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SA JEUNESSE ET SES PREMIERS VOYAGES

Sa patrie, son nom. — Stanley, cet homme prodigieux, dont la renommée éclate en ce moment d'un monde à l'autre ; cet explorateur incomparable qui, avec Livingstone, nous a le mieux fait connaître le Continent qu'il a si bien appelé mystérieux, Henry Morton Stanley est mystérieux lui-même jusque dans ses origines, longtemps inconnues, et jusque dans son nom même, qui est un nom d'emprunt.

On ne saurait être grandement surpris, dit le Temps (1), que les véritables origines de Christophe Colomb soient encore discutées aujourd'hui, étant donné que celles de l'explorateur Stanley sont restées obscures jusqu'à ces dernières années. Il n'a fallu rien de moins, pour les dégager, que la ténacité proverbiale de la presse britannique et le désir assez naturel de sa part d'établir que l'illustre voyageur est Anglais de race et de naissance.

On le croyait Américain, par une erreur que M. Stanley lui-même aidait à accréditer, pour ne pas désobliger le directeur du New-York Herald, premier commanditaire de sa fortune géographique. Les uns le faisaient naître à New-York, les autres dans le Missouri ou la Louisiane. On cite plusieurs dames des Etats-Unis qui se disputaient l'honneur de lui avoir donné le jour.

Or, d'après les révélations d'une brochure parue à Londres, chez Camden Hotten, il y a quelques années, la vraie mère de Stanley est morte en 1886 dans le pays de Galles, qu'elle a habité toute sa vie.

(1) D'après Le Temps, journal français (26 et 29 mai 1886) dont l'article signé Ph. D. nous a fourni en partie la matière de ce chapitre.

10 STANLEY L'AFHICAIN.

Une enquête approfondie, conduite par les journaux locaux, a mis le fait hors de doute et établi que .)/. Stanley est né en 1841, à Denbigh, dans la principauté de Galles. Sa biographie est romanesque et touchante. Elle appartient à l'histoire. On nous saura gré de la résumer ici.

De son vrai nom, M. Stanley s'appelle John Rowland. Du moins c'est ainsi qu'il a été baptisé à sa naissance et qu'il s'est désigné luimême pendant plusieurs années. Dans sa première enfance on l'appelait aussi John Bach. Nous verrons que le nom de Stanley n'est qu'un pseudonyme, ou, pour mieux dire, un nom d'adoption. Il est le fils d'une pauvre fille de Denbigh, (1) nommée Betsy Parry, et d'un fermier du voisinage, John Rowland. Malheureusement ce Rowland ne prit pas soin de son fils ; il laissa la mère souvent dans le plus grand besoin et mourut lui-même bientôt après.

Les tristesses de son enfance. — Le petit John. — L'enfant resta jusqu'à l'âge de cinq ans chez son grand-père maternel, Moses Parry, qui l'aimait beaucoup et semblait avoir le sentiment de sa vive intelligence, car il l'appelait Fy nechren Dyn I, « mon commencement d'homme » , et Fy nhyn dyfodol i, « le petit homme de l'avenir. »

— J'étais toute jeune alors, racontait avant de mourir la mère de M. Stanley. Mon père était veuf; il fut très bon pour moi dans ces circonstances. John naquit chez lui. Le docteur Pearce, de Denbigh, qui vit encore, m'assista dans cette occasion. Mon père était sorti. En rentrant, il demanda de mes nouvelles et le docteur lui dit que je venais de mettre au monde un superbe garçon. — Voyons ce superbe garçon ! dit nïbn père aux femmes qui me soignaient. Et, après l'avoir bien regardé : — Ma foi, reprit-il, je veux qu'il mange dans l'or son premier morceau!... Il tira de sa poche un souverain, plaça

(i) Denbigh. 5000 habitants, patrie de Stanley, est une ville de la principauté de Galles, autrefois chef-lieu du comté de Denbigh. Elle est située à 40 kilomètres S.-O. deLiverpool, et sur la rive gauche d'une petite rivière, la Clwyd, dans un pays accidenté, fertile en pâturages. La \ille est dominée par les magnifiques ruines d'un château fondé sous Edouard 1er. Après un siège soutenu en 1645 par le malheureux Charles 1er contre les troupes du tyran Cromwell, ce château fut pris et démantelé.

