‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 52 sur 78 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DU PREMIER PARTAGE A l'eNTREVUE DE KANIOW

Maurice Glayre au comte Branicki,

Varsovie, 26 avril 1778.

Depuis le 24 du courant, le roi, le Sénat et les nonces sont Confédérés*. Les gazettes ne manqueront pas de parler amplement de ce qui s'est passé depuis le ilx jusqu'à ce jour.

Voici, en deux mots, ce qui en est.

La plupart des nonces, trois évoques, quelques sénateurs et les deux chanceliers de la couronne avaient, dès la veille de la Diète, signé la Confédération et nommé Poninski pour son maréchal.

I . Lorsqu'une Diète était confédérée, elle délibérait suivant le système de la majorité. Les puissances copartageantes avaient imposé cette forme pour arriver plus facilement à faire adopter le traité de partage.

Vous en recevrez le journal et je crois pouvoir me dispenser de le traduire ici. Mais ce dont je dois vous mformer avec précision, c'est des raisons qui ont porté Sa Majesté à accorder la Confédération.

Les trois puissances ont des troupes tout autour et jusque dans les faubourgs de Varsovie. Elles ont fait déclarer solennellement au roi, par leurs ministres, que, s'il n'accordait pas la Confédération, elles feraient entrer dans la capitale jusqu'à cinquante mille hommes, qui y mettraient tout à feu et à sang. Il est plus aisé de conseiller de loin la négative, dans un cas pareil, que d'en risquer les inconvénients sous les yeux;

Poninski* est revêtu d'une dictature complète. Le roi Ta fortement exhorté à rendre son rôle moins odieux dans le fait qu'il ne l'est déjà par sa nature et il a promis d'y mettre tous ses soins.

La prérogative royale est en danger dans les nouveautés projetées. Le roi paraît résolu de la soutenir.

Du roi au général de Monet,

Varsovie, le 8 mai 1778.

J'ai reçu dans son temps votre lettre du 3 avril. Les occupations multipliées qui ont précédé et accom-

I . Poninski était le candidat des trois Cours. Il en exécuta facilement les ordres. Voir, sur sa conduite, la lettre du 22 mai 1773.

DE î 778 A 1787. 133

pagné la Diète ne me laissent point assez de temps de loisir. D'ailleurs, la critique sévère et injuste qu'on fait en France de Routes mes démarches ne m'encourage pas à les communiquer d'une manière suivie.

Les quinze premiers jours de la Diète se sont passés en difficultés sur les formalités élevées par les nationaux bien intentionnés et vaincus par la force opprimante. La première démarche de États confédérés a été de faire remettre aux ministres des trois Cours une réponse à Texposé de leurs droits prétendus sur la Pologne. Je vous envoie dans son entier celle qui regarde la Russie.

Cette démarche faîte, et les trois Cours n'en persistant pas moins dans leurs demandes, j'ai fait remettre une note à leurs ministres.

Voilà ce qui s*est fait d'essentiel jusqu'ici. Il s'agit maintenant de la grande question du choix des personnes et de la nature des pleins pouvoirs à donner aux délégués destinés à traiter de la cession avec les ministres étrangers, ainsi que sur la réforme du gouvernement. Les nationaux dévoués aux trois Cours (ils composent une partie de la Diète) sont mes plus grands ennemis et ne visent qu'à l'anéantissement de ma prérogative. Je la défendrai sans doute autant qu'il sera en moi ; mais, si je succombe, ma noncomplicité au malheur de ma patrie en paraîtra avec plus d'évidence.

Note remise aux ministres des trois Cours

le 5 mai 1773,

Les soussignés* ont ordre d'adresser à M..., ministre plénipotentiaire de la Cour de ..., le contenu ci-dessous :

Les trois Cours alliées de Vienne, Pctersbourg et Berlin, après avoir annoncé simplement leurs prétentions sur la Pologne dans les déclarations uniformes du mois de septembre dernier, en ont développé les titres dans des exposés respectifs remis le 9 mars de Tannée courante au ministère de Pologne. Celui-ci a eu ordre, le 18 avril, de donner sur ces exposés, aux ministères des trois Cours, les réponses dans lesquelles les droits de la République de Pologne sur tous ses domaines sont appuyés des preuves les plus évidentes contre toutes les prétentions formées à sa charge ; mais, comme la République ne voit pas qu'on ait donné jusqu'ici, à ces réponses, l'attention qu'elles méritaient, et puisque les trois Cours n'en persistent pas moins avec insistance dans leurs demandes, il devient nécessaire, pour la Pologne, de requérir ces mêmes Cours, comme elles en sont requises formellement par la note présente, de consentir à l'intervention amicale des puissances neutres et garantes de nos traités pour l'examen des droits et prétentions

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