I-ie garde passa tout à coup à côté d'eux en courant
» Nom d'un nom ! qui donc qu'il y a au fond du creux?»demanda-t-il.« Monsieur va être furieux, a
« Sans doute des braconniers, » répondit Stalky dans le large patois du Devonshire que les trois garçons parlaient dans leurs expéditions.
« Je m'en vais te leur apprendre à braconner 1 » dit le garde en sautant dans l'espèce d'entonnoir que formait le ravin et qui se remplit aussitôt de rumeurs variées. On distinguait la voix de King qui hurlait : « Allez, sergent ! laissez cet homme tranquille, Monsieur 1 11 exécute mes ordres . »
(i Et qui donc que t'es pour donner des ordres, la barbe rouge? Vous, venez avec moi chez le propriétaire. Sortez du fourré! » (ces paroles s'adressaient au sergent). « Oui, ma foi, je crois bien que je les connaisles collégiens que vous cherchez. Ils ont de longues oreilles et des ventres doublés de four-
rure, et vous les mettez dans vos poches après les avoir tués. Venez parlera Monsieur! Il va vous en donner des collégiens, n'ayez crainte! Restez de l'autre côté de la barrière, vous autres, e
ci Expliquez la chose au propriétaire. Vous savez vous expliquer, sergent, » cria King. Le sergent s'était évidemment rendu à l'autorité.
Beetle, couché sur l'herbe derrière la loge, mordait littéralement la terre dans le paroxysme de sa joie.
Stalky le mit debout à coups de pied. Rien ne marquait la gaieté chez Stalky ou M'Turk, sinon quelques contractions des muscles de la face.
Les collégiens frappèrent à la porte de la loge où ils étaient toujours les bienvenus.
« Entrez donc et asseyez-vous. mes enfants,» leur dit la bonne femme, « ils ne feront pas de mal à mon homme, allez! c'est lui qui leur apprendra à braconner, attendez un peu ! Voilà des fraises toutes fraîches et de la crème. Nous autres gens de Dartymoor nous n'oublions pas nos amis. Mais ces braconniers de Bideford ne valent pas la corde. Voulez-vous du sucre? Mon homme vous a attrapé un blaireau; il est là dans une boîte. »
« Nous le prendrons en partant, u dit Stalky. « Vous êtes occupée, n 'est-ce pas? laissez-nous ici. C'est sans doute votre jour de lessive; il ne faut pas vous déranger pour nous. Mais non, je vous dis. Nous avons assez de crème, merci. »
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La bonne femme s'en alla en s'essuyant les mains à son tablier. On entendit un bruit de pas rapides dans l'allée devant les fenêtres et la voix du colonel Dabney résonna comme un clairon :
« Vous savez lire? vous avez des yeux, n'est-ce pas? inutile de nier : vous en avezl »
Beetle arracha une petite housse au dossier luisant du canapé de crin et se la fourra dans la bouche. Puis il alla rouler sous les meubles en riant comme un fou.
a Vous avez vu mes écriteaux. Votre devoir?vous êtes un impertinent, mon garçon. Votre devoir était de ne pas entrer chez moi. Vous osez me parler de devoir, à moil Quoi quoi quoi , misérable braconnier, vous allez bientôt vouloir m'apprendre à lire! C'est vous qui poussiez ces cris de bête fauve dans les fourrés? Vos élèves? Vos élèves?? Vos élèves??? Gardez-les chez vous, vos élèves! Je ne suis pas responsable de vos élèves ! Mais je ne vous crois pas, — je ne crois pas un mot de ce que vous dites. Vous avez l'air sournois, vous avez l'air d'un croquant, d'un braconnier, — votre apparence suffirait à ruiner un archange de repu» lation! Inutile de nier : c'est comme je le dis! Vous êtes sergent? vous devriez avoir honte alors. Sa Majesté n'a jamais été plus mal servie ! Un sergent qui fait le braconnier ! et retraité encore ! c'est abominable! abominable! Mais je serai indulgent. Je serai humain. Paidieu, je serai la clémence même!
4î STÀLKY ET Cl*
A vez-vous tu mes écriteaux, oui ou non? Inutile de nier : vous les avez vus. Silence, servent! »
Vingt et une années de service avaient laissé leur marque sur Renardeau. Il obéit.
« Demi-tour 1 Marche I »
La haute grille retomba avec bruit. « Mon devoir! un sergent m'indiquer mon devoir! » s'exclama le colonel Dabnev. « Bon Dieu I encore des sergents ! »
« C'est King ! C'est King ! » réussit à dire Stalky, la tête cachée dans le coussin de crin. M'Turk mordait le petit tapis placé devant la cheminée et Beelle se tordait sur lesophadans des convulsions de rire. A travers les vitres épaisses on voyait s'agiter des formes bleuâtres, grotesques et menaçantes.