Saint-Asaph, oii Stanley fut recueilli dans un asile d'indigents, est un bourg de 3000 habitants, situé sur la Clwyd, à 8 kilomètres de Denbigh, mais au comte de Flint. C'est un ancien évèché ; il doit son nom à son premier évèque Saint Asapb, qui évangélisa le pays au Vil1- siècle.

Mold, où Stanley fut adjoint-instituteur, est une ville de 15000 habitants, au Cûmté de Flint, dans un district minier.

sur la pièce d'or un peu de bouillie et la porta ainsi à la bouche du bébé. — Puisse-t-il avoir une cuiller d'argent toute sa vie ! ajouta-t-il. Ces premières années paraissent avoir été les seules bonnes d'une triste enfance, et son grand-père, Moses Parry, est évidemment le seul de ses parents dont M. Stanley ait gardé un tendre souvenir. Le brave homme mourut en 1846, dans son jardin, d'un coup d'apoplexie, laissant sa fille sans ressources. Force fut à Betsy de se placer comme servanie à Rhylet de mettre le petit garçon, âgé de cinq ans, en pension chez un certain Richard Price, qui habitait avec sa femme et ses deux enfants sur la terrasse de Denbigh-Castle, à quelques pas du cottage paternel.

Patries de Livingstone et de Stanley.

L'enfant y passa deux années, vagabondant avec les autres gamins du pays autour de cette ruine qui domine un vaste et merveilleux paysage. Peut-être dut-il à ces premières impressions, le désir de voir le monde qui s'étendait à ses pieds comme une carte géographique.

Mais sa pension n'était pas payée avec régularité ; sa mère et ses oncles semblaient l'oublier; un jour, le fils de Richard Price prit le garçon sur ses épaules et l'emporta au workhouse ou asile des indigents de Saint-Asaph, où il le laissa. L'enfant pleurait. Richard lui dit qu'il allait lui chercher des gâteaux — et ne revint pas.

La maison des pauvres devait désormais, et pour huit ans, être le

seul foyer du pauvre petit John. Ni sa mère ni personne ne s'occupait plus de lui, on ne sait trop pourquoi.

Cependant le petit garçon était soumis au dur régime duworkhouse. Il v recevait une solide instruction primaire; mais il y était évidemment fort malheureux, s'il faut en juger par la rancune qu'il gardait encore vingt ans plus tard, au vieux maître d'école de l'asile. « Qu'est devenu le vieux Francis ? demandait-il. Ce scélérat avait l'habitude de m'attacher à un banc et de me faire battre par les autres enfants.... » On lui apprit que Francis était mort.

Quoique sa famille s'occupât fort peu de lui, elle connaissait son existence et même sa figure.

Une de ses tantes, bouchère dans le pays, raconte à ce sujet l'anecdote suivante : « Mon mari en voulait beaucoup à Betsy, à cause de cet enfant délaissé. Un jour, je vis un petit garçon arrêté devant notre boutique de l'autre côté de la rue, et je le reconnus tout de suite comme l'enfant de Betsy. « John, mon petit, d'où venezvous?» lui demandai-je. Il me répondit assez confus qu'il s'était échappé du workhouse. C'était alors un joli enfant, mais à l'air sombre et concentré. Naturellement je le fis entrer et je lui donnai à souper; puis, le soir, je le fis coucher avec un de mes garçons. Quand son oncle arriva, grande fut sa surprise d'apprendre que l'enfant de Betsy était là. Il décida sur-le-champ qu'il fallait le renvoyer le lendemain matin par le messager. C'est ce que je fis, après avoir donné à l'enfant une pièce de six pence. Il m'a dit plus tard, quand il est venu nous voir, qu'il se rappelait fort bien cette circonstance et que jamais il ne s'était cru si riche qu'avec ces six pence dans la poche. — « J'aurais acheté tout Denbigh et Saint-Asaph ! » disait-il.

