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répondre à ses sarcasmes. Renardeau devenait maussade et impatient. Quelques volontaires émettaient ouvertement des doutes sur la sagesse de leur conduite, et la question des uniformes se dessinait à l'horizon. Si onleur en donnait, ils seraient forcés de les porter. Mais comme il arrive si souvent en ce monde, la question se trouva résolue tout à coup en dehors d'eux.
Le Principal avait fait savoir aux membres du Conseil que leur décision avait été exécutée et que, d'après ce qu'on lui disait, les élèves apprenaient à manœuvrer.
Il ne dit rien des conditions auxquelles les volontaires avaient consenti à s'enrôler. Comme de juste, le général Collinson fut ravi, et raconta la chose à ses connaissances. L'une d'elles avait un ami à lui, membre du Parlement, homme intelligent, plein de zèle, patriote avant tout, et qui cherchait toujours à faire le plus de bien qu'il pouvait dans le moins de temps possible. Hélas! peut-on répondre des amis de ses amis ? Si l'ami de Collinson avait présenté le membre du Parlement au général, celui-ci aurait pris sa mesure et évité ainsi bien des histoires. Mais l'ami se contenta de parler de «on ami, et le portrait qu'il en fit au général Collinson ne fut pas exact, car il n'y a pas deux personnes au mondequi voient les choses du même œil. D'autrepart c'était un membre du Parlementait Co«s«rvateurimpeccaî)le,«tle général avait le respect
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inné du soldat anglais pour les membres de (a Cour suprême. Le député s'enallaitjuslemenldansl'ouest porter la lumière dans quelque circonscription arriérée. — Ne ferait-il pas bien, disait l'ami, d'aller, présenté par le général, dire quelques mots aux élèves du collège, en prenantpour sujet l'admirable corps devolontaires qui venait d'être fondé. « Leur causer un peu, hein? Vous savez ce qui leur plairait; c'est bien l'homme qu'il faut. H saura ne faire comprendre d'eux, vous pouver y compter. »
eOnne ïeurparlail pas beaucoup, démon temps,» répondit le général, qui se méfiait.
* Les temps sont changés... l'instruction s'est répandue, el ainsi de suite Les enfants d'aujourd'hui seront les homn*es de demain. A cet âge les impressions soïït souvent durables. Et comme nous voyons de nos jours le pays courir à sa ruine... »
« C'esl bien vrait «répondit l'autre. — M. Gladstone venait de commencer un ministère de cinq ans, et ses premiers actes avaient déjà déplu au général. I! promit donc d'écrire au Principal, car les enfants d'aujourd'hui seront sans contredit les hommes de demain; — c'était même très bien dit, à son sens.
Le Principal répondit qu'il serait heureux de recevoir M. Raymond Martin, membre du Parlement, dont il avait tantentendu parler; qu'il serait heureux de lui offrir l'hospitalité pour une nuit et de l'autoriser à parler sut le sujet qui lui plairait.
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Si M. Martin n'avait jamais eu d'auditoire composé de jeunes Anglais de cette classe, il trouverai! sûrement là l'occasion de tenter une expérience intéressante.
« Quant à cela, je ne crois pas me tromper beaucoup, » dit le Principal en confidence au Révérend John. « Auriez-vous par hasard entendu parler du nommé Raymond Martin ? »
« J'ai connu à l'Université un étudiant qui s'appelait ainsi, a répondit l'aumônier. « Si je me souviens bien, il était sans idées et sans talents, mais très convaincu. »
« Il doit faire une conférence ici, samedi prochain, sur le Patriotisme.
