‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 50 sur 78 · I. Voir la pièce suivante · texte numérisé non relu

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2. Les maux annoncés pour l'avenir ; le danger certain de voir le reste de la Pologne partagé pour peu que les obstacles irritent les trois Cours. Ce danger est d'autant plus évident que le partage de la Pologne entière est aussi facile à ces puissances réunies que son démembrement et qu'elles n*ont pas des contradictions plus dangereuses à craindre pour Tune que pour l'autre. Il y a plus. Le roi de Prusse a déjà insisté plusieurs fois sur cette idée qui donne une méthode sûre pour abréger les difficultés. A chaque embarras nouveau qui se présente et qu'il voit naître avec plaisir dans l'exécution du premier plan, il ne manque point de proposer celui-ci comme satisfaisant à tout. Rewitski et Stackelberg m'ont donné là-dessus des détails et des particularités qui ne laissent aucun doute. Voici, par exemple, un fait constaté :

La déclaration du 2 février, toute terrible et despote qu'elle soit, n'était cependant que le correctif adouci d'une autre de la composition du roi de Prusse. On y demandait tout uniment que la Diète fut assemblée pour le i®^ mars, à défaut de quoi on annonçait que l'on procéderait incessamment au partage du reste de la Pologne ; l'exécution de cette demande était impossible et sans doute connue pour telle. Cependant si la déclaration avait été faite, c'en était fait de la Pologne, puisque le roi de Prusse aurait eu des motifs de reste pour engager les trois Cours à soutenir une menace aussi solennellement annoncée. Stackelberg, en habile

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homme, a senti cette conséquence et, appuyé par Rewitski, il a présenté certains passages contraires, suivant lui, aux intérêts de sa Cour et a refusé de signer cette pièce. Il a écrit à Pétersbourg où son refus a été approuvé, et la déclaration du 2 février a pris la place de l'autre.

Cela fait la preuve du péril où m'exposerait une conduite difierente de celle que je tiens. Il est très aisé à la France de me conseiller la résistance et de blâmer ma condescendance. Le pire qui peut lui en arriver si elle se trompe est de dire : a Je me suis trompée » ; elle n'aura fait qu'une mauvaise spéculation, et nous, nous serons perdus.

De l'avis du Conseil, j'ai écrit une troisième lettre aux Cours garantes. Vous avez, ci-dessus, mes raisons pour ma condescendance. Vous les ferez valoir d'une manière froide et peu empressée et non avec le zèle d'une justification. Si on vous reproche la fixation de ce terme comme une infraction à l'usage et à la loi, qui veut l'espace de six semaines de la date des universaux aux Diétines et autant des Diétines à la Diète, vous répondrez que, quoique cela se soit ordinairement ainsi pratiqué, la loi n'exige, à la rigueur, que quatre semaines. Cette modification a été mise en usage plusieurs fois pour les Dièles extraordinaires. Au reste, si on venait à vous dire que la Diète approchée au terme prescrit par les Cours ne laisse plus aucune efficacité au désir de nous secourir, vous répondrez qu'on se

loi} STANISLAS PONIATOWSRI ET MAURICE GLAYRE.

trompe et que cette même Diète assemblée en apparence pour ratifier le mal, peut devenir Tépoque et le moyen d'une résistance réelle si elle est à temps avertie et assurée qu'il est des secours à espérer, mais qu'à la vérité, si on abandonne absolument la nation à ellemême, il est probable qu'elle cédera à sa destinée.

Adieu, mon cher Branicki, amusez-vous, mais soignez votre santé, et que vos plaisirs ne lui soient pas aussi contraires que votre retour l'eût été.

Décisions du Sénat concernant la réponse à faire

aux trois Cours»

Les soussignés, ayant fait rapport au roi des déclarations à eux remises le 2 février par MM. les ministres plénipotentiaires des Cours de. Vienne, Pétersbourg et Berlin, et le roi ayant pris là-dessus l'avis du Sénat, les soussignés ont eu ordre d'y faire réponse comme suit :

Les principes de condescendance sur lesquels le roi de Pologne et son Sénat se voient obligés de régler, dans les circonstances présentes, leurs démarches visà-vis des trois Cours ci-dessus nommées étant suffisamment connus par la note ministérielle du mois de décembre donnée en réponse aux déclarations uniformes des trois Cours du 4 du môme mois, et par les faits analogues qui ont suivi l'énoncé de ces dispositions, les soussignés s'y réfèrent, se bornant dans la présente:

1° A faire observer à MM. les Ministres des trois Cours que la rigueur de leurs demandes, aggravée

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encore par le style des expressions, et le ton d'inculpation et de reproche affecté dans les susdites déclarations ont justement affligé la sensibilité du roi et du Sénat et se trouvent également éloignés des égards dus â la dignité du roi et de la République, et des ménagements que la conduite circonspecte du roi lui méritait de leur part.