« Je je proteste contre cette insulte. » King
venait évidemment démonter la colline au galop. n Cet homme nefaisait que son devoir. Permettez.,., permettez-moi de vous donner ma carte. »
« II est en complet de flanelle 1 » dit Stalky en replongeant la tête dans son oreiller.
« Je regrette , je regrette vivement : je n'en
ai pas sur moi. Mais je m'appelle King, Monsieur, je suis professeur au collège et je suis prêt, — tout à fait prêt à prendre la responsabilité de ce que cet homme a fait. Nous avons vu trois »
« Avez-vous vu mes écriteaux ? »
« Je reconnais les avoir vus, mais étant données les circonstances »
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n Je suis in loco parentis, » la voix de basse de Prout se mêla à la discussion. On l'entendait souffler.
« Quoi ? » l'accent du colonel devenait de plus en plus irlandais.
« Je suis responsable des enfants qui me sont confiés. »
h Vous en êtes responsables, hein? Dans ce cas, ]!'■ ne puis dire qu'une chose : vous leur donnez un bien mauvais exemple, — un exemple fichtrement mauvais si j'ose m'exprimer ainsi. Je n'ai pas vos élèves. Je n'ai pas vu vos élèves et je vous dis que s'il y avait un de vos élèves sur chacun de ces arbres vous n'en auriez tout de même pas l'ombre d'un droit à mettre les pieds ici après avoir traversé le ravin en effrayant le gibier. Inutile de nier: vous l'avez effrayé. Vous auriez dû venir me trouver au château, comme des chrétiens, au lieu de venir chasser vos sacrés gamins sur mes terres. Vous êtes in loco parentis, hein? Eh bien I moi je n'ai pas oublié mon latin non plus ; dites-moi : Qui» custodiet ipsos custodes? Quand le maître erre comment blâmer l'enfant ? a
« Laissez moi seulement vous dire deux mots en particulier,» demanda Prout.
« Je ne veux rien avoir de particulier avec vous I soyez aussi particulier que vous voudrez de l'autre côté de la grille et.... je vous souhaite le bonsoir) »
La grille retomba une deuxième fois. Les trois
44 5TAI.KÏ ET Ci*
amis attendirent que le colonel fût rentré chez lui et tombèrent dans les bras l'un de l'autre en tâchant de reprendre haleine.
« Oh ma chère âme I oh King ! oh Pied-devache ! oh Renardeau 1 » Stalky s'ossuya les yeux. « Ah ! Ah ! Ah 1 eh bien nous en avons vu de belles t Dépêchons-nous, nous allons être en retard pour le thé, »
« Pre-pre -prends le blaireau : cela fera plaisir au petit Hartopp. Fai-faisons-leur plaisiràtous, » sanglota M'Turk en cherchant la porte à tâtons et en poussant à coup de pied le pauvre Beetle qui gisait toujours à terre.
Les amis trouvèrent le blaireau dans une boîte qui sentait fort mauvais. Ils laissèrent deux demicouronnes sur la table et se mirent en roule en trébuchant. Le blaireau grognait absolument comme le colonel Dabney et ils le laissèrent tomber deux ou trois fois à force de rire. Ils n'élaienlpas encore tout à fait remis quand Renardeau les rencontra dans la cour et leur dit d'aller attendre au dortoir qu'on les envoyât chercher.
« Eh bien portez cette boite chez M. Hartopp. En tout cas nous avons travaillé pour la Société d'Histoire naturelle, » dit Beetle,
« J'ai peur, Messieurs, que cela ne suffise pas à vous tirer d'affaire, » répondit Renardeau d'une voix grave. Il avait l'esprit dans le plus grand désordre.
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« Tout va bien, Renardeau, » (Stalky en était arrivé aux dernières convulsions du rire), « noua, — nous ne vous abandonnerons jamais, Renardeau. Les chiens montrent du vice, hein, quand
ils prennent un renard dans les bois ? Oui,
vous avez raison. Je je ne me sens pas tout
à fait bien. »
« Celte fois-ci ils ont été un peu loin, » pensa Renardeau; « je croirais bien qu'ils sont ivres, mais ils ne sentent pas la boisson. Pourtant çam'étonnerait de leur part. King et Prout se sont fait attraper comme moi. C'est une consolation. »
« En voilà assez maintenant, » dit Stalky en se levant du lit où il s'était jeté. « Nous sommes des
innocents persécutés comme toujours. Nous ne
savons pas pourquoi on nous a envoyés ici, c'est bien entendu ? h
« Pas d'explications. Privés de thé. Nous sommes déshonorés devant toute la maison, » dit M' Turk qui pleurait à force d'avoir ri. « L'affaire est bigrement sérieuse. »
v Ne disons rien jusqu'à ce que King se mello en colère, » ajouta Beetle ; «c'est un vieuxcalomnîateur et il doit écumer de rage. Cet animal de Prout surveille trop ses paroles. Ayez l'œil sur King et à la première occasion demandez à réclamer au Proto : c'est ça qui les embête! »
On vint chercher les trois amis de la part do Pied-de-Vache. King et Renardeau étaient là,
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Renardeau avait trois cannes sous le bras. King était triomphant, car il voyait des larmes, — des larmes de joie — sur les joues des victimes. L'interrogatoire commença.