« S'il est une chose au monde que nos élèves détestent par-dessus tout, c'est de se voir privés de leur samedi soir. Le patriotisme n'est rien à côté de leur petite cuisine. »
<( L'art non plus, s répondit le Principal avec un regard malicieux. « Vous rappelez-vous la soirée: une heure chez Shakespeare... et le comique mondain à la lanterne magique? »
« Qu'est-ce donc que ce Raymond Martin, membre duParlement? » demanda Beetle, après avoir lu l'avis affiché dans le corridor. « Pourquoi ces animaux-là s'amènent-ils toujours un samedi soir? »
« Ah! Rouméo! Rouméo! Pourquoi es-tu Rouméo ? » dit M'Turk, lisant par-dessus l'épaule de
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Beetle, en imitant l'artiste entendue six mois auparavant. « Espérons toujours qu'il sera moins mauvais qu'elle. Dis donc, Stalky, tu es bon patriote, n'est-ce pas? Sans ça voilà un type qui saura te le faire devenir. »
« Espérons que ça ne durera pas toute la soirée. Je suppose qu'il faudra écouter ce Martin ! »
« Pas de danger que je le rate moi I » dit M'Turk. « Beaucoup de types ont trouvé la bonite femme ennuyeuse avec son Rouméo I Rouméo ! Moi pas. Elle m'a fait plaisir. Vous vous rappelez quand elle a été prise de hoquets au milieu de la tirade. Martin aura peut-être des hoquets. Le premier arrivé au gym retiendra des places pour les deux autres.»
Bien des yeux épièrent l'arrivée de M, Raymond Martin, membre du Parlement, chez le Principal. Loin d'être intimidé, le nouveau venu avait l'air vif et de bonne humeur.
« II ressemble un peu à un débardeur, » remarqua M'Turk. « Ce serait un radical que cela ne m'étonnerait pas. Il s'est attrapé avec le cocher en le payant. Je l'ai entendu. »
« C'était son beau patriotisme qui faisait des siennes, » expliqua Beetle.
Après le thé, nos amis se ruèrent avec 'les aulre à l'assaut des places, s'empare rent d'un petit coin tranquille, et se mirent à critiquer. Tous les becs
de gaz étaient allumés. Sur la petite estrade, tout au fond, on voyait la chaire du Principal. C'était là que M. Martin devait prononcer son discours. Il y avait aussi une rangée de cliaises pour les .maîtres.
Renardeau entra, l'air digne, et vint placercontre le bureau un objet qui ressemblait à un morceau d'étoffe enroulé sur un bâton. Aucune des autorités n'étant encore arrivée, les élèves applaudirent en poussant des cris variés : « Qu'est-ce que c'est, Renardeau ? Vous avez chipé le riflard du Monsieur... Pas besoin de vergesl ici on ne connaît que les coups de canne ! Enlevez cette babiole ! Numérotez-vous I » et ainsi de suite. L'entrée du Principal et des maîtres mit fin à ces démonstra- : tions.
« Heureusement que les maîtres détestent ces ; conférences autant que nous. Regarde King qui se tortille pour éviter le courant d'air. »
« Mais où est donc ce Martin Raymondifère ?
L'exactitude, mes chers amis, est l'image de la guerre. . . n
« Ferme ça! voici le Duc. Mazette ! il en a un gésier !»
M. Martin était en habit, ce qui faisait ressortir l'ampleur de sa gorge. C'était un homme grand, à la large carrure, au teint blanc et rose. Beelle cependant aurait pu être plus poli.
« Regarde-moi eon dos. Le voilà qui cause avec
le Principal. Il est rudement mal élevé. On ne tourne pas le dos à son auditoire comme ça. C'est un. Philistin... un Jébusien... un Hîvien... » dit M'Turkavec une moue de dédain, en se rejetant en arrière.
En quelques mots assez ternes, le Principal présenta l'orateur, puis il se rassit au milieu des applaudissements. On applaudit naturellementbien davantage lorsqu'on s'aperçut que M. Martin croyait que cette ovation s'adressait à lui. Quelques minutes se passèrent avant qu'il pût commencer. Il ne connaissait rien du collège, ni ses annales, ni ses traditions. Il ignorait que, d'après le dernier recensement, huit pour cent des élèves étaient nés au loin... dans les camps, dans les cantonnements ou en pleine mer; il ne savait pas que soixantequinze pour cent d'entre eux étaient fils d'officiers des armées de terre ou de mer : des Willoughby, des Paulet, des de Castro, des Mayne ou des Randall,— qui espéraient tous suivre la même carrière que leurs pères. Le Principal aurait dû lui expliquer cela, et bien d'autres choses encore; mais après avoir passé une heure à table avec le député, il s'était décidé à ne rien dire. M. Raymond Martin avait l'air fort bien informé déjà.
