‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 17 sur 78 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

énergie qu'on ne lui connaissait pas beaucoup jusqu'alors et dont on pourra juger par ses lettres de cette époque. Pendant qu'il y eut une lueur d'espoir, il mit en œuvre tous les moyens dont il pouvait disposer pour sauver son pays. C'est alors entre autres qu'il envoya son ami le comte Branicki à Paris pour solliciter un secours quelconque de la part de la France. Le 5 décembre 1772 les Cours copartageantes publièrent leurs manifestes et les appuyèrent de Mémoires rappelant leurs droits prétendus sur les provinces occupées par leurs troupes. « Ces droits étaient tels, disait Glayre plus de trente ans après, que s'ils étaient admis, aucun État de l'Europe n'aurait de maître légitime ». Ce dernier fut chargé de préparer les réponses à ces manifestes. Il rédigea aussi les mémoires qui furent envoyés aux Cours de France, d'Angleterre, de Suède et du Danemark pour demander une intervention destinée à empêcher ou du moins à atténuer un des plus graves abus de pouvoir qui aient été commis dans les temps modernes. Tout fut inutile. Le duc d'Aiguillon ne donna aucune espérance sérieuse au comte Branicki et toutes les Cours gardèrent le silence devant la puissante coalition. Celle-ci put continuer tranquillement son œuvre et répondre aux réclamations fondées du roi Stanislas par de nouveaux manifestes dans lesquels elle ne prenait pas même la peine de chercher à démontrer son droit *.

I. Voir la note du 5 mai 1778, remise aux représentants des trois Cours de Vienne, Berlin et Pétersbourg et la réponse que firent ceux-ci le lendemain (chap. III).

XXIV INTRODUCTIOX.

« A cette époque, dit Maurice Glayre, la carrière politique me devint odieuse. Je fus le témoin et le confident du désespoir d'un roi vertueux et digne d'un meilleur sort... Les dix-sept années qui s'écoulèrent depuis ce premier partage jusqu'à ma retraite ne furent qu'une longue lutte de mon dégoût pour la politique perfide des cabinets et de mon attachement à ses infortunées victimes * ».

Pendant cette seconde période de son séjour en Pologne, Glayre continua à jouir de la confiance du public et du roi. Celui-ci le chargea plusieurs fois de missions diplomatiques à l'étranger, à Vienne, à Berlin, à Paris.

C'est en 1777 ?^^^ ^® rendit dans cette dernière ville. « Nous le nommons et constituons notre plénipotentiaire spécial, disait son diplôme, lui donnant tout pouvoir et faculté absolue d'agir en notre nom et pour le bien de nos affaires. »

Glayre était chargé ostensiblement de rassembler à Paris un grand nombre de meubles et objets divers qui appartenaient au roi de Pologne et de les lui expédier par les voies les plus sûres. Il devait en outre, mais d'une manière moins officielle, entrer en relations avec le ministre des affaires étrangères de Louis XVI, le comte de Vergennes et le décider h

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