Oui, ils étaient allés sur la falaise. Oui, ils étaient entrés chez le colonel Dabney. Oui, ils avaient vu les écriteaux (Beetle faillit éclater de rire). Pourquoi étaient-ils entrés chez le colonel? « Nous avons trouvé un blaireau, Monsieur. »
King, qui délestait la Société d'Histoire Naturelle parce qu'il n'aimait pas Hartopp, ne put se contenir plus longtemps. 11 pria les accusés de ne pas ajouter le mensonge à l'impertinence. « Mais, Monsieur, le blaireau est chez M. Hartopp. »
Le sergent avait bien voulu se charger de l'animal. La question du blaireau se trouva ainsi résolue et ce premier échec ne fit qu'enflammer la colère de King. 11 frappait le lapis du pied cependant que Prout préparait ses lentes questions. Les trois amis étaient entrés dans leurs rôles. Leurs yeux avaient cessé de briller, leurs figures ne révélaient rien, ils laissaient pendre leurs bras immobiles. Aux dépens d'un compatriote ils apprenaient la leçon de leur race : réfréner toute émotion et prendre l'étranger au piège à l'instant propice.
Jusque-là tout allait bien. King se mêlait de plus en plus de l'interrogatoire : il voulail se venger. Prout, lui, n'était que peiné. Stalky savait-il à quoi
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il s'exposait en dépassant les limites? Stalky avoua d'un ton irrésolu qu'il avait vaguement entendu parler de quelque chose à ce sujet; mais il pensait il allongea ta phrase autant qu'il put, car il
ne désirait pas jouer sa meilleure carte contre un pareil adversaire. M. King ne voulait pas de mais et les faux-fuyants de Stalkyne l'intéressaient pas. D'autre part, les trois amis aimeraient peut-être entendre ce qu'il pensait, lut. Des élèves qui se faufilaient, — qui se glissaient, — qui se terraient au delà des limites, au delà môme des limites si généreusement permises aux Membres de la Société d'Histoire Naturelle à laquelle ils s'étaient affiliés pour cacher leurs méfaits, — leurs vices, — leurs infamies, — leurs immoralités
« Le voilà qui s'emballe, » se dit Stalky ; « il va falloir l'arrêter court. »
de pareils élèves étaient la honte, la lèpre
du collège, — King se laissait emporter par son éloquence, — leur langue était empoisonnée, ils mentaient, ne pensaient qu'à se hourrer de nourriture et commençaient même à s'enivrer en cachette
King approchait de sa péroraison et les trois amis le savaient bien, mais M'Turk interrompit les grandes phrases vides; ses camarades lui firent écho:
« J'en appelle au Principal, Monsieur. »
« J'en appelle au Principal, Monsieur. »
« J'en appelle au Principal, Monsieur. »
Ils étaient entièrement dans leur droit. L'ivresse était punie d'une correction publique et de l'expulsion. On les en avait accusés et leur sort était maintenant entre les mains du Principal seul.
« Tu en as appelé à César : tu iras devant César, » dit King, Ils avaient déjà entendu cette phrase une ou deux fois dans leur vie. « Néanmoins, mes jeunes amis, » ajouta King d'un air embarrassé, « il vaudrait mieux pour vous vous en tenir à notre décision. »
« Devrons-nous rester à l'écart de nos camarades jusqu'à ce que le Principal nous ait vus, Monsieur ? » demanda M'Turk à Prout sans répondre à King. C'était prendre la question de plus haut, les trois amis échappaient ainsi à l'étude du soir, car les brebis galeuses étaient soigneusement placées en quarantaine et le Principal ne rendait jamais de jugements avant que vingt-quatre heures ne se fussent écoulées.