La persistance même de ce souvenir est faite pour montrer comme le pauvre petit était sevré de toutes les joies de l'enfance dans la lugubre prison qui lui tenait de foyer. Du moins y prit-il des habitudes studieuses et réfléchies qu'il n'aurait probablement pas contractées au dehors. Il semble aussi que le vieux maître d'école de l'asile, en dépit de sa dureté, se fût laisser toucher par l'évidente intelligence et la sombre énergie de son élève. Il lui arrivait d'aller s'asseoir chez la bouchère, et toujours il parlait des facultés extraordinaires de John, en disant que sa famille devrait bien faire quelque chose .pour lui et tenter de le pousser dans le monde.

John, berger, puis instituteur et commis. — On finit par en parler couramment entre parents , et un beau jour, une des sœurs de Betsy, qui vivait à Ffynon-Beuno, où elle avait une petite ferme et un cabaret, décida de retirer l'enfant du workhouse pour le

préposer à la garde de ses moutons. C'était vers 1856. 11 avait alors quinze ans. il existe un portrait au daguerréotype de lui, à cette époque : c'est un garçon joufflu, au regard dur, à la mâchoire volontaire, vêtu d'une veste de laine avec un grand col blanc, et dans la physionomie duquel on retrouve sans peine le Stanley d'aujourd'hui.

Le métier de berger n'était pas de son goût : il avait reçu une trop solide instruction primaire pour s'en contenter. On imagina alors de le placer comme maître-adjoint auprès d'un cousin de sa mère, Moses Owen, instituteur public à Mold. Le jeune maître était plus ferré que son chef sur les différentes parties du programme scolaire : pour se venger de cette supériorité, Moses Owen, au lieu de l'employer dans sa classe, cherchait à l'humilier en lui faisant cirer des souliers ou lui imposant d'autres travaux serviles ; et de plus, sous prétexte de parenté, il ne lui donnait pas un penny.

Il fallait se tourner vers une profession plus lucrative : on avait des intelligences dans la boucherie; le jeune homme avait une belle écriture ; il trouva une place de commis chez un boucher de Li verpool, où une de ses tantes consentait à le loger. Malheureusement cette tante avait des enfants, et l'un d'eux qui était le camarade de lit du cousin, ne put jamais s'entendre avec lui. La chambre commune était un champ clos où l'on passait la nuit à se battre.

Bref, le fils de Betsy se trouvait de plus en plus malheureux ; il voulait en finir avec cette vie de misère et de sujétion. Un matin, il prit ses meilleurs habits, dit adieu à sa tante et ne reparut plus.

Qu'était-il advenu ?

Le jeune mousse à Liverpool. — « C'était par une froide et triste soirée de décembre 1858, dit M. Burdo (1). Depuis le matin, une bruine épaisse avait interrompu la circulation des vapeurs sur la Mersey et rendu impossible l'accès du port de Liverpool ; à la tombée de la nuit, le brouillard s'était ramassé et avait envahi la ville : on eût dit d'un blanc suaire que piquaient ça et là sans le pouvoir percer les points rougeàtres des réverbères. Il y avait un peu de tout dans ce brouillard : du givre, de la vapeur d'eau, des émanations d'égoûts, et de la fumée d'usine qui se rabattait sur le sol ; c'était le vrai fog anglais, père du spleen et des idées noires.

« Sous le porche de la maison d'un entrepositaire, au milieu de tonneaux d'huile et de couleurs, un jeune garçon était accroupi, songeur ; à la clarté du bec de gaz qui flambait dans le couloir où le vent en s'engouffrant faisait rage,, l'enfant comptait et recomptait

(1) A. Burdo, Stanley, sa vie et ses aventures.