« Eh bien, mes amis, » commença-t-il d'une voix criarde, aigre et traînante qui, sans qu'ils en eussent conscience, donna sur les nerfs à tous ses jeunes auditeurs. — On savait sans doute pourquoi
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il était venu? 11 n'avait pas souvent l'occasion de parler devant des collégiens. Certaines gens pensaient que les collégiens étaient des drôles de corps, mais, quant à lui, il supposait qu'ils devaient ressembler assez à ceux qu'il avait connus dans sa jeunesse.
« Cet homme, » dit M'Turk avec conviction, « est le pourceau de Gadarénie lui-même. »
L'orateur continuait. : — Ses auditeurs devaîentse rappeler qu'ils ne seraient pas toujours des enfants, car les enfants d'aujourd'hui étaient les hommes de demain et des hommes de demain dépendait la grandeur de leur glorieuse patrie.
« Si cela continuej mes bien chers, » dit Stalky, « je vais me voir obligé de chahuter cet individu. » Il aspira longuement l'air par les narines.
« Impossible,» répondit M'Turk. « Il nous donne son Roméo gratis. »
— llsdevaient donc, disaitle conférencier, penser aux devoirs et aux responsabilités delà vie qui s'ouvrait devant eux. La vie n'était pas faite seulement pour s'amuser... Ici il énuméra quelques jeux, et pour bien achever de se couler aussi complètement que possible, il parla de billes. <c Oui, » s'écria-t-il, « dans la vie, il y a autre chose que des billes 1 » Un tressaillement d'horreur courut le long des bancs : les plus jeunes crièrent presque leur indignation. Cet homme étaitun païen. ..un réprouvé... qui avait passé toutes les bornes... qui s'était
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damné aux yeux des hommes! Stalky laissa tomber sa tête entre ses mains. M' Turk, l'air joyeux et content, paraissait suspendu aux lèvres de l'orateur, tandis que Beetle opinait gravement du bonnet.
L'orateur continuait : — quelques-uns de ses jeunes amis espéraient sans doute avoir plus tard l'honneur de porter l'épée et de servir la Reine. Etant lui-même major dans un régiment de volontaires, il avait quelque expérience des devoirs de l'officier et il était heureux d'apprendre qu'on avait fondé au collège un corps de volontaires. Une telle institution ferait naître un esprit louable et salutaire qui serait, si on l'encourageait, 1res utile au pays qu'ils aimaient et auquel ils élaient si fiers d'appartenir. Quelques-uns des jeunes gens qui l'écoutaient s'i tendaientsans doute à conduire un jour leurs hommes sous les balles des ennemis de l'Angleterre, ildirait même que quelques-uns d'entre eux attendaient avec impatience le moment où, dans tout l'orgueil de leur jeune virilité, ils affronteraient la morj sur le champ de bataille I
La pudeur d'un adolescent est cependant dix fois plus grande que celle d'une vierge, que la nature aveugle n'a formée que dans une intention unique, tandis qu'elle a formé l'homme pour plusieurs fins. D'une main vigoureuse et brutale, le député arracha tous ces voiles, et, emporté par son éloquence, les fpula aux pieds avec les meilleures intentions du I ooglc
monde. D'une voix rauque il clama les petits secrets de ces enfants, leurs espoirs et leurs rêves d'honneur et de gloire; ces choses dont les adolescents ne parlent même pas à leurs amis lesplusintimes.il ne paraissait pas se douter qu'avant son discours ses auditeurs avaient pu penser à ces espérances d'avenir.
