‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 61 sur 78 · Michel Poniatowski, frère du roi · texte numérisé non relu

Michel Poniatowski, frère du roi

2. Maurice Glayre venait de se rendre à Paris pour y remplacer Littlepage. Gomme je Tai déjà dit dans V Introduction, ce jeune Américain, après avoir représenté le roi en France pendant un^an, venait de^ demander d'être remplacé. Il devait, disait-il,

MISSION DE GLAYRE EN FRANCE. igS

fortes assurances que rimpératricc ne laissera pas prendre un pouce de terre à la Pologne, ni même Dantzig et qu'elle nous donnera bientôt une réponse décisive sur notre grande affaire. Buchholz tient toujours un langage pacifique et les troupes pruslciines ne font point de préparatifs sur nos frontières. Rien de nouveau sur les Autrichiens de Galicie, ni sur les troupes russes*.

se rendre dans son pays sur l'invitation du général Wasliington. En réalité, il voulait se rendre en Pologne et en Russie où l'attirait son afTcction pour la princesse de Nassau qui habitait Varsovie pendant que son mari combattait sur la mer Noiro contre les Turcs. Maurice Glayre vint immédiatement remplacer Liitlcpage en attendant qu'on eût trouve un successeur définitif à celui-ci.

I . Cette courte lettre demande quelques petits éclaircissements. La Prusse cherchait à cette époque à profiter de la guerre que les Austro-Russes faisaient à la Turquie pour susciter une nouvelle agitation en Pologne et s'emparer du port de Dantzig. La noblesse de la Grande Pologne se laissait entraîner par quelques personnes à des mouvements soi-disant patriotiques, pendant que Frédéric-GuiUaume se répandait en protestations d'amitié auprès du gouvernement de Varsovie. Ce souverain désirait cependant surtout empêcher à la Pologne de prendre part à la guerre contre la Turquie. Cette participation avait été annoncée de divers côtés, et était en relation avec la « grande affaire » dont parle le roi dans sa lettre à son agent en France. Il avait été question à Kaniow et plus tard encore d'une aUiance offensive et défensive entre la République et Catherine IL Ce projet se heurta bientôt à une opposition qui ne fit que grandir, et qui poussa bientôt la noblesse polonaise à accepter les avances de la Prusse malgré l'opposition bientôt vaincue de Stanislas-Auguste. — Buchholz représentait la Cour de Berlin à Varsovie.

Du roi à Maurice Glayre.

Varsovie, 7 mai 1788.

... Buchholz a renouvelé encore les assurances que non seulement son maître ne songe à aucune invasion en Pologne mais qu'il est très offensé des bruits qui lui attribuent cette intention, et qu'il est nommément sensible contre moi, comme si je négligeais de le contredire ici, et parce qu'il croit savoir que je les accrédite même dans les Cours étrangères*. On a répondu à Buchholz (ce qui est vrai) que sans les soins très pénibles que je me donne, il se serait fait déjà à l'heure qu'il est une levée de boucliers en Pologne par la seule impulsion nationale, tant la fermentation est grande depuis un grand nombre de lettres écrites de Silésie et de Prusse nous annonçant depuis trois mois presque de poste en poste une invasion hostile. Les propos écrits, les démarches romanesques de Jean Potocki ^ contribuent beaucoup à entretenir l'attention du roi de Prusse sur notre compte. Ce jeune homme me fait toujours de grandes protestations très affectueuses, mais il ne m'écoute pas. — Ma situation est vraiment critique. La Russie me dit constamment

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