‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 43 sur 78 · De mettre fin aux troubles de cet État · texte numérisé non relu

De mettre fin aux troubles de cet État

2. De se faire rendre raison en commun des prétentions considérables qu'elles ont à former sur la République et qu'à cette fin elles se mettent dès à présent en possession d'un équivalent, se réservant de produire leurs documents en temps et lieu et à spécifier plus amplement leurs quotes-parts. Elles font part de ces intentions à la nation polonaise en général, Tinvi-

LA POLOGNE ET LA FRANCE EN I772. 4l

tant à s'assembler légalement en Diète, pour procéder de concert avec elles à la pacification de ses troubles et pour confirmer, par des actes formels, la possession qu'elles ont prise de l'équivalent de leurs droits.

J'ai écrit aux rois de France, d'Espagne, d'Angleterre, de Suède, de Sardaigne et aux États-Généraux de Hollande, pour les informer solennellement de la situation des aflaires de Pologne et pour réclamer, en ma qualité de chef de la nation, leur assistance. Ma lettre au roi de France passera à sa destination par le prince Louis. Je n'ai pas voulu vous en charger pour ne pas hasarder le secret de la liaison dont vous êtes l'organe. Comme je me suis expliqué en termes très clairs sur l'usurpation de nos voisins, je comprends bien que l'indiscrétion de quelqu'un de ces souverains pourra me causer des difficultés personnelles avec les trois Cours ; mais je ne me dissimule plus, depuis longtemps, que tout est dangereux dans ma position, dès que je veux faire mon devoir, et je suis cependant très résolu à le faire.

Les déclarations dont j'ai parlé ci-dessus annoncent le rétablissement de l'ancienne forme de gouvernement. Voilà donc l'anarchie perpétuelle maintenue systématiquement par nos oppresseurs comme un moyen de s'assurer leurs usurpations.

La garnison d'Elbing a fermé ses portes aux Prussiens qui se présentaient pour l'occuper, quoiqu'elle n'eût pas de canon. Le magistrat ayant refusé les

4a STANISLAS POMIATOWSKI ET MAURICE GLAYRE.

siens, elle a fait feu de sa mousquetterie. Quelques Prussiens ont été blessés et l'un d'eux mortellement. Le canon ayant rompu les portes, ils sont entrés et la garnison s'est retirée. Cela fait un monument d'une occupation violente de la part du roi de Prusse.

Ce prince, qui avait annoncé d'abord que la Nolelr et la Drewentz serviraient de bornes à ses usurpations, les passe aujourd'hui et fait planter ses aigles dans le Palatinat de Plock.

J'ai reçu la lettre de M. le duc d'Aiguillon, et j'y vois avec plaisir que votre rôle est solennellement agréé. Les Russes laissent entrevoir ici que la rupture du Congrès pourrait bien être l'ouvrage obscur des Cours de Vienne et de Berlin.

Varsovie, le 7 octobre i772«

J'ai vu avec plaisir dans votre dernière lettre que mes idées sur les Confédérés ont été bien accueillies par M. le duc d'Aiguillon. Il leur promet l'agrément du roi, son maître. Elles sont fondées sur des règles de précaution et de bienséance si équitables que je me suis attendu à les voir adoptées. Je considère, d'ailleurs, cette démarche de Louis XV comme un pas d'introduction dans nos affaires si naturel et si h propos qu'il amènera infailliblement tous les autres à sa suite et remplira uti but que j'attends par inclination et par principe.

Une révolution dans le gouvernement de Pologne, telle que vient de l'éprouver la Suède *, doublerait son ressort et fournirait des moyens de résistance impraticables aujourd'hui. J'admets le principe, je vous avoue plus encore, que l'ambition et le désir de la souveraineté n'ont jamais été présentés à mon esprit que sous l'aspect d'une entreprise criminelle. Les besoins de l'État me le montrent, comme un remède violent, à la vérité, mais décisif et, par là, légitime et nécessaire. Cela serait suffisant pour m'en faire goûter l'idée ; mais quels sont les obstacles et quels seraient mes moyens pour les vaincre ? C'est ce qui reste à discuter.

L'exemple du roi de Suède est beau, grand, séduisant ; il a tout le brillant qui étonne et je lui ai payé le tribut de mon admiration. Mais les talents et le courage de Gustave ont eu pour eux les circonstances et de l'appui. Quel que fut le gouvernement suédois, sa plus grande défectuosité était dans ses abus. C'étaient les vices et la vénalité des hommes plus encore que ceux de la Constitution qui en faisaient la faiblesse. Il existait une flotte et quarante mille hommes de troupes, l'un et l'autre préparés de longue main à cet événement et gagnés par les bienfaits. Des deux voisins qui étaient à craindre, l'un était occupé par une guerre ruineuse et l'autre absorbé par les intrigues et les désordres du palais. Des assemblées

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