Il leur montra des buts éclatants, mais d'un doigt qui en ternissait toute la splendeur. Par ses cris et ses gestes, il profana les replis les plus secrets de leurs âmes. Il exhorta ses auditeurs, d'une façon qui les fit rougir jusqu'aux oreilles, a se rappeler les hauts faits de leurs pères.— Quelques-uns, dit-if, d'une voix qui semblait déchirer le silence glacial, avaient perdu des parents tombés pour la patrie. (Maints d'entre eux virent alors, suspendue au mur d'un corridor ou d'une salle à manger, la vieille épée qu'ils allaient admirer et toucher du doigt à la dérobée depuis qu'ils pouvaient marcher.) Il les adjura d'imiter ces exemples glorieux, et ses auditeurs, dans leur gêne extrême, ne savaient plus où tourner leurs regards.
Us étaient trop jeunes pour se faire une notion exacte de ce qu'ils ressentaient, mais ils étaient furieux de se sentir ainsi outragés par un gros homme qui trouvait que c'était un jeu que déjouer aux billes.
Il arriva ainsi à sa péroraison — il s'en servit d'ailleurs plus tard avec le plus grand succès dans
une réunion électorale — tandis qu'ils restaient là, rougissants, gênés, absolument écœurés. Après bien des paroles, il mît enfin une main sur sa poitrine et de l'autre s'empara du bâton roulé dans un morceau d'étoffe. — Le voilà, le symbole matériel de la patrie, auquel ils devaient l'hommage et le respect. Que personne ne regarde ce drapeau sans se promettre d'ajouter quelque nouvel éclat à sa gloire impérissable! Il le déploya devant eux: c'était un grand Union Jack en calicot, aux trois couleurs criardes; il attendit le tonnerre d'applaudissements qui devait couronner ses efforts.
Les auditeurs regardèrent en silence. Ils avaient sûrement déjà vu cette chose-là... au poste des gardes-côtes, là-bas : ils avaient vu à travers un télescope ce drapeau en berne quand un brick était venu s'échouer sur la plage de Braunton. Ils l'avaient vu flotter au-dessus du club de golf et on l'apercevait à la devanture de Keyle, reproduit sur certaines boites- de bonbons bariolés. Mais au Collège on n'arborait jamais le drapeau ; on ne le mêlait point à la vie des élèves ; le Principal n'en avait jamais parlé; leurs pères ne leur avaient pas appris à le vénérer. C'était une chose cachée, sainte et mystérieuse. Par tout ce qu'il y a de grotesque, que voulait doue cet individu qui agitait cette horreur devant leurs yeux? Une idée ! sans doute il était ivre.
Le Principal sauva la situation. Il se leva vive;-
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ment pour proposer un vote de remerciements.
Dès ses premiers mots, les élèves, se sentant délivrés d'un fardeau, applaudirent avec fureur.
« Je suis sûr, » dit il en terminant, le visage en pleine lumière sous le bec de gaz, « que vous vous joindrez tous à moi pour remercier très cordialement M. Raymond Martin de la conférence si agréable qu'il vient de nous faire. »
Nous ne saurons jamais exactement ce qui se passa en ce moment. Au dire des assistants, le Principal cligna une fois de l'œil, ouvertement et avec gravité, après le mot « agréable »>; l'intéressé déclare cependant n'avoir jamais rien fait de pareil, à moins toutefois qu'un grain de poussière n'ait pénétré à cet instant sous sa paupière.
M. Raymond Martin fut convenablement applaudi. H dit plus tard : « Sans vanité, je crois que mes paroles leur sont allées au cœur. Je ne me serais jamais attendu à voir des collégiens applaudir comme cela. »
Comme il s'en allait, la cloche sonna la prière et les élèves s'alignèrent le long du mur. Le drapeau déployé se trouvait toujours sur le bureau et Renardeau, que l'éloquence de M. Martin avait profondément touché, le regardait avec fierté. Le Principal et les maîtres, qui se tenaient au fond de l'estrade, ne pouvaient voir cette horreur: un moniteur sortit du rang, roula vivementle drapeau elle jeta non moins vivement dans un casier à fleurets.