h Ma foi, — enfin, — si vous persistez dans cette attitude de défi, » dit King, en jetant un regard de regret sur les cannes que Renardeau portait sous le bras, « il n'y a pas d'autre alternative. »
Dix minutes plus tard, tout le collège savait la nouvelle :Stalky et Cie étaient tombés enfin ^aboisson avait causé leur perte. Ils avaient bu. Ils étaient revenus de leurhutteivres comme des Polonais. Ils gisaient maintenant ivres-morts sur le plancher du
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dortoir. Quelques explorateurs courageux se glissèrent en haut à la découvert* et les criminels leur jetèrent des souliers à la lête.
n Nous l'avons — nous l'avons sur le gril t » s'écria Stalky après avoir ainsi mis les curieux eu fuite, « Il faudra que King prouve ses accusations jusqu'au bout. »
a On l'a trop chatouillé, ça l'a fait éclater, » dît Beelle,en citant un livre qu'il avait lu. o Je vous avais bien dit qu'il ferait explosion si nous lui en laissions le temps. »
« El pas d'éludé, ivrognes que vous êtes t »
ajouta M'Turk, « et il y a un devoir de trigonométrie ce soir! liens, voilà notre bon ami Renardeau ! de nouvelles tortures, Renardeau? »
« Je vous ai apporté votre thé, Messieurs, a dit le sergent, de derrière un plateau bien garni. Renardeau ne mettait pas de malice dans ses luttes avec les collégiens et il n'avait pu s'empêcher de penser ce jour-là que des gens qui se laissaient pincer si facilement avaient peut-être quelque lourde réserve dans leur sac. Le sergent avait ftiit campagne aux Indes où il avait appris à connaître la valeur d'un renseignement exact et recueilli de bonne heure.
h J'ai j'ai remarqué que vous n'aviez pas eu
votre thé et j'en ai parlé à Gumbly qui m'a dit que vous n'étiez pas exclus des distributions, si l'on peut dire. Alors je vous ai monté ces provisions.. C'est
Lien votre pâté de jambon, n'est-ce pas, Monsieur Corkran ? »
« Ma foi, Renardeau, tous êtes un bon type, » ditStalky. « Je ne m'attendais pas à ce que vous ayez pour nous.... quoi donc, Beelle? »
« Des entrailles de père, » répondit Beelle promptement. « Merci, sergent. Tiens, c'est le jambon en boîte de Carter. »
« Il y avait un C dessus. J'ai cru que c'était celle de M. Corkran. Votre affaire est très grave, vous savez, Messieurs. J'ai pensé que vous aviez peutêtre quelque chose que vous n'avez pas dit à M. King ou à M. Prout. »
« Mais oui, Renardeau; toute une histoire, »
dit Slalky, la bouche pleine.
« Si c'est comme ça, voyez-vous, j'ai pensé que îe pourrai répéter tranquillement au Principal ce que vous m'aurez dît, quand il me questionnera. C'est moi qui vais lui apporter le rapport ce soir... vous êtes dans de mauvais draps, vous savez. »
o Notre position est terrible, Renardeau. Vingtsept coups de canne dans le gym devant tout le monde et renvoyés du collège ! — Le vin est moqueur et la cervoise est tumultueuse (i), — dît Beetle.
« Il n'y a pas de quoi rire, Messieurs. Je vais porter le rapport au Principal. Peut-être ne savez-vous
(i) ProwrbeH, xx, i. (N. D. T.)
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pas que je vous suivais cet après-midi ? J'avais des soupçons. »
« Avez-vous vu les écriteaux? «cria M'Turk avec l'accent même du colonel Dabney.
o Vous avez des jeux. Inutile de nier I vous les avez vus I » ditBeetle,
« Un sergent I » hurla Stalky sans pitié, « un sergent se faire braconnier I et retraité encore 1 C'est abominable 1 abominable ! »
« Bon Dieu I » dit le sergent en se laissant choir
sur un lit. « Où diable où diable étiez-vous
cachés ? J'aurais dû me douter que vous vous moquiez de nous.... »
« Hein, espèce de toqué ! » reprit Stalky, « nous ne savions pas que vous nous aviez suivis cet aprèsmidi n'est-ce pas ? vous pensiez nous surprendre, n'est-ce pas? eh bien, mon vieux, nous vous avons conduit tout droit où nous voulions que vous alliez. N'est-ce pas. Renardeau, que le colonel Dabney est gentil? Le colonel Dabney est notre ami intime. Il y a des semaines que nous allons chez lui. C'est lui qui nous a invités. Vous et votre devoir I au diable votre devoir, Monsieur ! votre devoir était de rester chez vous ! »
« Renardeau, vous n'oserez plus lever la tète. Les fags vont se moquer de vous, » dit Beetle. « Songez à voire beau prestige 1 »
Le sergent réfléchissait.
« Voyons, Messieurs, » dit-il d'un ton suppliant,