MamonoiT fut un des derniers favoris de Catherine II
l88 STANISLAS PONIATOWSKI ET MAURICE GLAYRE»
les nouvelles, car, pour la polîtique, vous n'en attendez pas de ma part.
On ne peut dire encore au juste quand le roi sera de retour ici. On sait seulement qu'il ne s'arrêtera pas à Wisnowice ; aussi, les chanteurs et comédiens ont été contremandés. En prenant le chemin de Cracovie, Sa Majesté veut voir les ouvrages qu'elle fait faire pour l'exploitation du cuivre et du sel.
Maisonneuve * à Maurice Glayre.
Varsovie, le 9 juin 1787.
•..Le roi après avoir attendu six semaines à Kaniow, après avoir épuisé ses trésors en présents prodigués à tous les courtisans russes qui venaient l'un après l'autre lui faire la cour, a vu enfin arriver la flotte de l'impératrice le 6 mai. Vers midi on lui envoya le comte Bezborodko, maître de la Cour et le prince Baratinski, maréchal de la Cour, pour l'inviter de la part de l'impératrice à se rendre à son bord. Le Borysthène^ est très large et la flotte impériale était à l'ancre visà-vis de Kaniow, mais à plus d'une Ueue du rivage polonais.
J'ai eu l'honneur de suivre le roi; nous sonwnes
I. J*ai déjà dit que Maisonneuve était chargé d'affaires de l'Ordre de Malte en Pologne, a. Dnieper.
ENTREVUE DE KANIOW. 189
arrivés vers une heure et demie à la galère de l'impératrice. Le roi fut salué par le canon et la musique de toutes les galères et reçu en roi, non en comte Poniatowski comme on l'avait dit. Le prince Potemkin le reçut à la descente de la chaloupe, et le conduisit au cabinet de l'impératrice qui le reçut seul ; mais à peine était-il entré que les portes s'ouvrirent, et l'impératrice parut en public. La conversation fut générale jusqu'à l'heure du dîner pour lequel on se rendit à bord d'une autre galère destinée uniquement à cet usage. On y but à la santé du roi au son du canon.
Après le dîner, on conduisit le roi sur la galère du prince Potemkin où on lui avait préparé un appartement. A peine y était-il arrivé que M. de Mamonoff apporta un billet de l'impératrice qui disait : On prétend que cest sur les bords du Borysthène que Saint André a prêché la foi; il est bien juste que, vous y trouvant, vous receviez la marque de son ordre. L'étoile était en diamants et le cordon le même que celui que l'impératrice avait porté le matin.
Il y eut beaucoup de conférences avec le prince Potemkin. Celui-ci voulut profiter de l'occasion pour réconcilier le roi avec le grand général S mais on se fit des reproches mutuels, et l'on se quitta plus mal que jamais.
A six heures du soir, on fit un sîgnal sur la galère