Comme s'il eût louché un ressort, un long murmure de satisfaction s'éleva, suivi tout aussitôt de multiples salves d'applaudissements.
Dans les dortoirs on parla de la conférence. Tout le monde fut du même avis. M. Raymond Martin sans aucun doute était né dans le ruisseau et avait été élevé dans une école communale où l'on jouait aux billes. C'était en outre (j'en passe et des meilleures) un Voyou aux chairs flasques, un Saligaud outré, an Porte-drapeau au ventre tremblant comme une grêlée (cette dernière injure était de Stalky) et bien d'autres choses encore qu'il ne serait pas convenable de rappeler ici.
Le lundi suivant, les volontaires se mirent en rangs, tristement, l'air honteux. Même alors on eût peut-être doublé le cap si personne n'avait été assez imprudent pour rompre le silence.
Mais Renardeau parla ; « Après le beau discours d' avant-hier, j'espère que vous allez vous mettre à faire l'exercice avec un nouveau zèle. Maintenant vous ne pourrez plusrefuser d'aller manœuvrer dehors. »
« Alors il n'y a pas moyen d'éviter ça ? » demanda Stalky, d'une voix doucereuse qui aurait dû avertir le sergent,
« Ah non I quand M. Martin a eu la générosité de vous donner le Drapeau. 11 m'a dit, avant de partir ce matin, que Jes volontaires pourraient, s'ils voulaient, le considérer comme le leur. C'est un beau drapeau. »
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a84 «TÀLIÏ bt c'«
Sans dire un mot, Stalky quitta le rang et remit son fusil au râtelier. Hogan etÀnsell imitèrent son exemple.
Pérowne hésitait. « Voyons, ne devrions-nous pas...? » commença-t-il.
« Je vais le sortir tout de suite du casier, » dît le sergent qui leur tournait le dos. a Nous pourrons alors... »
« Venez donc, » cria Stalky. « Que diable attendez-vous? Rompez les rangs I Allez-vous-en! »
« Comment...? quoi...? »
Le bruitdes sniders.jetés violemment au râtelier, couvrit sa voix ; l'un après l'autre, tous les volontaires avaient quitté le rang.
« Je. . . je crois que je serai forcé de prévenir le Principal, » bégaya Renardeau.
« Prévenez le, N. de D. ! » lui cria Stalky, pâle comme la mort. Il s'enfuit.
u Voilà une drôle d'histoire ! » dit Réelle à M'Turk. « J'étais dans notre étude en train de faire un poème tout simplement exquis sur le portedrapeau au ventre tremblant comme une gelée quand Stalky est entré. Je lui dis: «Tiens, te voilà, » et il se mit à jurer comme un charretier, puis il éclata en sanglots. 11 hurlait, la tète sur la table. Ne faudrait-il pas voir ce qu'il y a? »
M'Turk s'inquiéta. « Il s'est peut-être démoli quelque chose ? »
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Les deux camarades trouvèrent leur ami, les yeux brillants, en train de siffler entre les dents.
a Je t'ai attrapé, hein, Beetle ? Je savais bien que ça prendrait. C'était bien trouvé, n'est-ce pas? Tu as cru que je pleurais pour de bon. J'ai bien joué, pas vrai? Quel vieil âne engraissé tu fais t » et il se mit à lui tirer les oreilles et les joues; au collège on appelait ça « traire » .
« Je sais bien que tu pleurais, » répondit tranquillement Beetle. « Pourquoi n'es-tu pas à l'exercice? «
« L'exercice? Quel exercice? »
« Ne fais donc pas le malin ; l'exercice augym. »
« Il n'y en a plus. Le bataillon de volontaires est dissous. . . disloqué. .. mort. . . en putréfaction . . . nauséabond... infect... Et si tu continues à me regarder comme cela, Beetle, je vais te démolir toi
aussi A ti! oui, j'oubliais, je vais être signalé au
Principal pour avoir juré. »
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