S. M. LEOPOLD II
Roi des Belges, Souverain de l'État indépendant du Congo.
varie, en largeur, de 500 à 2000 mètres. Les rives s'élèvent, par places, à pic, jusqu'à 350 mètres; la vitesse et la profonde nr croissent, les récifs se montrent, ainsi que quelques petits rapides; les difficultés de la navigation augmentent
Bientôt apparaît le village d'Ikungùla (rive droite), situé à peu près en face du village de Noki (rive gauche), autre centre commercial et dernier village portugais. Puis, après avoir passé le confluent du Loutou (rive droite) et celui du Mpozo (rive gauche), on arrive à Vivi, où allait s'élever la première station internationale, ainsi qu'on va le voir.
Entre Borna et Vivi, le trajet mesure 85 kilomètres ; dans cette dernière localité, le Congo barré par les monts de Cristal, cesse d'être navigable : les chutes Livingstone commencent. La partie accessible aux steamers mesure donc, au total, 180 kilomètres que l'on franchit en quinze ou vingt heures.
§ III. Fondation de la Station de Vivi.
Choir, de l'emplacement. — « En face du confluent du Mpozo, dit l'explorateur, le rapide de Vivi, dont le tourbillon engloutit le bateau de Tuckey, en 1816, faisait entendre son chant mélancolique, uniformément rythmé ; la crique de Nomaza, ainsi baptisée par le même navigateur, se découvrait entièrement à nos yeux, et à 250 mètres au-dessus de nos têtes se dressait la pente raide qu'on nomme aujourd'hui Montagne du Castel, en raison de la légère ressemblance qu'elle offre avec la muraille d'un château-fort, vu d'un camp qui le surplomberait.
» A Borna, nous avions rencontré le gai Dé-Dé-Ué, Dé-Dé-Dé le chanteur, Dé-Dé-Dé, le chef de ce village de Nsanda, d'où j'avais, en 1877, envoyé une expédition à la recherche de provisions pour ma caravane affamée. Dé-Dé-Dé conservait encore le paletot que je lui donnai alors.
» Moyennant un présent irrésistible, je le décidai à nous accompagner pour nous aider dans le choix d'un stationnement. Par un chenal profond, mais déjà tourmenté de vagues soulevées, notre guide nous conduisit au pied d'un contrefort du Mont du Castel, haut de 90 mètres au dessus du fleuve.
» C'est à la base de ce roc fantastique, dont la face rugueuse semblait nous regarder d'un air menaçant, que Dé-Dé-Dé nous proposa de nous installer et de construire un entrepôt où toute la population de l'Afrique centrale viendrait traiter avec nous. Nous n'avions, en