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dans sa main quelques pièces d'argent; et chaque lois que trébuchait la dernière, il y avait dans ses yeux, dans son geste, dans tout son être .comme un désespoir poignant.

« — Ce n'est pas assez, disait-il, il manque près d'une livre ! Jamais je ne gagnerai cela d'ici à demain ! Et pourtant, j'ai quitté mon gîte ce matin pour n'avoir pas à payer ma nuit !

« Il fit une pause.

« — Ah! c'est que j'espérais pouvoir travailler davantage aujourd'hui, continua-t-il avec un gros soupir ; mais, par ce hrouillard, les navires n'ont pas pu entrer dans le port, et il n'y a pas eu grand'chose à gagner pour les petits déchargeurs !

« Son regard devint dur et fixe.

« — Et pourtant, c'est demain qu'il part ce bateau, pour la Nouvelle-Orléans !

« L'enfant avait pris son front dans ses deux mains, et de ses doigts crispés il semblait vouloir pétrir sa tête, pour en faire jaillir la solution d'un problème ardu.

Soudain, il se redressa, et, d'un air crâne :

« — Je partirai quand même ! dit-il simplement.

« Et là-dessus, avec ce calme que donne une résolution inébranlable mettant fin à tout enfantement nouveau de l'esprit, il s'étendit par terre, ferma les yeux, et s'endormit profondément avec un tonnelet de céruse pour oreiller.

« Le lendemain, de bonne heure, il était au port, et, s'adressant au patron d'un navire en partance pour la Nouvelle-Orléans :

« — Je voudrais m'enrôler parmi vos hommes d'équipage, demanda-t-il.

« — Il est au complet, mon équipage, fit le capitaine, d'un ton bourru.

« — C'est que, voici, monsieur : je veux aller à la Nouvelle-Orléans ; or, il me manque une livre pour payer mon passage à votre bord ; alors, j'ai pensé que peut-être vous permettriez de suppléer à cela par mon travail ; je me mettrai à n'importe quelle besogne ; le voulez-vous ?

« Le capitaine allait l'envoyer au diable quand, levant les yeux sur ce voyageur en herbe, il fut frappé de son air intelligent et décidé ; il eut un moment d'hésitation, puis, appelant le quartier-maître :

« — Enrôlez-moi çà comme mousse, » ordonna-t-il.

« Et le jeune garçon s'en alla à la Nouvelle-Orléans, gagnant son passage et son pain au rude labeur du marin.

« Ce pauvre petit diable qui, à seize ans, couchait à la belle étoile

dans les rues de Liverpool, ce courageux enfant qui déjà travaillait comme un homme, cet être remuant et énergique que piquait dès son enfance la tarentule des voyages, c'était Stanley, le futur explorateur qui, plus tard, aljait attacher son nom aux plus grandes épopées géographiques de notre époque. »

« La plupart des hommes qui ont agrandi le domaine géographique, a dit Emile Banning, ne savaient pas où aboutirait le sillon qu'ils ouvraient; mais ils l'ont résolument poussé devant eux, et c'est parce qu'ils ont fait cela que l'humanité leur doit quelques-unes des plus belles pages de son histoire. »

Ces paroles ne peuvent être mieux appliquées qu'à Stanley, dont la carrière scientifique s'est ouverte d'une façon presque inconsciente au début, et chez qui nul n'aurait pu prédire les destinées qu'il a atteintes.

A la Nouvelle-Orléans, chez l'épicier Stanley. — Arrivé dans cette capitale de la Louisiane, à bord du navire où il s'était engagé comme novice et seulement pour la traversée, il remarque à la devanture d'une boutique d'épicerie l'avis traditionnel : A boy wanted, « on demande un apprenti. »

Il entre. Un homme déjà âgé est assis au comptoir, en train de lire son journal. « Vous avez besoin d'un apprenti, monsieur? » Le marchand lève le nez, regarde le candidat par-dessus ses lunettes et répond : « Que savez-vous faire? » — « J'ai une belle écriture. » L'épicier met son journal de côté, se lève, et, donnant au jeune homme encre, plume et papier, il lui montre sur un sac de toile le nom H. -M. Stanley. « Ecrivez-moi cela, » dit-il.