2® Les soussignés doivent informer MM. les susdits ministres que le roi, de Tavis de son Sénat et après avoir pris en considération les menaces sérieuses et les dangers imminents qui lui ont été annoncés en cas de refus, a déféré au désir des trois Cours et a désigné, en conséquence, le 19 avril pour l'époque de la Diète.

3® Enfin, les soussignés ont ordre d'adresser aux dits ministres la réquisition solennelle que le roi, de l'avis de son Sénat, fait aux trois Cours alliées, de procurer l'évacuation de leurs troupes hors des domaines de la République avant la tenue des Diétines antécomitiales, afin que celles-ci et la Diète procèdent en tout avec Uberté et que la volonté nationale puisse s'expliquer sans gêne et sans danger.

Fait à Varsovie, le 19 février 1773.

Du comte Branicki au roi,

Paris, le a 6 février 1778»

Depuis ma dernière jusqu'à celle-ci, il. y a un long intervalle. D ne m'a rien fourni de nouveau et d'inté-

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ressant à mander à Votre Majesté. Le général de Rieule part chargé de la réponse du roi de France à VOS lettres. Ce qui y est dit de l'intérêt qu'on donne à votre personne et à la Pologne est réellement senti et si Ton se tait sur les secours réclamés, c'est un ménagement de la politique qui ne veut pas avouer sa faiblesse et de la politique française qui laisse deviner un refus. Il est très certain que cette Cour a négocié avec ardeur pour susciter des oppositions au démembrement de la Pologne. Il a été même question d'une invasion en Flandre et d'armer à Toulon contre la flotte russe. Mais les Anglais, qui d'abord avaient dit : « Nous ferons ce que la France fera », se sont refusés à chaque projet particulier et nommément aux deux ci-dessus qu'ils ont rejetés avec menaces.

Durand mande de Russie qu'il faut renoncer à*détacher cette Cour de la triple alliance; cela a donné beaucoup d'humeur à M. le duc. On sent que les aflaires de la Pologne finies, celles de Suède vont occuper la scène. Le ministère de France donne à ces dernières un intérêt bien plus direct et bien plus réel qu'aux nôtres.

On craint que la Russie ne s'empare de la Finlande, le roi de Prusse de la Poméranie et qu'ils ne disent ensuite à la Suède : « Vous pouvez désormais avoir chez vous telle forme de gouvernement que vous voudrez ; vous êlcs circonscrite de manière à ne plus nous inquiéter. » J'ai beaucoup insisté là-dessus près de

MISSION DU COMTE BUAMCKI. ICQ

M. le duc et de Tambassadeur de Suède, tachant de ramener les idées du premier de Tintcret prochain de la Suède à Tintérêt actuel de la Pologne. Mais je ne fais qu'échauffer par là une activité dont je n'ose me promettre qu'un succès ou faible ou éloigné.

On a donné Tordre aux régiments étrangers de se compléter. Ces démonstrations paraissent destinées à encourager le roi de Suède, et même milord Stormont * qui vous est, sire, fort attaché et qui m'a donné mille marques d'amitié personnelles, consulté par moi, a répondu :

« Je ne puis donner de conseil au roi de Pologne, mais voici mon avis. Si on propose au roi un sort heureux pour le reste de la Pologne, une forme de gouvernement utile et solide, il peut mettre dans une balance l'ulilc et le sensé avec la gloire. S'il doit se rendre à discrétion, il ferait mieux de prendre le parti de la gloire. Les têtes françaises, façonnées sur les règles du théâtre, veulent que vous disiez non purement et simplement. »

Quant <\ moi, sire, j'ai bien le droit de recueillir pour vous les voix et non celui de donner la mienne. Je laisse au général de Rieule à vous informer des petits détails. Je compte rester ici jusqu'à la saison des eaux. Ma santé exige que je les prenne et, lorsque je quitterai Spa, ce sera pour aller me mettre aux pieds de Votre Majesté.

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