INTRODUCTION. XLVII
de prospérité si la Russie ne s'était pas opposée à son exécution. Elle prit sous sa protection les quelques hommes qui désapprouvaient Tœuvre du 3 mai; ils fondèrent la confédération de Targowitsa et demandèrent le secours de Catherine II, Quatre-vingt mille hommes pénétrèrent en Pologne, suivis bientôt par les troupes prussiennes et Ton put prévoir dès ce moment quelle serait Tissue de cette nouvelle intervention.
Les événements prévus depuis longtemps par Maurice Glayre s'accomplirent. Les derniers temps du royaume de Pologne et de la vie du roi Stanislas ne furent qu'un long martyrologe. Si ce souverain fut malheureux, son ancien conseiller intime fut navré de n'avoir que des paroles de consolation à lui fournir,
« Vous savez déjà le triste état de nos affaires, lui écrivait-on de Varsovie en 1792. Elles sont au comble. Oh 1 que vous êtes heureux, mon ami, d'en être éloigné et de vivre tranquillement au sein de votre famille ! Notre bon, notre bien-aimé roi est bien à plaindre. Jamais il n'a été si malheureux. Le cœur fend à le voir. Il a vieilli de dix ans depuis tous ces malheurs. Vous pleureriez si vous le voyiez * . »
(( Mon bon ami, lui écrivait le roi quelques jours auparavant. J'ai reçu votre lettre du 20 juin. Elle m'a fait goûter le baume de l'amitié sur les plaies de l'adversité^. »