‹ Stanislas Poniatowski et Maurice Glayre; correspondence relative aux partages de la PologneChapitre 7 sur 78 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Le prince Charles Radzi>YiI fut dès le premier jour à la tête de l'opposition. « Sa haute naissance aussi bien que son immense fortune et son ambition l'avaient place trop près du trône pour qu'il lui fût possible de plier devant un maître, la veille encore son égal* ». Il fut bientôt rejoint par le grand général Branicki, qui ne put pardonner au roi la diminution de ses prérogatives, et par un grand nombre de personnages secondaires qui furent entraînés dans ce parti par leur désir de maintenir toutes les anciennes formes de l'administration du pays ou par un patriotisme peu réfléchi.

La suppression partielle du liberum veto attira d'autre part l'attention de la Prusse et de la Russie. Frédéric le Grand qui méditait déjà un partage et Catherine II qui espérait prendre le tout, avaient fait avant l'élection de Poniatowski un traité par lequel ils s'engageaient à maintenir l'ancienne organisation de la Pologne afin que celle-ci ne pût pas augmenter la force de son gouvernement et restât, par conséquent, à la merci de ses voisins. Le réveil patriotique qui semblait se manifester dans une partie de la nation polonaise en 1764 parut suffisamment dangereux à ces deux souverains pour qu'ils cherchassent aussitôt un prétexte d'intervention. Il leur fut fourni par les réclamations des dissidents, protestants et orthodoxes, qui demandaient h cette époque l'égalité politique avec

I. Notice sur Stanislas-Auguste et madame GeoJJrin par M. le comte de Mouy.

INTRODUCTION. Xllf

leurs compatriotes catholiques romains. Frédéric le Grand et surtout Catherine II soutinrent les réclamants et furent célébrés dans l'Europe occidentale par les philosophes qui dirigeaient l'opinion publique, comme les champions du libéralisme, alors qu'ils voulaient seulement assouvir leur ambition aux dépens d'un peuple libre.

La Diète de 1766 reçut les demandes des dissidents soutenues par les représentants de la Russie et de la Prusse, de l'Angleterre et du Danemark *. Elles furent écartées en grande partie, mais le Uberiim veto fut rétabli.

Aussitôt après, à l'instigation du prince Repnin, ambassadeur de Catherine II, se forma en faveur de ces mêmes dissidents, la Confédération de Radom dont beaucoup de membres désiraient cependant avant tout la destitution du roi; le prince Radziwil en fut le chef.

Stanislas-Auguste dut consentir à la réunion d'une nouvelle Diète en 1767. Les troupes russes occupèrent de nouveau le pays et entourèrent l'Assemblée qui, après une résistance remarquable, fut obligée de décréter que les dissidents seraient admis à la jouissance de tous les privilèges de la noblesse catholique.

Les troupes russes n'avaient pas encore complètement évacué la Pologne que se forma à Bar, en

I . Le représentant du Danemark était encore à ce moment-là Armand de Mestral de Sainl-Saphorin qui avait amené Glayre en Pologne.

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