L'épreuve est satisfaisante et l'apprenti immédiatement engagé.

H. M. Stanley était le nom du vieux négociant lui-même. Son apprenti lui donna tant de satisfaction qu'il en vint très vite à le traiter comme son fils adoptif et lui fit prendre son nom. Sans doute il avait l'intention de lui laisser sa petite fortune. Mais il mourut subitement au bout de trois ans, en 1861, sans avoir fait de testament. Le jeune Rowland, livré cle nouveau sans ressource, n'emportait de son bienfaiteur que le nom de Stanley qu'il devait si brillamment illustrer.

Soldat et marin. — Toute l'Amérique était alors en ébullition par suite de l'élection d'Abraham Lincoln à la présidence. Bientôt la guerre éclata entre le Nord et les Etats du Sud. Celui qui ne s'appelait plus désormais que M. H. Stanley, en souvenir de l'excellent homme qu'il venait de perdre, s'engagea dans l'armée confédérée. Il prit part sous Johnston à toutes les batailles de ce général, et notamment à celle de Pittsburg, Etat cle Tennessee, où il fut fait

prisonnier (1S(>2). Il parvint à s'échapper, grâce, dit-on, à sa maigreur qui lui permit de passer ù travers les barreaux de la voiture dans laquelle on le conduisait ; ses gardiens lui envoyèrent une grêle de balles, mais il était déjà loin, et put reconquérir sa liberté.

n avait sans doute reconnu dans cet intervalle que la justice était du côté des Nordistes, car, en reprenant du service, il s'enrôla dans la marine fédérale (1863), c'est-à-dire dans celle des Etats antiesclavagistes du nord.

Au bout d'un mois, il était sous-officier commis aux écritures à bord du vaisseau-amiral Ticonderoga. L'occasion se présenta bientôt de se distinguer. Il alla à la nage, sous le feu d'un fort, attacher à 500 mètres de distance une amarre à l'avant d'un vapeur confédéré dont l'équipage venait d'être mis en déroute par le canon du Ticonderoga, et il ne resta plus dès lors qu'à ramener la prise.

Cette action d'éclat valut au jeune Stanley sa nomination au grade d'enseigne, avec huit mille sept cent cinquante francs de solde.

Retour en Europe. Il revoit sa mère. — Trois ans plus tard (1866), la paix était faite et le Ticonderoga se trouvait en rade de Constantinople. Le jeune et brillant enseigne obtint un congé et en profita pour visiter son pays natal. Mais il se considérait désormais comme citoyen américain et, en fait, son grade équivalait à une naturalisation positive. Si la curiosité le ramenait invinciblement aux lieux où il était né et où s'était écoulée sa triste enfance, pouvait-il conserver une bien vive tendresse soit à la mère, soit à ses parents qui l'avaient dédaigné? La Grande-Bretagne lui avait été une sorte de marâtre; la libre Amérique lui avait ouvert ses bras et donné d'emblée un nom, un rang social, un grade honorable ; comment aurait-il pu ne pas considérer sa patrie d'adoption comme la véritable ? Ces sentiments se trahissaient déjà par de visibles symptômes. — Comment va mon chien de cousin, le maître d'école? disait-il. — Ah ! reprit-il après un silence : « le cousin était un bomme considérable; mais après tout, Jack (voulant dire lui-même) le valait bien ! . . . »

Le vieux Richard Price, qui l'avait mis au workhouse et qui n'était pas une seule fois allé l'y voir, tenta de se présenter devant lui. Stanley ne daigna pas même lui donner la main ou lui adresser trois paroles.

Toutefois, quelque temps après, son cœur de fils lui faisait désirer malgré tout de revoir et d'embrasser sa mère. En uniforme d'officier de la marine américaine, il se présenta donc chez Betsy Parry, devenue la femme de M. Robert Jones, propriétaire du public-house

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