‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 60 sur 78 · I. Branicki · texte numérisé non relu

I. Branicki

igO STANISLAS PONIATOWSKI ET MAURICE GLAYRE.

de rimpératrice et Ton se rendit chez elle. La soirée commença par un... puis il y eut jeu; Timpératrice ne joua pas pour pouvoir parler au roi, mais en public et sans aucune particularité. Le roi, voyant qu'il élait impossible de parler, remit un écrit à Timpératrice.

A neuf heures, on se sépara et le roi fut reconduit à Kaniow où quelques personnes de la suite de l'impératrice vinrent souper.

Le lendemain, 7 mai, au point du jour, c'était comme un vide, la flotte avait disparu, mais il nous reste la certitude d'avoir dépensé i5o à 200.000 ducats pour une demi -journée qui n'a rien fait du tout aux affaires.

Le 9 , on fut transporté en grande hâte à Korsum, à cinq heures de Kaniow. L'empereur devait y passer le 11 . Le prince Stanislas alla à sa rencontre pour lui demander une entrevue avec le roi. Il y consentit et arriva à Korsum droit au cabinet du roi où il a passé une heure entière en tête à tête avec lui. La relation de Komarze^Yski est qu'il n'a été question que de petits objets dans cette conversation. Cependant le roi ayant témoigné quelque inquiétude sur de nouveaux projets de démembrement qu'on prêtait à l'empereur, celui-ci a protesté qu'il n'y pensait pas, et ils se sont séparés avec toute l'apparence de l'amitié.

On n'a pas encore de nouvelles de l'entrevue de Cherson. On a défendu aux étrangers d'y arriver...

Le roi est allé à Gracovie où madame de Cracovie

ENTREVUE DE KANIOW, I9I

Ta rejoint. Ce n*est que dans les premiers jours du mois prochain qu'il reviendra ici *.

Maisonneuve à Maurice Glayre,

Varsovie, le 4 septembre 1787.

Il se répand une nouvelle qui vous affligera. La Porte a déclaré la guerre à la Russie. La publication en a été faite le 28 août à Chozim avec des déclarations pacifiques pour la Pologne. Malheureusement, vous savez comment ce malheureux pays participe, malgré lui, aux guerres de la Russie. Un courrier est venu apporter cette nouvelle de Kaminiec et, ce matin, deux courriers de Vienne sont venus la confirmer ^.

1. Cette relation de l'entrevue do Kanîow est semblable, sur tous les points importants, à celle que l'on peut lire dans la Gazette de Leyde du 8 juin 1787. Celle de Barnewall écrite à Varsovie d'après les récits du public en diffère beaucoup comme on a pu le voir.

2 . On sait que cette guerre était prévue depuis quelque temps par Catherine II. Son voyage en Tauride la décida. L'Autriche devait coopérer aux opérations militaires et la Turquie être complètement démembrée, au profit des deux alliés et de deux États à fonder sur les ruines de la puissance ottomane : la Dacie qui aurait un souverain du rite grec et l'Empire grec, dont le chef serait le grand-duc Constantin Paulowitch. Les autres pays obtiendraient des dédommagements. C'étaient là les principales bases de ce célèbre projet de partage connu sous le nom de projet grec.

iga STANISLAS PONIATOWSKI ET MAURICE GLATRE.

Barnewall à Maurice Glayre.

Varsovie, le 2 avril 1788.

... La santé du roi est meilleure depuis une douzaine de jours, mais il nous a jeté dans de cruelles alarmes avant Pâques. Il a eu des attaques violenles ; son médecin m'assure que le principe de sa maladie est une humeur rhumatique (sic) goutteuse et une affection asthmatique. Il lui faudrait du repos et il n'en sait pas prendre. Quand j'ai été chez lui ce matin à six heures, il écrivait depuis cinq.

Il aurait grand besoin d'un homme qui, comme vous, a acquis le droit de lui parler vrai de tout ce qui l'environne. Il n'y a que le prince Primat* qui soit conséquent et, dans les circonstances qui deviennent chaque jour plus épineuses, je ne vois pas un homme en état de donner un conseil désintéressé.

Du roi à Maurice Glayre^,

Varsovie, 3o avril 1788.

... On vient de me répéter de Pétersbourg les plus

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