I. Stanislas Ponialowskî, neveu du roi
LA LONGUE DIÈTE. aa5
du trop peu, comme vous voyez. A chaque séance, il y a des scènes de ce genre.
Tout individu qui est convaincu de recevoir une pension d'une puissance étrangère, est déclaré incapable d'occuper aucune charge. On fait prêter serment pour le présent et pour le passé. Le chancelier Malachowski * se trouve dans l'embarras ; on ne sait pas comment il s'en tirera, car on est certain qu'il est pensionné par la Russie.
Le prince Radziwil, Palatin de Vilna, oflfre six mille hommes à la République, à condition qu'à perpétuité un Radziv^il en soit le chef et ait la nomination des officiers. Ces conditions sont si avantageuses pour celui qui les oflfre que, pour en faire sentir l'absurdité, le Palatin de Russie en a oflfert dix mille aux mêmes conditions, un autre, quinze mille, etc. On les refusera, dit-on. Jugez ce que nous deviendrions avec ce nombre de petits tyrans.
Le grand général Branicki est arrivé. On attend avec curiosité sa première apparition dans la Chambre. En attendant, il s'habille à la polonaise : c'est maintenant la loi et les prophètes. Il a vu le roi le lendemain de son arrivée ; il n'y a rien eu de remarquable dans cette entrevue.
Le prince Sapiéha a dû se conformer au bon ton qui veut qu'on déclame contre la Russie. Comment
I. Le chancelier Malachowski était un frèro du grand rMA-^ rendaire, maréchal de la Diète.
2a6 STANISLAS PONIATOWSKI ET MAURICE GLAYRE.
fera le grand général, qui reçoit une pension de cette puissance?
La santé de notre pauvre roi s'altère tous les jours. Son abattement et sa tristesse sont extrêmes. Je suis * persuadée, et il l'est aussi, que vos conseils lui seraient d'un grand secours...
Varsovie, le 26 décembre 1788.
La Diète est prorogée jusqu'au 7. Voilà donc quelques jours de repos pour notre pauvre roi.
Le grand général * a paru à la dernière séance pour la première fois, habillé à la polonaise. On s'était attendu qu'il attaquerait le Primat à cause du discours violent que celui-ci avait prononcé il y a quelque temps, et dans lequel il avait été tellement question du séjour du grand général à l'armée russe. Bien au contraire, son discours a été modéré et décent ; il s'est contenté de répondre que, comme la République augmentait ses troupes, il avait cru nécessaire d'acquérir de nouvelles connaissances dans l'art militaire.
On a obligé les chanceliers, les grands et petits généraux à prêter serment comme quoi ils n'avaient pas reçu, ils ne recevaient pas et ne recevraient jamais de pensions d'aucune puissance étrangère, sous quel-