‹ Stanley l'africainChapitre 10 sur 76 · I. RECHERCHE DE LIVINGSTONE · texte numérisé non relu

I. RECHERCHE DE LIVINGSTONE

au couchant le rivage africain, banc de verdure pareil à l'autre qui, reculant toujours, n'était plus qu'une ligne sinueuse, prenant à l'horizon le noble aspect des montagnes. Nos daous jetèrent l'ancre au sommet d'un récif de corail situé à cent mètres de la côte, et dont la roche se voyait distinctement à quelques pieds au-dessous de la surface de l'eau.

Saïd-Bargash, sultan de Zanzibar.

» Mes soldats, amoureux de vacarme et prompts à s'exalter, saluèrent d'une vive mousquetade le mélange d'individus qui se pressaient sur la plage.

» Dans cette foule, se tenait au premier rang un membre de la Société du Saint-Esprit, attaché à l'établissement que les missionnaires français ont fondé sur la côte. Le révérend Père nous invita de la façon la plus courtoise à loger dans leur maison, à y prendre

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nos repas el même, si cela pouvait nous être agréable, à établir notre camp sur leur terrain. Mais, quelque pressante et cordiale que fût l'invitation des bons Pères, je ne voulus pas leur causer trop d'embarras, et ainsi je n'acceptai que pour moi seul et pour la première nuit. »

Pour son personnel, Stanley loua à l'extrémité de Bagamoyo, du côté de l'ouest, une maison donnant sur un grand espace, auquel aboutissait la route que l'on devait prendre. Dressées en face du bâtiment, les tentes formèrent avec lui l'enceinte d'une petite cour, où pouvaient se traiter les affaires à l'abri des importuns. Un enclos, attenant à la maison, reçut les vingt-sept bêtes. Les caisses, les ballots furent emmagasinés ; une ligne de soldats fut placée â l'entour ; et, laissant son camp sous la garde de Farquhar, de Shaw et de Bombay, le voyageur se rendit chez ses hôtes, qui l'attendaient pour souper.

La mission catholique. — La Mission est au nord de la ville à une distance d'au moins huit cents mètres. C'est tout un village : quinze ou seize corps de logis. Dix révérends frères et autant de sœurs forment le personnel de l'établissement, et s'y appliquent à faire jaillir l'intelligence du crâne des indigènes.

«La vérité m'oblige à reconnaître, ajoute l'impartial investigateur, que leurs efforts sont couronnés de succès. Us ont plus de deux cents élèves, filles et garçons, et tous, du premier au dernier, portent l'empreinte de l'utile enseignement qu'ils reçoivent.

» Les missionnaires ne se bornent pas à inculquer les dogmes religieux à de nombreux convertis; ils leur enseignent les métiers utiles, et forment des agriculteurs, des forgerons, des charpentiers, des mécaniciens, des constructeurs de bateaux. Ils ont pour tout cela des professeurs à la fois intelligents et laborieux ; et les magasins qu'ils ont organisés dans la ville méritent la visite d'un étranger. A la mission est joint un domaine cultivé par les élèves, et qui est un modèle d'industrie agricole. Non-seulement il fournit de quoi vivre à l'institution tout entière,, mais il donne encore un excédant cle produits. .

» Après le repas, qui rétablit mes forces défaillantes et qui m'inspira une extrême gratitude, vingt élèves des plus avancés entrèrent avec des instruments de cuivre, formant ainsi un orchestre complet. J'avoue ma surprise. Voir ces jeunes têtes laineuses produire une pareille harmonie ; écouter, dans ce pays sauvage, les airs connus de France ; entendre ces négrillons chanter la gloire et la vaillance françaises, avec l'aplomb de gamins du faubourg Saint-Antoine, c'était bien fait pour m'étonner.

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