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III. STANLEY, AGENT DE L'ASSOCIATION DU CONGO

être utilisées plus tard et qui devaient l'être immédiatement pour le service du transport et les besoins du personnel européen. Elle avait ordre de créer des communications maritimes partout où pareille création était réalisable et sans danger. Les stations devaient être spacieuses et appropriées à tous les services qu'on en pût attendre plus tard. Stanley était chargé de louer ou d'acheter, à proximité de ces stations, des terrains assez vastes pour permettre aux stations de contribuer à leur propre entretien, en admettant que les dispositions des indigènes se prêtassent à pareil projet. Ordre également d'acheter ou de louer, le cas échéant, une certaine étendue de terrain des deux côtés d'une route ou d'un chemin de fer à créer, comme voie commerciale.

La première assemblée se réunit le 24 novembre 1878 au Palais de Bruxelles. C'est alors que le colonel Strauch, officier de l'armée belge, fut élu président du Comité d'études.

Départ. — Dès le 23 janvier 1879, tout ce qu'il restait à faire à Stanley en Europe était achevé, et tandis que le steamer A Ibion, de Leith, — frété pour l'expédition — faisait vapeur vers la Méditerranée, il traversa précipitamment la France et l'Italie pour aller à sa rencontre, et se diriger, à son bord, sur Zanzibar, où il devait enrôler tous ceux de ses anciens camarades qui pourraient être disposés à tenter de nouveau la fortune sur le grand fleuve.

A Zanzibar, l'explorateur écrivit au capitaine Cambier, chef de la première expédition belge partie de la côte orientale, pour le renseigner sur le choix de Raréma, comme station hospitalière à établir au Tanganika. En même temps, il aida à l'organisation de la seconde expédition conduite par le capitaine Popelin, et initia le lieutenant Dutalis à la vie africaine par une excursion à l'île Mafia et sur le Roufîdji.

Enfin, il enrôla pour son compte un corps de 68 Zanzibarites, dont les trois quarts l'avaient jadis accompagné à travers l'Afrique ; il reçut quantité de provisions du sultan, et, vers les derniers jours de mai, il partait pour son long voyage au Congo, par Suez et la Méditerranée. On lui remit à Gibraltar ses instructions définitives. En face de Sierra Leone, son vaisseau fut soumis à l'inspection du vigilant percepteur des douanes qui, « voyant tant de noirs sur un vaisseau si petit que V Albion », soupçonna un acte de traite clandestine, mais un mot suffit pour se disculper.

ABanana. — Enfin, le 14 août 1879, Stanley était revenu à la Pointe de Banana, juste deux ans après qu'il y était arrivé en descendant le Congo. « Cette fois, dit-il, je devais remonter le grand

Ileuvp avec la mission originale « de semer le long de ses rives des établissements civilisés, de conquérir pacifiquement le pays, de le jeter dans un moule nouveau pour le mettre en harmonie avec les idées modernes, et d'y construire des Etats au sein desquels le commerçant européen fraterniserait avec le noir commerçant d'Afrique ; où régneraient la justice, la loi et l'ordre ; d'où seraient bannis à jamais le meurtre, l'anarchie et le cruel trafic des esclaves. »

La Pointe de Banana a une longueur d'environ quatre kilomètres. Dans ses plis, elle renferme un port aisément navigable aux navires dont le tirant d'eau est de six à dix mètres. C'est un port dont la largeur varie de 800 à 2000 mètres, dont la. nappe d'eau offre une étendue d'environ 4,500 acres, dont les mouillages sont excellents, et où les bateaux, les chaloupes et les allèges des différentes factoreries de la Pointe ont facilement accès.

Une heure après la venue du joyeux pilote, M. Youngblood — dont le tempérament physique et moral répond à son nom (qui signifie Jeune-Sang) et qui depuis dix ans guidait les navires arrivants — V Albion se faufilait doucement dans le port et jetait l'ancre devant l'extrémité des factoreries hollandaises.

On était en Afrique.

Stanley trouva à Banana les employés de son expédition venus par le steamer Barga, qui avait apporté directement d'Europe le matériel nécessaire. Parmi eux on comptait un Américain, deux Anglais, cinq Belges, deux Danois et un Français, groupe fort cosmopolite, on le voit ; ils furent heureux d'apprendre que V Albion, depuis si longtemps attendu, entrait en rade avec un chargement de voyageurs, presque tous Zanzibarites, et ils accouraient pour le saluer. De leur côté, les nouveaux venus aperçurent devant eux Y En- Avant, Y Espérance, le Royal, la Belgique, la Jeune Africaine, petites embarcations à vapeur, ainsi que deux allèges en acier et une baleinière en bois, formant la flottille destinée à la navigation du Congo.

§ IL De Banana a Boma et Vivi.

Le bas Congo. — Sept jours après l'arrivée de Y Albion dans la baie de Banana, la flottille de l'expédition était prête à remonter le fleuve.

Le bas Congo a été parcouru plus d'une fois, depuis l'époque de sa découverte, mais jamais on ne l'a décrit avec exactitude. « J'étais excusable moi-même, dit l'heureux découvreur, de ne l'avoir point fait en 1877, car, accablés de lassitude, nous ne soupirions alors,

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