‹ Stanislas ClémentChapitre 4 sur 8 · NIMES — BULL, SOC. ET. SC. NAT · texte numérisé non relu

NIMES — BULL, SOC. ET. SC. NAT

tivé, avide d’apprendre, et en quelques années trop rapides, hélas ! il laissait une œuvre qui aurait pu être la gloire d’une carrière bien remplie (1).

Est ce le père qui a poussé le fils dans nos rangs, est-ce le fils qui a entraîné le père avec lui Stanislas Clément, qui jusque-là avait cultivé les sciences naturelles comme une simple distraction, se livra plus régulièrement à leur étude. Il devint ainsi le guide de son fils et notre guide. Ses causeries, ses conférences avidement écoutées par tous, furent nos premières leçons. Formés à ses paroles, enflammés à son exemple, nous marchions dans la voie qu’il nous traçait. Tout était à faire. Les membres de la Société étaient encore peu nombreux et tout jeunes, plus riches de zèle que de savoir. — - Après les leçons de Stanislas Clément, ils suivaient les excursions organisées par lui, d’où l’on rapportait une ample moisson de faits et d’objets récoltés en route. Les collections étaient d’autant plus indispensables à ces jeunes naturalistes que le Muséum municipal n’existait pas encore. Notre collection d’ornithologie fut créée par Stanislas Clément et celle de conchyliologie est en grande partie son œuvre.

L’année 1877 fut une année douloureuse pour nous et pour Stanislas Clément. — Camille Clément, le meilleur de ses disciples, celui qu’il bénissait avec la fierté d’un maître, avec l’orgueil d’un père, tombe en pleine force, à l’âge de 20 ans, frappé par un destin aveugle et cruel. Tant d’espoir s’évanouit î Eh bien, quand même, l’œuvre entreprise par le fils sera menée à bonne fin ; c’est comme si lui-même la continuait, c’est quelque chose de lui qui lui survit. Et notre chef vénéré, brisé par la douleur, voulut refouler ses larmes et sut affermir sa voix pour nous encourager encore. Et nous avons continué notre route, soutenus par l’admiration pour celui qui n’était plus, par le respect pour celui qui nous restait, unissant leurs deux noms dans un culte pieux.

M. Stanislas Clément obéissant aux désirs exprimés par son fils, fit don à la Société des collections personnelles de Camille, que nous avons conservées avec un soin particulièrement jaloux. Il créa aussi pour nous, toujours en souvenir de son fils, à l’occasion de l’anniversaire de sa naissanco, 23 décembre 1877, le prix Camille Clément destiné à récompenser le meilleur Mémoire d’histoire naturelle locale. — 11 continua à venir au milieu de nous, s’intéressant à nos travaux.

(1) Henry Vincent. Notice biographique sur Camille Clement. (Bull. 1877>

au Bulletin. Il avait probablement aidé Camille à dresser son Catalogue des Mollusques marins du Gard (Bull. 1873-74). D’autres publications devaient suivre (1).

11 s’intéresse à nous de mille manières. Les échantillons qu’il donne ou qu’il détermine, les dons (anonymes d’ailleurs) qu’il accorde pour la Bibliothèque, les collections ou le Bulletin, les conseils surtout, les conseils éclairés qu’il prodigue, tout nous attache à lui par les liens d’une reconnaissance émue et d’une sympathie respectueuse.

A partir de 1880, il intervient moins directement dans notre Société. Un enseignement vraiment fécond apprend à ceux qui le reçoivent à se passer bientôt de ceux qui le donnent. Les élèves du début devenaient maîtres à leur tour, et ayant bien profité des leçons, n’avaient plus besoin de les suivre avec la même régularité. D’ailleurs une autre tâche non moins ardue, attirait M. Clément dans une direction non point différente mais parallèle, et la création du Muséum allait retenir la meilleure partie de ses efforts. — Son œuvre se matérialisa donc sous une autre forme. Ses leçons et ses écrits se firent plus rares. Mais à côté de ses publications personnelles, saura-t-on jamais celles qu’il a provoquées ? Son action plus ou moins visible s’est continuée parmi nous pendant trente ans. 11 a conservé (est-ce l’effet d’un labeur ininterrompu, est-ce la juste récompense d’une vie où la dignité ne connut jamais de faiblesse ?) il a conservé jusqu’à son dernier jour la rectitude des idées, la nettelé de jugement, la puissance d’un esprit toujours jeune et vivant. Oui, malgré les atteintes d’un mal qui souvent s’attaque aux sources mêmes de la pensée, c’est l’intelligence qui chez lui succomba la dernière.

Et cette influence à laquelle nous nous sommes volontiers et si longtemps abandonnés avec sécurité, est-elle brusquement détruite par la mort ? Nous ne croyons pas et nous ne voulons pas qu’il en soit ainsi. L’œuvre d’un homme à l’esprit

(1) Curiosités oraithologiques rencontrées dans le Gard en 1877. (Bull. p. 114). L'IIyperoodon de Baussard. (Bull. 1881), p. 14-16, 1 planche.)

Egagropüe.s, Bésoards et calculs. (Bull, 1881, p. 140-143).

Catalogue des coléoptères du département du Gard, d’après la collection Ecoffet. (Bull. 1885, p. 12-43).

Longéoité des escargots. (Bull. 1885, p. 54-55).

Un champignon colossal. (Bull. 1885, p. 59-6Ü).

Le Musée d’histoire naturelle de Nîmes. (F. J. N. 1885, p. 1-4. Bull. 1885 p. 61-68). La Blennie cag nette . (Bull, 1886. p. 24-25).

Conseroation et surceillance des Musées d’histoire nature'le. (Bull. 1893 p. cxix-cxx).

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