse rien à un soldat de Sobraon, au seul pâtissier établi en deçà des limites permises. On invita donc Keyte qui arriva en s'appuyant sur
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SULKY ET G>* 269
sa canne, tremblant de vieillesse : il s'assit dans un coin et s'apprêta à regarder.
« L'ensemble est bon. L'ensemble est vraiment bon, » murmurait-il entre les évolutions.
« Ce n'est pas là ce qu'ils veulent. Vous verrez quand je les laisserai aller. »
Quand arriva la pause, le peloton resta aligné. Përowne sortit du rang, fit face à ses camarades, et, s'aidant do temps en temps d'un petit livre rouge, au fermoir en métal, commanda la manœuvre pendant dix minutes. (C'est ce Pérowne-là qui fut tué dans l'Afrique équatoriale par ses hommes.)
Ansell lui succéda, et Hogan vint ensuite. Tous les trois furent passivement obéis.
Puis Stalky déposa son Snider et, reprenant baleine, se répandit en invectives à l'adresse du peloton.
'< Halte-là, M'sieu Corkran, » lui cria Renardeau. « Ce n'est pas dans la théorie, çal »
« N'importe, sergent. On ne sait jamais ce qu'on aura à dire à ses hommes. — Pour l'amour de Dieu, lâchez de vous tenir droits, sans vous appuyer les uns sur les autres, espèces de bécasses de gouttière, avec vos yeux chassieux, et vos ventres de harengs I Ça ne m'amuse pas de vous dresser. On aurait dû faire ça avant de vous envoyer ici. — Allez donc porter un manche à balai dans la milice I »
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h C'est ça ! C'est bien ça I Nous en savons quelque chose, nous autres, « dit Keyte en essuyant ses yeux humides. « Mais qui donc lui a appris tout ça?»
« Son père peut-être... ou bien son oncle. Je n'en sais rien. La moitié d'entre eux doit être n£e à deux pas d'une caserne. » (Renardeau ne se trompait pas de beaucoup.) « Depuis que ces bêtises de volontaires ont commencé, j'ai entendu plus d'injures que pendant une année de régiment, u
« Voilà un homme au second rang qui a l'air d'avoir mis son ventre au clou. Oui, c'est vous, soldat Anscll. » Pendant trois minutes, Stalky cingla le malheureux de ses invectives, en gros et , en détail.
« Tiens ! » dit Stalky en reprenant son ton ordinaire. « Touché I Ansell,lu as rougi, tu as bougé! »
« Pas pu m'empêcher de rougir, » répondit Ansell, « je ne crois pas avoir bougé pourtant. »
« Enfin, à toi maintenant. » Stalky reprit sa place dans le rang.
h Seigneur t on se croirait à la comédie, » dit Keyte en riant; il suivait la scène avec attention.
Anscll avait., lui aussi, la chance d'avoir des parents dans l'armée. Lentement, d'une voix traînante, — sa manière était plus réfléchie que celle de Stalky, — il descendit jusqu'aux personnalités extrêmes.
« Touché I » s'écria-t-il triomphalement. « Tu n'as :
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pas pu y tenir plus que moi. » Stalky était tout rouge et l'on voyait son snider trembler entre ses doigts.
« Je croyais que je résisterais, » répondit-il en cherchant à se remettre, « mais j'ai bientôt perdu tout mon sang-froid. C'est drôle, pas vrai ? »
« Voilàqui est bon pour le caractère,)» dit Hogan, un garçon un peu lourd, pendant qu'on replaçait les armes au râtelier.
a A-t-on jamais vul » demanda Renardeau à Keyte d'un ton navré.
« Je ne connais pas grand' chose aux volontaires, mais je n'ai jamais rien vu de plus drôle que cette affaire-là. Je vois où ils veulent arriver. Mon Dieu! combien de fois ai-je été aligné et attrapé dans mon jeune temps 1 L'ensemble est bon, extrêmement bon. »
« Si je pouvais les faire sortir, chef, j'en ferais ce que je voudrais. Ils changeront de ton peutêtre quand leurs uniformes arriveront. »
En effet, il était temps que les volontaires fissent quelques concessions à la curiosité de leurs camarades. Trois fois déjà la sentinelle avait été maltraitée et trois fois les volontaires avaient puni l'agresseur conformément aux lois militaires. Le collège enrageait. — Pourquoi donc , se demandait-on, un corps de volontaires, si personne ne peut les voir? M. King félicitait les élèves de leurs défenseurs invisibles, et ils n'avaient rien à