NIMES. - BULL. SOC. ÉTUDE SG. NAT
ses dons personnels il double l’importance des richesses retrouvées.
De 1880 à 1882 il avait d’abord réuni toutes les collections à THopital général qui venait d’être désaffecté pour être transformé en Musée et en Bibliothèque. — Puis la municipalité disposant de ces bâtiments pour en faire le nouveau Lycée il fallut transporter la botanique et la minéralogie à la rue des Ghassaintes (bâtiment des décors) et la zoologie dans le local du Muspe Grespon à la Fontaine.
M. Clément travailla 5 ans (1882*1887) allant d’un local à Fautre. — Lorsqu’enfin le nouveau Lycée fut inauguré 1887, la ville reprit les bâtiments de l’ancien Lycée et par une délibération du Conseil municipal du 7 novembre 188S les affecta à la Bibliothèque, au Musée épigraphique et au Muséum d’histoire naturelle. Trois étages qui avaient été jadis des classes et des dortoirs servirent à installer le Laboratoire et les Salles destinées au public. En 1892, le 28 avril, eut lieu l’ouverture du 1®" étage et en 1895 celle du 2® et du 3« étage. (1)
L’inauguration officielle fut faite le 5 mai 1895 par M. le Maire E. Reinaud, accompagné deM. le Préfet Bonnier et du Conseil municipal, en présence de nombreux invités et des Membres de la Société des Sciences naturelles. Ceux-ci avaient tenu à servir de garde d’honneur auprès de leur vénéré Prési dent honoraire.
La tâche était donc enfin accomplie et combien grande. Il y a beaucoup de mérite sans doute â se former une collection personnelle. Cependant le savant qui la recueille au jour le jour ne suit que son goûb et sans parler de la renommée conquise, il est déjà récompensé par le plaisir qu’il trouve dans ses études favorites. Se dévouer aux travaux des autres, les terminer, les présenter au public, est une œuvre non moins difficile et plus ingrate. Il y faut une grande compétence sur des sujets multiples, non plus choisis mais acceptés ; puis, Pœuvre accomplie, la science en profite, le public ignore la somme prodigieuse d’efforts dépensés et le nom du savant reste dans l’ombre.
Qu’importe d’ailleurs V Le chercheur infatigable qui a entrepris de pénétrer les secrets de la nature, trouve sa récompense, non pas dans les vaines satisfactions de l’amour-propre, mais dans la joie plus pure du devoir accompli, de la vérité con-
(1) G. Mingaud. « Le Muséum d’histoire naturelle de Nimes ». (Reoue scientifique, 1895
quise. M. St. Clément songeait moins à se faire valoir qu’ù mettre en lumière les mérites de ses prédécesseurs. Il a réuni à rentrée des salles ouvertes au public les portraits des naturalistes de notre département : Séguier, Ph. Mingaud, Grespon donateurs du Musée. — Emilien Dumas (1), de Sommières (1804-1870) ; de Pouzolz (2), de Nimes (1785 '1858) ; Armand de Quatrefages (3), de Valleraugue (1810-1892). — Récemment à côté des portraits précédents a été placé celui de M. A. Milne- Edwards, de l’Institut, en souvenir de la visite qu il fit à notre Muséum accompagné de ses éminents confrères MM. Hamy, professeur au Muséum de Paris et Gaston Darboux, doyen de la Faculté des Sciences de Paris, lors de leur passage, en août 1894, allant à Valleraugue, inaugurer le monument élevé en rhonneur de Quatrefages. M. Milne-Edwards, mieux que personne, avait pu dans sa visite apprécier la grandeur et la beauté de la tâche accomplie par M. Clément. Il lui en exprima avec chaleur toute sa satisfaction et pour la mieux marquer, dès son retour à Paris, il adressa à notre Muséum un lot considérable de ses doubles.
M.le D^’Hamy, conservateur du Musée du Trocadéro, envoya aussi une série importante d’objets d’ethnographie.
Aucun éloge ne pouvait,plus que ces envois, toucher le cœur de M. Clément, dont la préoccupation constante était d’embellir encore l’œuvre qu’il avait commencée, développée, menée à bonne fin. ~ Certes, depuis 1895 il pouvait heureusement la contempler avec satisfaction. Mais plus heureusement encore il avait la joie des dernièî*es retouches comme un artiste soucieux de la perfection. Ici un détail, lù un autre, en ce point un vide û remplir, plus loin une élégance à chercher. Il n’avait de préoccupations que pour son Musée. Les grands évènements de sa vie étaient la réception ou la conquête d’une belle
(1) A. Lombard-Dumas. Etude sur la de et les traoauæ d'E milieu Dumas (Mém. Acad., Nimes 1877). — Les riches et belles collections de cet éminent géologue sont religieusement conservées par sa famille, à Sommières.
(2) A. Lombard-Dumas. La botanique dans le Gard, de Pouzolz et son œuvre. (Bull. 1899). — L’impo; tant herbier de ce laborieux savant fut acheté en 1863 par l’Ecole de pharmacie de Montpellier et actuellement il est déposé à l’Institut de botanique de cette ville. Il n’aurait pas dû quitter Nimes. L’Administration municipale de l’époque n’a pas compris l’intérêt scientifique qu’il y avait pour le département à conserver l’herbier de Pouzolz.
(3) E. Cartailhac. Notice sur A . de Quatrefages. (L’Anthropologie, 1892). — Notre illustre compatriote s’intéressait au développement de notre établissement ; en 1890, il lui envoya les moulages de bustes des principales races humaines d’après les types de la collection d’AnthropoIogie du Muséum d’histoire naturelle de Paris.